Économie – Les commerçants de Papeete nettoient et comptabilisent les dégâts

    mardi 24 janvier 2017

    sinistre commerce

    Matairea Bessert (au centre), créateur de Nesian, a perdu toute sa nouvelle collection, soit près de 3 millions de francs de pertes. (© Christophe Cozette)

     

    Après la pluie vient le temps des constats. Hier, le président de la CCISM a fait le tour des commerçants sinistrés de Papeete. Même si le bilan officiel est loin d’être connu, les dégâts devraient se compter en centaines de millions de francs.

     

    Trois millions à droite, 4 millions à gauche. Force est de constater que les commerçants de Papeete, notamment ceux du front de mer, ont subi de lourdes pertes, suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur Tahiti, dans la nuit de samedi à dimanche derniers.

    Le président de la chambre de commerce, de l’industrie, des services et des métiers (CCISM), Stéphane Chin Loy, a tenu d’ailleurs hier, tout au long de la journée, à faire le tour des sinistrés, accompagné de quelques collaborateurs.

    “Le sinistre est déclaré calamité naturelle, mais nous sommes là pour aller plus en avant avec les commerçants”, a expliqué le président de la CCISM, entre deux visites. Ces dernières, par ailleurs, ont été fortement appréciées par le personnel des magasins visités.

    “L’idée est de faciliter les démarches, rassurer les commerçants et les inviter à se déclarer, avant de revenir vers eux, dans la semaine et leur proposer diverses mesures d’accompagnement. Nous allons réunir, cette semaine, les élus de la chambre pour voter une enveloppe budgétaire pour les sinistrés, sans enveloppe, pas d’aide possible”, a expliqué Stéphane Chin Loy, sans pouvoir préciser un quelconque montant.

    Mais hier, l’heure était au grand nettoyage pour la plupart, mettant de côté momentanément leur calculette pour chiffrer les dégâts occasionnés par cette montée des eaux.

     

    Grand nettoyage

     

    Nombreux sont ceux pour qui leur stock est bon à jeter. C’est le cas de la toute nouvelle boutique Nesian et son créateur Matairea Bessert, au Fare Tony, qui n’a même pas eu le temps de dépoter sa toute nouvelle collection de surf wear. “En arrivant, nous n’avons pu que constater les dégâts à l’intérieur causés par l’eau qui est montée jusqu’à 30 cm à l’intérieur de la boutique et, encore, elle est surélevée par rapport aux autres”, a expliqué le jeune créateur d’entreprise, qui garde néanmoins le sourire. Ce sont près de trois millions de francs de stocks qui sont partis en fumée, ou plutôt engloutis sous les eaux.

    À quelques portes de là, même constat à Tahitian Livestyle où 4 millions de francs de dégâts ont été constatés. Non loin de là, l’Occitane n’a pas encore levé sa grille. Et oui, les dégâts des eaux ont créé un court-circuit empêchant la grille de fonctionner normalement, mais un rapide coup d’œil à l’intérieur de la boutique aux mille saveurs confirme que la boutique a été, elle aussi, envahie par les eaux. “On a besoin que chacun s’identifie, nous ne savons pas si les assurances prennent en charge les dégâts ou non”, a répété sans cesse le président de la CCISM aux commerçants sinistrés visités.

    D’autres ont eu moins de dégâts, comme cette agence de voyage du front de mer, plutôt habituée à vendre du soleil mais au stock quasi inexistant. Néanmoins, la petite équipe de la CCISM note les informations que leur donne chaque commerce, soit plus de 150 tout au long de la journée. Des choix seront malheureusement à faire, certains n’ont que le sol touché, d’autres ont tout perdu.

    Certaines boutiques sont surélevées, comme Tahiti Eden Store, ce qui lui a permis d’éviter de voir ses bijoux sous les eaux. Après un rapide nettoyage, l’heure était à la réouverture, “au plus vite”. En effet, pour la plupart des commerces visités, qui dit nettoyage, dit fermeture de la boutique comme ce coiffeur du Fare Tony, où près d’une dizaine de personnes ont œuvré une bonne partie de la journée pour tenter de sauver le strict minimum.

    D’autres, comme Tahiti Holland Trading à Pirae, ont continué à assurer les livraisons, et ce, que l’eau ait envahi une bonne partie de l’entrepôt et qu’un mur soit au bord de l’effondrement.

    “Nous serons à côté du Pays pour trouver toutes les solutions possibles”, promet le président de la CCISM. “Pourquoi pas une baisse d’impôts, par exemple ? Pour l’instant, l’heure est au nettoyage, certains commerçants n’ont pas encore le temps d’évaluer les dégâts. Mais au rythme où nous avançons, nous allons vite atteindre des centaines de millions de dégâts, car il n’y a pas eu que les commerçants de Papeete atteints, mais aussi ceux de Pirae et Punaauia. Quoi qu’il en soit, il est important que ces derniers se déclarent sinistrés auprès de la chambre de commerce afin que nous puissions monter un dossier pour chacun d’entre eux”, a expliqué Stéphane Chin Loy.

    Ironie du sort, les soldes devraient logiquement démarrer demain mais, pour beaucoup de commerçants, l’heure n’est pas au business mais à la survie.

    Christophe Cozette

     

     

    Du côté de Faa’a

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