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Économie – La consommation des ménages a boosté 2017

mercredi 1 août 2018

Claude Périou (IEOM), Thierry Paulais (AFD) et Fabien Breuilh (ISPF) ont dépeint une Polynésie sortie de la crise économique. (© Caroline Perdrix)

Claude Périou (IEOM), Thierry Paulais (AFD) et Fabien Breuilh (ISPF) ont dépeint une Polynésie sortie de la crise économique. (© Caroline Perdrix)

L’Institut de la statistique de Polynésie française, l’institut d’émission d’outre-mer et l’Agence française pour le développement ont présenté hier les “comptes rapides” du territoire pour 2017. Mis en œuvre en 2005 pour fournir des données économiques fondamentales aux DOM-TOM, où les comptes définitifs sont disponibles en n+3, ils sont disponibles en juillet de l’année suivante.

L’économie polynésienne va mieux, et il y a plusieurs raisons d’être optimistes, selon Claude Périou, directeur de l’IEOM : consommation des ménages toujours “favorablement orientée”, stabilité politique, maintien d’un taux d’intérêt bas dans la zone euro, “potentiel pas encore totalement exploité.”

De plus, les banques ont assaini leurs comptes (les créances douteuses sont passées de 12% à 6-7%) et amélioré leur rentabilité, “ce qui laisse espérer qu’elles soutiennent la reprise. Les entreprises ont investi, d’abord en utilisant leur trésorerie, maintenant elles commencent à s’adresser aux banques.” Mais c’est une tendance encore timide, admet Claude Périou, même si les premiers chiffres de 2018 permettent d’être raisonnablement optimiste.

Thierry Paulais, directeur de l’AFD au fenua, apporte un bémol : “2017 a été une année de croissance tirée par la consommation des ménages, ce qui n’est pas forcément très positif au plan de l’investissement. Une croissance dont le principal moteur est la vente de voitures, ce n’est pas vraiment satisfaisant.”

Il appelle de ses vœux une croissance endogène, notamment dans l’agriculture et “l’éternelle question du secteur de l’habitat : On sent qu’il y a une demande assez forte, mais le foncier fait blocage, donc la demande n’est pas satisfaite, l’épargne n’est pas mobilisée ou pas assez, ce qui représente des pertes en termes d’emploi.”

Autre frein à l’investissement, selon lui : le goulot d’étranglement dans certains secteurs, “comme le second œuvre dans le bâtiment et la pêche, où l’on manque de capitaines et de frigoristes,” provoqué par le manque de main d’œuvre qualifiée. “C’est un problème de formation professionnelle. Le Pays en est conscient, mais c’est un chantier de grande ampleur.”

“En matière d’investissement public, la période électorale ne favorise pas les progrès en investissement, on peut espérer mieux en 2018,” poursuit Thierry Paulais, qui rappelle toutefois les Investissements stratégiques dans les nouvelles technologies, “infrastructures financées avec l’aide de l’État et des prêts à des taux jamais vus.”

De leur côté, Claude Périou et Fabien Breuilh saluent l’éclosion d’une économie participative, encouragée par les concours d’innovation du Pays, soutenus par la Sofidep et l’Adie.

Une tendance à l’opposé des fameux grands projets vantés par toutes les personnalités politiques : “”L’amour pour les grands projets c’est vraiment une spécificité locale, 3 000 chambres ou rien, 50 bateaux ou rien, il y a vraiment ici une passion pour les effets d’annonces !” sourit Thierry Paulais.

 

C.P.

 

La consommation privée et publique

La consommation des ménages et le tourisme restent les principaux moteurs de la croissance. Ils contribuent respectivement pour 1,4 point et 0,7 point à la croissance du PIB. “Cette hausse de la consommation privée, la plus forte observée depuis 2007, s’explique par la progression soutenue de la masse salariale et du revenu disponible brut dans un contexte d’inflation contenue (+0,6%) en 2017. La confiance des ménages et donc les perspectives de consommation semblent se renforcer. En témoigne la forte progression des ventes de voitures particulières (+40% en 2017),” écrivent les auteurs du rapport.

À noter que cet appétit retrouvé de consommation se traduit également par une stagnation du taux d’épargne. Parallèlement, la hausse de la demande des ménages provoque une hausse de 4% en valeur des importations – mais la hausse en volume est moins forte, compte tenu d’une hausse importante (+19%) du prix des hydrocarbures entre 2016 et 2017.

La consommation publique (le fonctionnement, NDLR) progresse elle aussi (+1,5%, reflétant une hausse de 1,5% des effectifs publics) “alors qu’elle n’avait fait que diminuer entre 2008 et 2014 pour se stabiliser en 2015.”

Côté exportations de biens, le regain du tourisme (+3,4%) d’une part et de la perle (+25%) d’autre part, sont les faits les plus marquants. Les autres exportations (poisson, vanille, coprah) progressent aussi, mais pèsent peu dans la balance commerciale du pays.

 

L’emploi

En 2017, les effectifs salariés augmentent de 2,3% et les salaires moyens de 0,2%. “2% de croissance, c’est 1 400 emplois créés,” dit le directeur de l’ISPF, Fabien Breuilh. C’est à peu de chose près le nombre de nouveaux actifs sur le marché du travail en Polynésie chaque année. Mais le territoire a des lacunes : “Le manque, c’est la matière humaine, dit Fabien Breuilh. Ce n’est pas la mentalité ici de faire venir des compétences de l’extérieur, c’est assez courant dans les outre-mer français, on voit ça comme un vol d’emplois.”

 

Les investissements

“Le niveau des investissements reste stable depuis 2015. à la fois dans le secteur privé (entreprises et ménages) qui constitue les trois quarts de l’investissement total et dans le secteur public dont les dépenses sont principalement orientées vers la construction. L’investissement privé, majoritairement composé d’acquisitions d’équipements pour les entreprises et de logements neufs pour les particuliers, progresse de 2 % en valeur. Les encours de crédits à l’équipement augmentent en effet de 6,0 % et les crédits à l’habitat, de 4,8 %.”

 

 

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