Économie – Hollande défend le plan d’urgence

vendredi 24 juillet 2015

François Hollande a mis la pression hier à Dijon sur la distribution, les abatteurs et les transformateurs pour parvenir à une hausse des prix payés aux agriculteurs, tandis que la mobilisation des éleveurs évoluait sur le terrain, les barrages routiers cédant peu à peu la place à des actions coup-de-poing. Le président de la République a rencontré des représentants d’organisations agricoles, hier, en Côte d’Or, dans le cadre d’un déplacement initialement consacré à la viticulture. Confronté depuis le week-end dernier à une contestation grandissante, le gouvernement a annoncé mercredi un plan d’urgence doté de plus de 600 millions d’euros en faveur des éleveurs en difficulté. L’objectif : relever les prix payés aux éleveurs, pour le porc comme pour le bœuf, et desserrer l’étau de leur dette. L’État va ainsi engager avec les banques une restructuration de l’ensemble des dettes à moyen et long terme. Sur les prix, “nous voulons qu’il y ait non seulement la distribution qui fasse l’effort indispensable pour rémunérer les producteurs, mais également les abatteurs et les transformateurs qui doivent rendre des comptes”, a insisté M. Hollande, évoquant “toutes les productions”, lait et viande notamment. Auparavant, sur RTL, Manuel Valls avait jugé “essentiel que les prix augmentent dans les filières du bœuf”. Le Premier ministre a par ailleurs annoncé la “généralisation” de “l’approvisionnement local” en viande dans les restaurations collectives d’État. Cette généralisation fera l’objet d’“actions immédiates”, notamment via des “révisions de clauses”, a précisé M. Hollande, qui a également promis de redoubler d’efforts pour vanter les mérites de l’agriculture française au plan international. En attendant, le plan gouvernemental a suscité des réactions très mitigées. Selon la FNSEA, 10 000 à 15 000 agriculteurs se sont mobilisés dans la journée, sur les barrages routiers et les opérations coup de poing organisés à travers le pays. La colère doit “pouvoir s’exprimer”, a déclaré le président du 1er syndicat agricole Xavier Beulin. Depuis Dijon, après s’être entretenu avec M. Hollande, le président de la Fédération nationale des éleveurs bovins (FNB), Jean-Pierre Fleury, a estimé que “les conditions (n’étaient) pas remplies pour lever les blocages”.

Le Foll en appelle à l’Europe

Sur le terrain, les barrages routiers laissaient progressivement la place à des actions ciblant des industriels ou des distributeurs, comme par exemple des laiteries en Loire-Atlantique ou encore un hypermarché Leclerc dans le Nord. Plus de quatre cents agriculteurs avec environ 70 tracteurs du Tarn-et-Garonne ont organisé plusieurs actions coup de poing jeudi soir devant des grandes surfaces et des laiteries, a-t-on appris auprès des organisateurs et de la police. En Ariège, une centaine d’agriculteurs ont implanté des barrages filtrants à partir de 23 h 30 à Saint-Girons et à Prat Bonrepaux, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la FDSEA. Les producteurs de lait du Nord/Pas-de-Calais ont entamé jeudi soir le blocage de trois sites de transformation du lait. Une quarantaine et une centaine d’agriculteurs bloquaient respectivement l’usine de produits laitiers Novandie à Vieil-Moutier (Pas-de-Calais) et la coopérative de la Prospérité fermière de Saint-Pol-sur-Ternoise. Ces deux blocages devaient s’arrêter vers 01H00 du matin, selon la FDSEA. Dans le Nord, les issues de l’usine Danone de Bailleul étaient bloquées depuis 21 h 30. De 100 à 200 agriculteurs, selon la préfecture du Nord et la FDSEA, étaient rassemblés devant l’usine, sans incident. À l’appel de la FDSEA, quelque 200 agriculteurs de Lozère ont installé, et des Jeunes agriculteurs, un barrage filtrant sur l’autoroute A75 dans le sens Nord Sud.

AFP

 

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