Édouard Fritch aux prestataires de services : « J’ai l’impression de me retrouver trente ans en arrière… »

    mardi 19 janvier 2016

    Le gouvernement était à Moorea le week-end dernier pour participer à trois réunions publiques.  Deux rencontres ont eu lieu, à Afareaitu et à Paopao, vendredi et samedi soir. Samedi après-midi, c’était au tour des acteurs économiques d’échanger avec les élus du Pays.

    Le rendez-vous avec les professionnels du tourisme était fixé à 14 heures à l’hôtel Kaveka. Malgré une communication sur la venue du gouvernement à Moorea qualifiée de « légère » par un hôtelier, une cinquantaine de prestataires de services représentant différents secteurs d’activité, était présente pour écouter le chef du gouvernement et ses ministres, mais aussi pour évoquer leurs contrariétés sur les façons de faire des uns et des autres dans leurs domaines d’activité respectifs. Une attitude jugée négative par le gouvernement, qui a du mal à comprendre que les problèmes évoqués par des professionnels, « des businessmen » comme les qualifie Édouard Fritch, se limitent à des querelles de clocher. « Il y a trente ans j’étais là avec vous, vous évoquiez vos problèmes et vos différends ; aujourd’hui, j’ai l’impression de revenir 30 ans en arrière. Rien n’a évolué, nous revivons la complainte des O’Timmins et des O’Hara… Vous n’allez jamais vous en sortir !»

    Plus d’un milliard par an pour la réfection de la route

    Cette réaction du président du gouvernement faisait suite à 45 mn d’intervention de professionnels en tout genre, dont les propos s’apparentaient plus à la délation, qu’à une critique constructive. Fort heureusement, à la demande d’Alain Druet, directeur général du Pearl Resort, les débats ont pris une tournure plus axée sur l’intérêt général, mais il précisait toutefois : « il apparaît aux yeux de tous qu’il n’y a pas toujours une symbiose entre les objectifs du gouvernement et le répondant de la Commune. » Le professionnel du secteur hôtelier s’est étonné de l’absence du maire, ou d’un de ses proches, à ces rencontres planifiées avec le public et en particulier les professionnels.
    Le gouvernement, lui, n’a pas été avare en annonces, avec le rappel de plus d’un milliard par an dépensé sur l’île par l’Équipement, pour la restauration du réseau routier en particulier. « Aujourd’hui il reste une petite portion à Haapiti qui devrait être prise en compte cette année. » La Marina de Vaiare a aussi été évoquée. Un projet important, source d’emplois et d’activités supplémentaires pour l’île, mais dont le lancement des travaux, prévu très prochainement pourrait avorter du fait d’une forte opposition du maire délégué de Teavaro (Teriitepaiatua Maihi) qui vient de lancer une pétition. Dans le domaine de l’éclairage public, une extension est prévue, mais la remise aux normes de l’existant devra être prise en compte. En ce qui concerne l’Hôtel Cook’s Bay, un appel d’offres à projet a été lancé pour transformer ce site fantôme en zone d’activité : « On attend les propositions. »  Pour le Golf de Temae, Édouard Fritch confirme : « J’ai demandé à la Socredo d’intervenir car il fallait le faire si on voulait que ce site reste « chez nous » et non pas la propriété d’un extérieur. Nous avons en projet la construction d’un ensemble hôtelier sur ce site. »

    Te Fare Natura, atout culturel et économique

    Au dossier Bateaux de croisière, le départ du Pacific Princess est le résultat de sa vente à une autre société. « Mais nous attendons le retour pour 2017 du Wind Star et du Seabourn. Ce dernier partagera son temps entre la Polynésie et l’Australie. »
    Avant d’aborder les sujets plus généraux, le gouvernement a présenté un projet qui lui tient à cœur, l’Eco Musée (Fare Natura) du centre de recherche Criobe. Un investissement cofinancé, qui sera un atout culturel et économique pour la population et le tourisme, et qui va de pair avec le développement de Opunohu dans le cadre du projet Intergre (sentiers pédestres, remise en valeur des sites archéologiques etc.) La gestion du site sera confiée à une association culturelle de l’île. De manière plus générale, le gouvernement a évoqué la ferme aquacole de Hao « qui se concrétisera par « la plus importante ressource financière du Pays ». Il a été question des projets de « Moorea Mahana Park » : « Il nous faut cinq milliards pour conclure l’affaire (acquisition des terrains), mais pour l’instant, nous ne les avons pas. » Il faudra donc encore patienter 3 à 5 ans pour voir émerger un semblant de projet. Enfin, le président Édouard Fritch a confirmé la construction d’un lycée à Moorea « Il sera édifié à Opunohu, aux alentours de l’actuel lycée agricole. »
    Cette rencontre avec les professionnels a duré deux heures. Elle s’est conclue par la volonté des uns et des autres d’établir, en partenariat avec le gouvernement, une feuille de route à laquelle le gouvernement pourra apporter son aide, sous condition qu’elle soit fiable et que les partenaires se rassemblent pour aller dans le même sens et ensemble. « C’est loin d’être gagné », précisait un prestataire pour aller dans le sens du président du gouvernement qui avait déclaré en préambule à ses déclarations « que la paix soit avec vous ! »

    De notre correspondant Jeannot Rey

     

    Les préoccupations des prestataires

    – Demande d’une réglementation plus rigide quant à la délivrance des licences de transport.
    – Demande de la mise en place d’un comité du tourisme qui serait, selon certains prestataires, dans les tiroirs de la commune.
    – Demande d’une représentativité plus étendue des bureaux d’information à la gare maritime de Vaiare et à l’aéroport. Actuellement, seul le GIE Moorea Tourisme fait l’effort d’y être et cela depuis plusieurs années.
    – Petite hôtellerie : Demande de mise en place d’une réglementation qui permettrait une plus grande équité de traitement entre les propriétaires de pension et les agences immobilières qui gèrent le système locatif des « villas »
    – Demande d’une meilleure gestion de l’éclairage public et de l’entretien des bas-côtés de la route de ceinture entre l’InterContinental et « Chez Billy » pour permettre une plus grande accessibilité des touristes qui souhaitent se rendre à pied dans ce secteur.

     

    MOOREA56 2016-01-21 00:54:00
    Les années passent et rien ne change. Les prestataires sont les premiers responsables du laxisme. Leur ¨égoîsme reste leur principale qualité.
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