Édouard Fritch défend l’autonomie à l’ONU

    mercredi 5 octobre 2016

    autonomie

    Devant la Quatrième Commission de l’ONU, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation, Édouard Fritch n’a eu de cesse de répéter que les autonomistes représentaient 70 % de la population, et que le dialogue entre la Polynésie et la France était permanent et constructif. (Capture d’écran : site de l’ONU)

     

     

    Édouard Fritch a pris la parole à l’ONU, hier, pour défendre le modèle polynésien. Il souhaite que la Polynésie soit désinscrite de la liste des pays à décoloniser. Quatorze indépendantistes ont ensuite pris la parole, Oscar Temaru en tête, pour expliquer comment la France maintient la Polynésie dans une relation de dépendance coloniale. Le président admet qu’il a eu trop peu de temps à New York pour convaincre et modifier la vision de la Polynésie.

     

    Relativiser” : c’était la mission que s’était donnée Édouard Fritch hier, en s’adressant à la Quatrième Commission de l’ONU. Édouard Fritch, tout comme la France, ne voit pas l’utilité d’un arbitrage extérieur et ne serait pas contre une “désinscription”. Trois ans après la réinscription de la Polynésie française sur la liste de l’ONU des territoires non autonomes, il s’agissait de contrer le projet de résolution sur la Polynésie française, concocté par le Comité des 24, qui sera soumis à l’adoption de l’Assemblée générale de l’ONU.

    Ce projet reprend les grandes lignes des résolutions précédentes, avec quelques ajouts qui ne plaisent pas au président du Pays, notamment sur les ressources naturelles et sur les conséquences des essais nucléaires. Il s’est donc employé à expliquer sa réalité polynésienne, ou plutôt celle des 70 % d’autonomistes dont il s’est fait le porte-parole : un système certes perfectible, mais dans lequel l’État est bienveillant et respectueux, sans oublier généreux.

    Édouard Fritch s’est posé lui aussi en défenseur de son peuple. C’est lui qui négocie pour une meilleure application de la loi Morin ; lui qui a demandé une modification statutaire pour préciser la souveraineté polynésienne sur les ressources sous-marines. Sans oublier le mea culpa : si des inégalités sociales existent, elles “sont le fruit de notre propre gestion, et non les conséquences d’un colonialisme imaginaire”.

     

    Quatorze orateurs indépendantistes

     

    Pour aborder la question de la désinscription, c’est la Papouasie Nouvelle-Guinée qui s’est dévouée, donnant à Édouard Fritch l’occasion d’affirmer : “Nous pensons que la Polynésie française aujourd’hui possède les compétences nécessaires et suffisantes pour gérer les affaires des Polynésiens”. “On savait depuis hier que la France avait demandé à Fritch de faire cette démarche. On a été déçus, on s’attendait à voir le porte-parole de la Polynésie autonomiste, et on a vu surtout le porte-parole de la France”, dit Moetai Brotherson, conseiller spécial d’Oscar Temaru.

    Oscar Temaru a ensuite pris la parole durant dix minutes, suivi des pétitionnaires qui l’accompagnaient. L’ex-président du Pays a insisté sur le soutien de l’Église protestante ma’ohi et le succès de la pétition du père Carlson. Justine Teura a dénoncé les effets pervers de l’immigration européenne sur l’emploi et le tourisme. Puarai Taerea a accusé l’État de l’échec des projets de loi sur l’emploi local.

    Chantal Galenon a accusé le système éducatif français de fabriquer des Polynésiens illettrés, et Steve Chailloux s’est érigé contre le sort fait aux langues polynésiennes. Stanley Cross s’est indigné du manque de magistrats polynésiens. Tina Cross a dénoncé la mainmise des multinationales étrangères et donné EDT en exemple. Tony Géros a accusé l’État de “diviser pour régner” en jouant constamment sur les prérogatives des communes et du Pays.

    Moetai Brotherson a évoqué l’admission de la Polynésie au Forum des îles du Pacifique, effet de la diplomatie française, mais qui ne signifie pas que le fenua est vu comme souverain. Yves Conroy et Patrick Galenon se sont attardés sur les conséquences sanitaires et financières des essais. Richard Tuheiava a plaidé pour la souveraineté polynésienne sur ses propres ressources.

    Le prochain épisode ? “Édouard Fritch n’a pas qualité à demander la désinscription, il faut que la demande soit formulée par un état membre, explique Moetai Brotherson. C’est bien pour ça qu’il est passé par la Papouasie Nouvelle-Guinée, et je pense que celle-ci a dû déposer une demande en ce sens au secrétariat de la Quatrième Commission. Il est très probable que la demande sera jugée irrecevable. La plupart des pays membres de la commission à qui on a parlé ont été choqués par l’intervention d’Édouard Fritch.

    En attendant ces conclusions, Édouard Fritch se rend à Paris tandis qu’Oscar Temaru partira demain pour les Antilles afin de réunir des parrainages pour sa candidature à la présidentielle.

     

    C.P.

     

    • Retrouvez ici le discours d’Oscar Temaru à l’ONU : discours-final-oscar-temaru-20161003

     

        Retrouvez dans notre édition du Mercredi 5 Octobre 2016 :   

    • Interview : Édouard Fritch, président de la Polynésie française – La réinscription, “un hobby de quelqu’un qui ne trouve pas une majorité et demande à l’ONU”
    • Extraits de l’intervention du président du Pays :  Édouard Fritch à l’ONU : “Ni opprimés, ni citoyens de seconde zone”

     

     

    Sur le même sujet :

    • La Polynésie prend la parole ce matin à New York

     

     

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete