Édouard Fritch dessine les contours de ses orientations

mercredi 3 juin 2015

Le gouvernement a présenté son premier collectif budgétaire 2015. Une copie qui porte le sceau d’Édouard Fritch et qui tranche
dans certaines orientations avec l’ancienne majorité Tahoera’a.  L’accent pour l’emploi n’est plus mis via les CAE, mais au travers des actions tournées vers les entreprises.

Cet après-midi, la commission de l’économie à l’assemblée de la Polynésie française se chargera d’étudier le collectif budgétaire du budget 2015. Un collectif qui devrait être étudié en séance plénière jeudi prochain dans une ambiance de poudre tant les quelques orientations qu’il donne montre la prise d’indépendance du gouvernement d’Édouard Fritch vis-à-vis de son ancienne famille majoritaire, le Tahoera’a.
Ainsi, au milieu des centaines de corrections techniques, quelques nouvelles dispositions donnent le ton d’un gouvernement affranchi de sa trop lourde tutelle menée par Gaston Flosse. Au revoir les 500 millions de francs pour les contrats d’aide à l’embauche (CAE), promesse forte du programme du Tahoera’a et point de bataille du dernier budget. Cet argent est investi par le gouvernement dans des prêts à la Sofidep, qui a son tour ventilera cet argent dans des prêts aux entreprises en difficulté pour maintenir l’emploi ou créer des contrats aidés. D’autres leviers pour l’emploi sont aussi manœuvrés par le gouvernement.
“Nous reconduirons à l’identique les crédits affectés à ces emplois aidés pour 3,250 milliards de francs, que nous augmenterons de 500 millions de francs par voie d’amendement”, précisait Édouard Fritch, fin décembre 2014, à l’heure de l’étude du budget primitif 2015. Un engagement pris sous la contrainte, alors que planaient au-dessus du budget une vingtaine d’amendements préparés par le Tahoera’a pour le démonter.
“Mais les CAE ne seront jamais une fin en soi. Notre ambition est qu’à terme ces contrats soient remplacés par de vrais contrats de travail.”

Le tourisme et le logement privilégiés

Une réponse pour apaiser le groupe orange, alors groupe majoritaire à l’assemblée, engagé dans un bras de fer pour mettre à mal Édouard Fritch sur fond de guerre des chefs dans le parti. Élise Vanaa s’était alors faite la porte-parole des revendications flossiennes dans un discours cinglant envers le gouvernement.
Maintenant que la fracture est officielle avec le Tahoera’a, Édouard Fritch entend mener la politique qu’il souhaite. Dans ce collectif budgétaire, 500 millions de francs n’iront pas au financement de nouveaux CAE, mais à d’autres modes de soutien de l’emploi. 80 millions de francs pour les porteurs de projets en agriculture, 500 millions pour la Sofidep pour leur volet “Prêt relance entreprise” et quelques autres subventions.
“Le gouvernement préfère soutenir des actions créatrices d’emplois”, expliquait hier un conseiller technique, “plutôt que de mettre 500 millions de francs dans les CAE”.
Ces nouvelles mesures devraient s’accompagner de plus de propositions pour réformer les aides à l’emploi. À l’assemblée, comme sur le terrain, nombreux sont ceux qui critiquent les CAE, dispositif provisoire consistant à employer – certaines mairies parlent d’occuper le temps – des personnes sans emplois avec quasi aucune chance de poursuite d’activité par la suite.
Au sein du collectif budgétaire, de nouvelles mesures pour dynamiser le tourisme et le logement sont retenues.
Ainsi, le GIE Tahiti Tourisme va-t-il percevoir une subvention supplémentaire de 145 millions de francs, avec 17 millions de francs en plus pour diverses actions touristiques menées par le ministère de la Relance économique. Des financements directs qui sont à coupler avec de nouvelles autorisations de programme comme l’aménagement du site Hotuarea (études pour 10 millions de francs), l’aménagement du site de Vaitupa (études pour 100 millions de francs).
Pour le volet éducation, la grosse annonce provient du lancement du chantier du lycée et collège de Bora Bora pour 1 milliard de francs. 20 millions de francs sont aussi alloués pour des rénovations au lycée Gauguin et 12 millions de francs sont consacrés à la reconstruction du Cetad de Ua Pou.
Comme d’habitude, une batterie d’autorisations de programme dans le chapitre réseaux et équipements structurants est avancée (voir ci-dessous).K

Bertrand Prévost

 

1,7 milliards pour les communes

On sait que le président du Pays a noué une relation toute particulière avec les communes. Un amour qu’il déclame en tant que tavana de Pirae, en tant qu’ancien député, mais aussi en tant que soutien de poids aux candidatures de Lana Tetuanui et Nuihau Laurey aux sénatoriales. Il a aussi négocié un contrat de projets 2015-2020 surprenant avec des crédits alloués aux projets communaux, là où son prédécesseur, Gaston Flosse, ne voulait pas en entendre parler.
Pour le Vieux Lion, les communes étant de compétences d’État, la Polynésie n’avait pas à financer les projets à hauteur de 50 %.
Ajoutons-y leur ras-le-bol au sujet du FIP, au sujet du CRSD (contrat de redynamisation des sites de défense) qui ne se met toujours pas en place, au sujet du CGCT (code général des collectivités territorial) et vous obtiendrez des élus à cran qu’il faut rassurer régulièrement.
Le chapitre 903, “partenariat avec les collectivités” va en rassurer plus d’un.
Transfert d’emprises foncières aux communes pour 500 millions de francs, programmation de 700 millions de francs pour le contrat de projets, et une batterie d’autorisations de programme. 200 millions de francs pour l’acquisition de matériel pour les communes ou encore 45 millions de francs pour l’étude de faisabilité de la rénovation de l’ancien centre de vie de Hao.  En tout, 1,7 milliard de francs de nouvelles inscriptions.

 

La subvention au RST bien arrivée
Avec ce premier correctif du budget 2015, ce sont aussi les comptes spéciaux qui sont revus. Au sein du FELP (Fond pour l’emploi et la lutte contre la pauvreté), on enregistre l’arrivée des 1,4 milliard de francs prévus par convention avec l’État pour financer une partie du régime de solidarité territorial (RST).

Dépenses réelles
– 6 millions F : gardiennage du site de Vaitupa.
– 9 millions F : formation au certificat de pilote lagonaire des exploitants de pensions de famille.
– 145 millions F : renforcement des actions du GIE Tahiti tourisme.
– 10,2 millions F : expérimentations de pré-grossissement de larves de nacres.
– 19 millions F : élaboration du plan de dynamisation à court terme du développement économique du Pays.
– 13 millions F : subvention au festival des Marquises.
– 35 millions F : subventions aux associations jeunesse.

Autorisations de programme
– 255 millions F : assainissement
(tranche 2) des eaux usées à Moorea.
– 150 millions F : réalisation de la marina de pêche de Tehoro.
– 60 millions F : construction de loges
à To’ata.
– 15 millions F : construction du centre médical de Fare (études).
– 120 millions F : aménagement du giratoire du collège de Mahina.
– 200 millions F : aménagement
du carrefour du centre pénitentiaire de Papeari.
– 225 millions F : réaménagement
du carrefour du Pacifique.

 

      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete