Edouard Fritch et les trois députés polynésiens reçus par George Pau-Langevin

    lundi 12 octobre 2015

    Le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, accompagné des trois députés polynésiens, Maina Sage, Jean-Paul Tuaiva et Jonas Tahuaitu, a participé, lundi après-midi, à une réunion avec la ministre des Outre-mer. La rencontre a permis d’aborder notamment les dotations globales de fonctionnement, le Contrat de projets et la défiscalisation. « Nous avons évoqué le budget car nous entrons dans des discussions budgétaires tant en métropole qu’à Tahiti », a indiqué le président Fritch au sortir de l’entretien d’une heure trente, rapporte un communiqué de la présidence.
     Au cours de cet entretien, il a rappelé à Madame Pau-Langevin « l’importance pour nous que la DGA ne subisse pas de restrictions. C’est important, parce que c’est symbolique ». Les discussions ont porté, de surcroît, sur le Contrat de projets dont Edouard Fritch considère qu’il « fonctionne très bien. Nous travaillons bien avec les services de l’Etat. Nous allons même, peut-être un peu trop vite, contrairement à ce qui s’est passé au contrat de projet numéro 1. J’ai surtout attiré l’attention de la ministre sur l’intérêt, maintenant, de construire rapidement le pôle de santé mentale de la Polynésie française ».
    Aux yeux du président de la Polynésie française, le Contrat de projets est « une contribution importante de l’Etat dans les investissements du Pays. Nous avons choisi des secteurs qui touchent le social, le développement ». Il s’agit de constructions de structures telles que le pôle de santé mentale ou encore de logements sociaux destinés à des populations en difficulté, ou encore de projets sur l’éducation. « Et c’est dans le cadre de ce partenariat avec l’Etat, que nous gérons ensemble ces crédits », a-t-il souligné.
      Autre sujet abordé : la défiscalisation. Selon le président Fritch, il convient de distinguer les collectivités d’Outre-mer du Pacifique des autres collectivités, car elles sont dotées de statuts bien différents des départements d’Outre-mer avec une fiscalité autonome. « L’Etat dispose avec la défiscalisation d’un levier important d’investissement. C’est bien sûr essentiel pour nous. Ce serait très intéressant si, à l’avenir, nous pouvions continuer à bénéficier de ce moyen exceptionnel que nous apporte la métropole », a-t-il déclaré.

    La dissolution n’est pas d’actualité

    Interrogé sur l’éventualité d’une dissolution de l’Assemblée de la Polynésie française, Edouard Fritch a précisé que cette question n’avait pas du tout été évoquée avec la ministre des Outre-mer : « Actuellement, il n’y a pas de raisons d’en parler. Comme vous le savez l’Assemblée continue à travailler. J’ai expliqué à la ministre qu’effectivement je déploie des efforts pour que nous puissions asseoir une majorité gouvernementale à l’Assemblée de la Polynésie. Nous passons de 24 à 26 représentants aujourd’hui. Et je ne perds pas espoir que d’ici le vote du budget nous atteignons les 29 requis. J’ai demandé aux deux ministres de s’activer lors de leur retour à l’Assemblée pour sensibiliser leurs collègues afin que nous puissions nous renforcer un peu plus ».
      Le président de la Polynésie pense ne pas avoir beaucoup de problèmes pour le budget à venir mais convient qu’il a un peu plus d’inquiétudes concernant des réformes à venir : « Vous avez vu que nous avons réactualisé notre schéma de desserte interinsulaire. Cela n’a pas été facile mais nous l’avons fait. Dans les jours à venir le dossier de la protection sociale généralisée doit venir à l’Assemblée, et comme je l’ai annoncé, j’irai jusqu’au bout. Je sais que se sera difficile car il faut que nous puissions rétablir les choses pour les dix à quinze ans à venir. C’est plus ces dossiers sensibles qui me font craindre le pire ».
      Le président Fritch a convenu que la situation actuelle était « une forme d’instabilité » et qu’il était dans une situation exceptionnelle selon ses propres termes : « Je dirige un Pays sans avoir la majorité au parlement. Je crois que le dernier à en avoir fait l’expérience, ici, c’est Michel Rocard. Cela n’a pas été facile, mais il a tenu. Donc je ne désespère pas de tenir. Mais je crois que contrairement aux différents schémas que nous avons connus ces derniers temps, aujourd’hui la population comprend plus facilement car elle réclame cette stabilité. Elle est consciente qu’une espèce d’instabilité plane. Elle réclame donc que nous fassions des efforts, nous qui sommes au gouvernement, pour que l’on puisse asseoir de manière plus stable notre assemblée de Polynésie », a-t-il conclu sur ce sujet.

      Le dossier sensible des essais nucléaires

    A la veille de la réunion du comité de suivi sur les essais nucléaires, à laquelle il doit assister mardi matin à Paris, le président de la Polynésie française a souligné que cette réunion était « attendue parce que les Polynésiens souhaitent que les choses avancent sur ce dossier sensible des essais nucléaires et en particulier sur le volet sanitaire ».
    Il a dit en avoir parlé à George Pau-Langevin « car l’article 4 alinéa 2 nous préoccupe énormément. Nous redoutons que l’Etat qui a reconnu les faits ne contribue pas à la résolution de ce problème. Monsieur Le Drian en son temps a fait beaucoup d’efforts sur la liste des maladies et l’élargissement de la zone contaminée, aujourd’hui ce qui est réclamé c’est un aménagement de l’article 4 de façon à ce que le gens qui ont travaillé à Moruroa, les gens qui ont été exposés, puissent être dédommagés sans que l’on vienne leur gratter la peau pour savoir si le cancer vient de là ou pas. Ce n’est pas normal qu’aujourd’hui on ait encore des questions à poser sur l’origine des cancers de ceux qui ont travaillé dix ans, vingt ans à Moruroa. C’est ce que je dirai demain mardi au ministre. Nous serons plusieurs puisque nos amis de Moruroa e Tatou seront là. J’ai cru comprendre que Marisol Touraine est sensibilisée aux attentes des Polynésiens aujourd’hui ».

    D’après un communiqué de la présidence
     

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