Édouard Fritch, la fin de l’état de grâce ?

    mardi 9 août 2016

    Fritch

    Édouard Fritch a bénéficié, à son arrivée à la présidence du Pays, en 2014, de vents porteurs. Mais depuis quelques mois, il semble que ces vents ont tourné. (Photo : archives LDT)


    La sortie des maires, vendredi dernier, est le symbole d’une ambiance

     

    Depuis son arrivée à la présidence de la Polynésie française en 2014, Édouard Fritch a bénéficié de plusieurs vents porteurs qui l’ont propulsé en tête de la scène politique.

    C’est d’abord un vote massif pour le Tahoera’a en 2013 qui portait la liste dont il faisait partie à la place Tarahoi où il sera président de l’assemblée de la Polynésie française.

    Puis il y eut son plébiscite avec les voix du Tahoera’a, les voix de A ti’a porinetia et l’abstention de l’UPLD alors qu’était venu le temps de remplacer Gaston Flosse, mis à terre par une nouvelle condamnation.

    Ses premiers mois sur le fauteuil présidentiel n’auront pas été de tout repos. Malmené par sa propre famille politique, Édouard Fritch s’est trouvé sa propre majorité, a construit son propre parti politique et a surfé sur la vague du ras-le-bol de Flosse, tout comme Gaston Tong Sang avant lui, pour s’imposer.

    Édouard Fritch aurait pu donner l’impression de marcher sur l’eau. Déplacement en compagnie du président de la République, François Hollande, bonnes relations avec le haut-commissaire Lionel Beffre, une majorité enfin acquise à l’assemblée qui pouvait bloquer les textes parasites du groupe orange et même la victoire de ses poulains lors des élections sénatoriales.

     

    Discorde avec le monde économique

     

    Ces derniers mois pourtant, la machine s’est grippée. La venue de François Hollande marquait alors la fin de l’état de grâce d’Édouard Fritch.

    Le congrès des maires, qui s’est clos la semaine dernière, en a été la triste illustration pour un président qui devait tenir une conférence de presse sur le sujet hier, et qui a finalement repoussé la rencontre avec les journalistes.

    En juillet, le projet Mahana Beach tombait à l’eau. La faute aux investisseurs chinois qui se retiraient, la faute aussi à une équipe gouvernante qui a continué d’alimenter les espoirs de la population sur la base d’un délire mégalo de Gaston Flosse.

    Un projet surdimensionné qui n’a fait qu’alimenter la machine à bulletins électoraux. Économiquement parlant, la Polynésie française a redressé la barre. Mais à quel prix ? 

    Standard & Poor’s a repassé le fenua en BBB- au prix d’une hausse fiscale. Les entreprisses font toujours grise mine alors que l’emploi a cessé de chuter.

    La faute à une grande opération a posteriori de récupération par la Caisse de prévoyance sociale (CPS) des cotisations sociales liées aux avantages en nature.

    Une manœuvre qui reste au travers de la gorge des organisations patronales. Autre sujet que les syndicats des patrons n’ont pas du tout aimé, c’est la réforme de la PSG 2. Une réforme aujourd’hui totalement bloquée.

    Depuis le début, on travaille sur la base d’une réforme fiscale pour financer la PSG 2”, indiquait hier l’un des participants. “D’un seul coup, Nuihau Laurey est arrivé en expliquant qu’il n’y aurait pas de changement côté fiscalité, mais plutôt sur les assiettes de cotisation et peut-être aussi le tiers payant. Le tout, dans le dos d’Édouard Fritch qui semblait là découvrir ces nouveautés”, s’exclamait-il. “Il n’y a pas de cohésion dans ce gouvernement.

     

    Une équipe qui se cherche

     

    Le manque de cohésion dans l’action gouvernementale est en effet régulièrement pointé du doigt par les partenaires sociaux, mais aussi rapporté en off aux journalistes par les élus eux-mêmes.

    Tearii Alpha travaille dans son coin”, expliquait un élu de l’assemblée hier. “Nuihau Laurey n’est intéressé que par l’économie et ne s’entend pas du tout avec Teva Rohfritsch.

    Jean-Christophe Bouissou en prend aussi pour son grade. “Il est le porte-parole d’un gouvernement dont il ne soutient pas toutes les propositions”, expliquait un autre syndicaliste.

    Dans son coin, le Tahoera’a patiente, sème et récoltera en 2018, lors des prochaines territoriales”, poursuit-il. Depuis un an, cette équipe gouvernementale est promise à changement, mais rien n’a bougé.

    Pas de nomination de ministre des Sports, ni de l’Agriculture après les débarquements de Frédéric Riveta et René Temeharo. Nuihau Laurey est censé passer le relais de la vice-présidence en 2017 pour respecter le non-cumul des mandats alors que deux autres ministres postulent l’un contre l’autre pour être candidat aux législatives (Teva Rohfritsch et Patrick Howell).

    Il y a un problème de moteur”, expliquait enfin un autre déçu du monde économique. La rentrée politique s’annonce un peu complexe à négocier pour le maire de Pirae.

     

    Bertrand Prévost

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete