Édouard Fritch répond au Medef

    vendredi 10 juin 2016

    C’est en marge de sa réunion avec les entreprises de sa commune mercredi soir (lire page 26), que le président-tavana Édouard Fritch a répondu à nos questions concernant les entreprises du Pays, suite au “ras-le-bol du Medef” (lire notre édition de mardi, “Pour le Medef, ça suffit”). Le syndicat des patrons reproche le redressement sur les avantages en nature imposés aux entreprises, le manque de concertation avec les patrons sur la réforme de la protection sociale généralisée et la présence de Cyril Le Gayic aux négociations avec l’exécutif, trois motifs qui ont poussé le Medef à refuser désormais tout dialogue d’ordre social, économique ou fiscal avec le gouvernement, jusqu’à nouvel ordre. “Il ne faut pas se fâcher, je leur dis de revenir”,  a résumé le “patron du Pays”, tout en les assurant sur les futures mesures à prendre, sans omettre de tâcler la CPS qui “essaye d’appliquer une décision qui date de Mathusalem”. Interview

    Le Medef a tapé du poing sur la table, lundi dernier, et a décidé de suspendre leur participation au dialogue d’ordre social, économique ou fiscal avec votre gouvernement. Que leur répondez-vous ?

    Nous n’avons pas coupé les discussions avec le Medef. Je les ai vus avec quelques ministres avant leur conférence de presse, où ils ont manifesté une certaine forme d’agacement contre les procédures qui sont menées aujourd’hui par la CPS, sur la problématique des avantages en nature.

    Effectivement, cette situation a pris de l’ampleur car nous avons pris des mesures en urgence, pour l’enseignement, en particulier l’enseignement privé qui était face à d’énormes difficultés financières, si rien n’était fait face au redressement demandé par la CPS.

    L’incompréhension dans cette affaire, c’est qu’ils se disent “pourquoi eux et pas nous ?”. Je leur ai dit qu’aujourd’hui, je n’étais pas du tout dans ma position d’aggraver la pression fiscale. Ce n’est pas dans les projets du Pays, nous sommes conscients qu’il n’y aurait plus d’emplois, si on mettait de la pression fiscale.

    Le Pays ne fait pas de pression fiscale mais la CPS, si. Qui va payer au final ? Les employés ?
    … Et les consommateurs. Ce n’est de l’intérêt de personne, de le faire d’une façon si abrupte, déjà. C’est la méthode qui est utilisée qui est condamnable.

    Il faut que l’on trouve des solutions pour un, regarder la possibilité avec la CPS, de discuter sur cette méthodologie, et dans un second temps, comme nous l’avons fait pour l’enseignement, soit alléger, soit tourner la page sur une partie de l’histoire.

    La CPS essaye d’appliquer une décision qui date de Mathusalem. Pourquoi du jour au lendemain se réveiller ? D’autant que, et cela chagrine les patrons, nous avons besoin d’argent.
    La réforme de la PSG, c’est aussi un problème de gros sous, il y a plusieurs milliards de déficit à résorber. Je crois que les patrons soupçonnent le pays, de vouloir au travers de ces redressements, palier aux difficultés financières de la CPS.
    Ce n’est pas mon projet, il serait malhonnête de le faire. Je vais prendre des mesures dans le prochain collectif budgétaire, pour aider, accompagner les entreprises dans leurs difficultés, pour leur apporter la preuve de ma bonne foi.

    Ensuite, il nous faut ouvrir les discussions sur cette problématique des avantages en nature, qui sont donnés par les entreprises.

    “Ne nous fâchons pas”, en quelque sorte…Oui, il ne faut pas se fâcher, je leur dis de revenir. Il faut continuer. Les chantiers en cours sont importants dont la réforme de la PSG, qui est l’autre raison de cette petite fâcherie.
    Effectivement, j’ai décidé avec le gouvernement de consulter tout le monde. Il n’est pas simple de mettre ensemble la carpe, le lièvre, la tortue, le corbeau… (rires)

    Mais l’essentiel est de pouvoir entendre tout le monde. Et à un moment donné, il faudra se mettre tous autour de la table, que le gouvernement prenne sa responsabilité, et on livre cela au CESC et à l’assemblée.

    Propos recueillis par Christophe Cozette

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