EDT Va’a aito des aito de la Hawaiki Nui Va’a

    samedi 5 novembre 2016

    C'est la troisième victoire consécutive pour les rameurs de EDT qui lèvent les bras au ciel. (© Benoît Buquet)

    C’est la troisième victoire consécutive pour les rameurs de EDT qui lèvent les bras au ciel. (© Benoît Buquet)

     

     

    Vainqueur à Raiatea et deuxième à Taha’a, EDT Va’a s’est octroyé une nouvelle victoire de prestige sur la plage de Matira. Ce nouveau succès lui permet d’enregistrer un quatrième sacre en cinq ans sur Hawaiki Nui Va’a.
    Paddling Connection, Shell B, OPT A et Shell A arrivés dans cet ordre à Bora Bora, ont tout tenté, mais n’ont finalement pas réussi à déstabiliser les hommes en jaune.

     

    Qui aurait pu dire avec certitude quelle allait être l’issue de cette 25e édition de Hawaiki Nui Va’a ? Sans doute personne, même si chacun avait en tête son choix de cœur. Hier matin, alors que les piroguiers se préparaient à monter sur leurs va’a, les pulsations cardiaques étaient déjà élevées, ne serait-ce que par le stress que pouvait procurer le défi qui s’annonçait sur les 58 kilomètres de cette ultime traversée entre Taha’a et Bora Bora.

    Des écarts de temps qui laissaient entrevoir un suspense total entre les quatre premiers du classement provisoire ; deux équipages distincts qui s’étaient distingués sur les deux premières étapes ; des choix de cap qui allaient probablement être déterminants et pour corser le tout, de longues distances à réaliser en lagon où l’on sait que la progression de la pirogue ne tient qu’à la puissance et à l’énergie des rameurs ! Tant de facteurs qui rendaient évidemment les pronostics très difficiles…

    Comme chaque année, le départ de cette troisième étape était donné sans encombre, tout le monde étant bien conscient de la distance qu’il fallait avaler dans la matinée.

    Sans surprise, les favoris se retrouvaient tous les uns à côté des autres, au plus près de la berge. EDT Va’a avait retrouvé son équipage de la première étape et Shell Va’a A s’offrait par contre les services du plus expérimenté des peperu, à savoir David Tepava.
     
     

    Les leaders en tête

     

     
    Très vite, le top six du classement général provisoire se retrouvait en tête, avec toutefois une formation de Paddling Connection qui s’affirmait résolument aux avant-postes. En une heure de course dans le lagon de Taha’a, jusqu’à atteindre la passe de Tiva, ces six va’a creusaient l’écart sur le reste du peloton et au passage de la bouée de sortie de passe, EDT Va’a et Team OPT A sortaient de front. Juste derrière, on retrouvait Paddling, mais aussi les deux formations de Shell Va’a et le Team OPT B. S’engageait alors un long combat en haute mer.

    Si tout le monde se suivait plus ou moins, Shell Va’a A par contre, décidait assez vite d’affronter la houle en descendant en direction de Maupiti. Cette décision sera regrettée plus tard par David Tepava lui-même. Pour les autres, le mano a mano commençait.

    Dans une houle assez courte et assez piégeuse car frappant régulièrement côté balancier, on allait assez vite croire aux chances du Team OPT A, qui prenait la tête au moment de quitter le récif de Taha’a.
      

     

    La force tranquille d’EDT Va’a

     
     
    Si cet avantage allait durer une bonne heure, il n’allait jamais être déterminant car les poursuivants étaient toujours à distance raisonnable. A la faveur de quelques vagues particulièrement bien négociées par Rete Ebb, mais aussi par le fait que l’équipage entier ait haussé le rythme, EDT Va’a parvenait à remonter son handicap et même à prendre la tête.

    Comme ils l’avaient déjà réalisé lors des deux précédentes étapes, c’est en toute tranquillité, mais avec une efficacité redoutable, que les coéquipiers de Steeve Teihotaata s’envolaient vers une victoire que personne ne pourrait alors leur contester.

    Derrière par contre, la bataille faisait rage. Pour une place sur le podium de l’étape bien évidemment, mais aussi pour le classement général. A Turi Roa, la fameuse pointe du récif de Bora Bora qui signale en quelque sorte la fin de la traversée entre les deux îles (après, on longe le récif au plus près), Paddling Connection qu’on avait senti si motivé pointait à la 4e place. Mais dans le lagon de Bora Bora les rameurs de Wilfred Ah Min réussissaient l’exploit de revenir sur le Team OPT A qui vivait une fin de parcours difficile, mais aussi sur Shell B ! Le podium de l’étape sacrait donc EDT Va’a, Paddling Connection et Shell Va’a B.

    Cette nouvelle victoire d’étape pour EDT Va’a (2 sur 3) était évidemment synonyme de sacre pour cette 25e édition de Hawaiki Nui Va’a. La quatrième en cinq ans, ce qui n’est pas un mince exploit.
     

     
    Gérard Verdet

     

    Retrouvez ici le classement général de la 25e édition : classement-general

     

     

    Rete Ebb, EDT Va’a : « La même équipe pour gagner l’année prochaine »

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    (© Benoît Buquet)

     

    Quelle était votre stratégie pour gagner la dernière étape ?
    « La stratégie d’aujourd’hui, c’était de prendre un bon départ, de bien sortir et après de marquer les deux équipages d’OPT, comme c’était les adversaires les plus proches au classement général pour la première place. Après, OPT B a lâché. Du coup, il restait juste à marquer la A. Ensuite, on a bien surfé et bien récupéré de Taha’a jusqu’au poteau blanc (Bora Bora). A partir du poteau blanc, on a bien travaillé notre coup de rame et il fallait tenir le choc jusqu’à la fin. »

     

    Comment votre équipe fait-elle la différence avec les autres ?
    « C’est vraiment la cohésion. On parle bien entre tous les boys, que ce soit dans le staff ou entre rameurs, on s’entend vraiment bien. Et je pense que c’est notre force. Surtout on voulait absolument cette victoire-là. On voulait marquer la Hawaiki Nui Va’a de notre nom. On sera là encore l’année prochaine et on va essayer de gagner. Ce sera la même équipe je pense. »

     

    Tu as un message à faire passer ?
    « Je veux remercier d’abord les rameurs et tout le staff qui nous soutient. Merci aussi aux employés de EDT et à nos sponsors qui sont à fond derrière nous. Et je voulais juste faire un petit clin d’œil : les dix premières pirogues de la course sont des pirogues mata’eina’a. Ce sont les pirogues de mon papa et je suis fier de ça. »

     

    BB

     

    Heimana Tavaitai, Paddling Connection : « On a bien tahoe »

    (© Benoît Buquet)

    (© Benoît Buquet)

     

    « Belle étape aujourd’hui. On a essayé de ressouder un peu l’équipe par rapport à hier où on était mal sorti. Là on a essayé de se maintenir dans le peloton de tête. On était troisième à la passe et on a pris droit sur l’île de Bora. On était bien soudé vers la fin. Comme on dit, on a bien tahoe, c’est ce qui a fait notre force aujourd’hui. Comme toutes les grandes équipes, on a essayé de faire le marquage. Au final, deuxième ici, on est bien content. »

     

    BB

     

    Honui Parau, barreur de Shell B : « Difficile dans la dernière remontée »

    (© Benoît Buquet)

    (© Benoît Buquet)

     

    « Ca a été vraiment difficile, surtout la dernière remontée. Sinon, le premier tronçon on a bien surfé les vagues de bateau. On a essayé de récupérer un maximum avant la remontée. C’est ce qu’on a fait, après on a bien géré la remontée. Même si Paddling Connection nous dépasse, félicitations à eux. Ils ont été plus forts. Et à un moment on aurait pu revenir sur EDT, mais par manque de placement de ma part on a n’a pas pu les rattraper. Voilà je suis un peu déçu. On verra l’année prochaine. »

     

    BB

     

    Du côté des équipes étrangères : « Evidemment, on ne va pas très vite »

    (Benoît Buquet)

    (Benoît Buquet)

     

    Ils étaient les petits nouveaux de la Hawaiki Nui Va’a. Ils sont allés au bout de l’expérience avec un énorme courage. « Evidemment on ne va pas très vite, avoue Pascal Studer, de la Team Guyane. Du coup, ça a duré. Mais c’était magnifique. On en a bien bavé. C’était ce qu’on était venu chercher. Aujourd’hui on a été nettement meilleur, on a tenu sans chavirer. Donc je pense qu’à l’épreuve de demain on sera encore meilleur. Ah non, y’en a pas ? Dommage ! L’année prochaine alors. »

    Même son de cloche chez les Japonais. Leur capitaine Kenny Kaneko s’est exclamé en passant la ligne : « Ouh ! Quelle expérience ! C’est la course la plus dure qu’on a jamais faite. Mais les Tahitiens sont tellement accueillants. Nous reviendrons, c’est sûr. C’est la meilleure expérience de la pirogue qu’on puisse trouver dans le monde. Maintenant, nous savons comment nous entraîner et ce que nous devons améliorer. »

    L’équipe calédonien Mont-Dore Shell Va’a veut également revenir : « Cela faisait dix ans que la Calédonie était absente de la Hawaiki Nui Va’a. Nous avons rouvert la porte et on espère bien revenir les années prochaines », assurait hier un rameur du Caillou Didaoui Sahnoun.
     
    Benoît Buquet

     

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