Éducation – La Dépêche Dimanche a rencontré le directeur de l’enseignement catholique en Polynésie française

    vendredi 9 septembre 2016

    diocésain

    Jean-Pierre Mou-Hing, directeur diocésain de l’enseignement catholique en Polynésie française.

     

    Une éducation intégrale du corps, du cœur et de l’esprit

     

    Au fenua, les familles de 11200 élèves font le choix d’un établissement de l’enseignement catholique du primaire à l’universitaire.
     
    Rencontre avec Jean-Pierre Mou-Hing, directeur diocésain de l’enseignement catholique de Polynésie française pour évoquer la rentrée, la pédagogie et les projets.
     
     
     
    Comment s’est passée cette rentrée 2016-2017 dans les établissements de l’enseignement catholique ?
     
    J.-P. Mou-Hing : “Très bien : 4910 élèves ont fait leur rentrée en primaire et 6240 en secondaire. Au niveau des enseignants ils sont 750 cette année. Nous notons une baisse dans le primaire liée a une baisse démographique mais aussi au fait que les familles privilégient parfois les établissements de proximité pour le primaire pour des questions de coût et de transport”.
     
     
    C’est différent pour le secondaire ?
     
    J.-P. M-H. : “Oui, dans le second degré, les familles recherchent un encadrement, un aspect éducatif, c’est d’ailleurs un axe qui nous tient à cœur. Il y a une attente des parents sur une formation intégrale, avec cet aspect spirituel, cette ouverture à la foi. Et puis, les bons résultats que nous avons aux examens (DNB et BAC) sont attractifs”.
     
     
    Qu’est-ce que vous entendez par formation intégrale ?
     
    J.-P. M-H. : “L’espérance des parents qui nous confient leur enfant est que l’on forme les cerveaux bien sûr (nous sommes en contrat d’Etat), mais aussi de veiller à la forme physique des jeunes (il y a beaucoup d’ac-
    tivités sportives dans le périscolaire), tout en leur offrant une ouverture sur les valeurs du message évangélique (l’éveil à la foi, l’entraide, la solidarité envers les plus démunis…). Notre conception du développement intégral de la personne induit ces valeurs. C’est le fondement de l’enseignement catholique,
    la capacité à s’occuper des plus pauvres. On applique les réformes de l’Education nationale tout en exprimant notre caractère propre, notre manière d’éduquer, nos valeurs”.
     
     
    Certaines familles laïques inscrivent leurs enfants dans vos établissements, pourquoi selon vous ?
     
    J.-P. M-H. : “Pour cet encadrement, cette formation intégrale du corps et de l’esprit. Les laïcs ont toute leur place avec nous, les enseignants ne sont pas tous des catholiques vous savez, mais pour nous rejoindre, ils doivent adhérer au projet éducatif de vie scolaire, il faut qu’il y ait une cohérence avec les valeurs de notre projet de l’enseignement catholique. Les encourager à aller plus loin que le simple fait d’enseigner, c’est la base, mais il faut apprendre à s’ouvrir à l’autre.”
     
     
    Dans notre édition du 14 août 2016 nous évoquions la fermeture du Centre d’éducation au développement de Makemo, pourquoi cet établissement a fermé ?
     
    J.-P. M-H. : “C’est une fermeture provisoire. Nous devions revoir la pédagogie de cet établissement afin qu’elle soit en adéquation avec les besoins des Tuamotu. Ces CED offrent une formation professionnelle aux jeunes, le but est qu’ils restent dans leur île pour y travailler, mais la formation doit être adaptée. Les
    enjeux sont à redéfinir. Notre but est d’offrir le meilleur service pédagogique, éducatif et pastoral qui donne un nouvel espoir aux jeunes des Tuamotu. Nous avons entrepris un travail d’élaboration d’un nouveau projet d’établissement, qui réponde aux besoins actuels et futurs de la population des Tuamotu. Pour gérer au mieux cette suspension d’activité d’un an, la vingtaine d’élèves ont été inscrits dans d’autres structures professionnelles”.
     
     
    Le projet va être mené cette année et il rouvrira en septembre 2017 ?
     
     
    J.-P. M-H. : “Oui c’est ce qui est prévu. Le personnel a été redéployé dans le réseau de l’enseignement catholique ou affecté à l’entretien du CED de Makemo en vue de sa réouveture prochaine. On travaille en concertation avec le ministère et le Rectorat sur le projet car nous assurons un service public. Nous sommes allés sur place en juillet et nous allons y retourner prochainement. Non, nous n’abandonnons pas le CED de Makemo. L’écoute, la solidarité, l’entraide sont les fondements du projet des fondateurs des CED pas simplement un enseignement, mais une formation professionnelle pour les jeunes afin de répondre aux attentes des populations. L’enseignement catholique poursuivra son investissement matériel, intellectuel et spirituel pour assurer aux îles éloignées un instrument de développement adapté”.
     
    Propos recueillis par
    Cl. Chunlaud
     

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