Éducation – La Dépêche Dimanche a rencontré le président de la Fédération des associations de parents d’élèves de l’enseignement public (Fapeep)

    mercredi 7 septembre 2016

    cantine

    Frais de cantine, fournitures scolaire, responsabilité de la surveillance des enfants, etc., le président de la Fapeep, Tepuanui Snow, fait le point sur la rentrée. (Photo : Caroline Valenti)

     

    Cantine scolaire : pour des tarifs plus justes

     

    Pour Tepuanui Snow, président de la Fédération des associations de parents d’élèves de l’enseignement public (Fapeep), la réforme des programmes a été accueillie avec curiosité plutôt qu’avec animosité de la part des parents.

    Le dossier sur la compétence de la surveillance des enfants en temps périscolaire suit son cours aujourd’hui auprès du Haut-commissariat.

     

    Après ces trois semaines de rentrée, quel bilan global pourriez-vous faire en tant que président de la Fapeep ?

    La rentrée s’est globalement déroulée de manière satisfaisante, dans le calme et avec des enfants heureux de retourner à l’école.

    On aurait pu imaginer que l’effet anxiogène de la réforme des programmes que l’on a pu connaitre en France soit contagieux en Polynésie, mais finalement les parents sont plus curieux que réfractaires à la mise en application de cette réforme.

     

    Pourriez-vous nous rappeler cette réforme ?

    C’est une réforme des programmes scolaires applicables dès cette rentrée en France et en Polynésie, avec une formation en amont de l’ensemble du corps enseignant dans sa mise en application.

    Cette réforme ne vient pas changer le contenu des programmes mais touche l’action pédagogique en réformant les pratiques d’enseignement dès la maternelle. Dans ce contexte, les enseignants doivent changer leurs habitudes, ce qui n’est pas facile.

     

    Justement, qu’est-ce qui change ?

    Par exemple, en maternelle, l’idée est de laisser l’enfant se développer par le biais du jeu. Des nouveaux ateliers sont alors mis en place, plus sous forme de classe mais sous forme de jeux.

    Les programmes se modifient au collège, avec un accès facilité de l’école élémentaire au collège. On permet aux enfants d’apprendre le tahitien dès la 6e, et on rajoute une deuxième langue vivante en 5e.

    Des EPI, Enseignements pratiques interdisciplinaires et des AP, Accompagnements personnalisés, sont mis en place pour suivre davantage les enfants fragiles. Il y a, à mon sens, plusieurs choses positives dans cette réforme, et en tant que parents d’élèves, nous ne pouvons qu’être satisfaits.

     

    Quelles mesures ont été prises concernant l’absentéisme des enseignants ?

    Les chiffres évoquaient en Polynésie entre 120 et 150 enseignants du premier degré absents chaque jour, avec une moyenne de 12 à 25 professeurs par établissement.

    Si en pratique, les enfants sont pris en charge dans d’autres classes ou en études, cela entraîne du retard sur les programmes.

    La ministre a ainsi fait un rappel à l’ordre dès cette rentrée, avec un discours d’exigence et indiquant un suivi très rigoureux de ces absences.

     

    Pouvez-vous nous faire un point sur les tarifs de cantine ?

    Le tarif des cantines ne change pas, il est de 9 900 Fcfp par trimestre, que l’on soit à Tahiti ou dans les îles.

    La question se pose davantage pour le premier degré où la compétence en termes de restauration scolaire, même si elle est facultative, est communale. Cela fait que chaque commune décide de son mode de gestion.

    On s’est retrouvé avec un cas extrême à Papara où les frais de cantine dépassaient les 10 000 à 12 000 Fcfp. Mais les choses ont été prises en main par l’actuel maire, qui a engagé des négociations avec son prestataire pour baisser le prix de la cantine.

    D’autres communes, comme Faa’a ou Pirae, organisent leur restauration scolaire en régie directe qui fait que les repas sont tout à fait accessibles aux parents. Enfin, à Papeete, les tarifs diffèrent d’une école à une autre.

    La Fapeep a justement demandé à la commune que des conventions individuelles de délégations de services publics soient mises en place avec les associations gestionnaires. Nous souhaitons homogénéiser le système. Pourquoi est-ce que d’une école à une autre les modes de tarification diffèrent ? Ce n’est pas juste…

     

    En parallèle, vous soulevez le problème de la surveillance des enfants, où en êtes-vous aujourd’hui sur ce dossier ?

    Rappelons le contexte. De manière historique, les associations de parents d’élèves assument bénévolement la responsabilité de la surveillance des enfants pendant les temps périscolaires.

    Or, selon notre lecture de la loi, c’est à la commune que revient cette compétence. Aujourd’hui, on a ouvert un dossier pour demander à définir exactement cette responsabilité.

    La commune nous a répondu un argumentaire juridique qui se tient mais qui risque de faire jurisprudence par rapport à l’ensemble des communes métropolitaines. En effet, elle vient arguer une décision du tribunal des conflits de 2008 qui dispose qu’une commune peut confier à une association de parents d’élèves la responsabilité de la surveillance des enfants pendant les temps périscolaires.

    Pourtant, l’ensemble des textes réglementaires en vigueur, et qui sont appliqués par l’ensemble des communes françaises, vient dire le contraire en stipulant que la surveillance des enfants ne peut en aucun cas être déléguée.

     

    En parallèle, nous nous sommes rapprochés du Haut-commissariat pour assurer la loi et imputer à qui de droit cette compétence. Si il est acté que les associations peuvent assumer cette compétence, elles décideront si elles souhaitent ou pas poursuivre cette surveillance.

    Si en revanche cela n’est pas le cas, on demande que la commune prenne ses responsabilités. Elle devrait alors recruter du personnel pour s’occuper des enfants. Nous attendons à ce jour un retour de décision.

    Un autre point litigieux porté par la Fapeep, les bourses au mérite…

    Oui, c’est un dispositif qui existe en France mais pas en Polynésie. Il s’agit de récompenser des élèves méritants qui ont obtenu une mention au DNB par une bourse financière de la seconde jusqu’au Bac.

    Cette bourse répond à des critères sociaux et vient récompenser un enfant d’un milieu défavorisé qui pourtant réussit ses études. Nous souhaiterions suivre ce dossier auprès de la ministre de l’Outre-mer pour savoir pourquoi la Polynésie n’est pas dotée de ce dispositif.

     

    Y a-t-il d’autres points qui vous préoccupent ?

    Oui, nous aimerions homogénéiser la liste des fournitures scolaires. En effet, l’association des parents d’élèves du collège de Arue a mis en place des kits de fournitures scolaires suite à des négociations avec les enseignants pour un consensus de fournitures obligatoires qui pourront servir l’ensemble des enfants. Une fois ce kit déterminé, l’APE a fait une commande groupée de façon à ce que les parents d’élèves bénéficient de fournitures à des prix inférieurs à ceux du marché.

    On est donc en train de travailler pour que ce dispositif puisse être appliqué dans l’ensemble des collèges de Polynésie, car cela permettrait de grandes économies pour les parents.

     

    Enfin, un mot sur les transports scolaires ?

    On se rend compte que les transports scolaires ne sont toujours pas efficaces et ne répondent pas aux besoins.

    Le nouveau schéma directeur des transports qui a été présenté au CESC vient d’organiser le transport scolaire de manière qui nous préoccupe car il vient de confier aux communes le transport des collégiens et des primaires à des sociétés spécialisées, et laisse aux compagnies délégataires du service public le transport des lycéens.

    Sauf que les parents se posent la question de savoir comment les communes vont faire alors qu’aujourd’hui elles peinent à transporter gratuitement ces lycéens.

     

    Propos recueillis par

    Caroline Valentin

     

    Des ATSEM pour surveiller les enfants

    “En France, la compétence de la surveillance des enfants lors des temps périscolaires est donnée à la commune avec des Agents territoriaux spécialisés en école maternelle, les ATSEM. Depuis 1992, une affectation d’un ATSEM est obligatoire dans chaque classe maternelle. Lorsque que l’on a créé en 1996 l’arrêté portant l’organisation des écoles élémentaires de Polynésie, on a repris les dispositions du décret de 1992 qui vient fonder les ATSEM. Sauf que le statut juridique des ATSEM en Polynésie n’existe pas ! En tant que représentant du CESC, j’ai posé un vœu pour créer ce statut à Tahiti. Il appartient aux syndicats des personnels communaux de se saisir de ce vœux pour le porter au niveau de l’état et des communes pour créer ce statut”, indique Tepuanui Snow, président de la Fapeep.

     

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