El Niño : le corail ne blanchit pas encore

    jeudi 4 février 2016

    Face à l’augmentation prévisible de la température des eaux de surface liée à El Niño, les coraux des îles de Polynésie française risquent d’être malades, voire de mourir. Pour l’instant, aucun phénomène de blanchissement particulier n’a été observé au fenua, mais l’épisode El Niño est très loin d’être terminé, d’où la vigilance des scientifiques.  Météo France et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine signalent une lentille d’eau chaude dans l’est du Pacifique qui devrait, au cours
    des trois prochains mois, concerner les Marquises, le nord de la Société et le nord des Tuamotu.

    Les récifs coralliens sont très sensibles à leur environnement. “Un stress provoqué par une hausse de la température de l’eau, par une variation de la salinité, par une modification du milieu ou encore par une pollution peut mettre en danger les coraux”, confirme Matthieu Petit, coordinateur des projets de conservation et de recherche sur les récifs coralliens et les tortues marines pour l’association Te Mana o te moana.
    “Reef Check appelle les réseaux régionaux à suivre le phénomène de blanchissement des coraux qui s’annonce avec le puissant épisode El Niño. Mais à ce jour (lundi, NDLR), le blanchissement n’a pas encore touché la Polynésie. L’année 1998, également marquée par un phénomène El Niño très important, constitue l’un des épisodes de référence en Polynésie française. Un corail blanc n’est pas un corail mort. C’est un corail qui a perdu ses algues, les zooxanthelles, et qui doit être considéré comme malade.”
    Dans les décennies à venir, la principale menace sur le corail sera bien le réchauffement climatique. Car il provoquera des agressions, comme des hausses de la température de l’eau, entraînant des crises de blanchissement, l’acidification des océans et le renforcement de la force et de la fréquence des cyclones, qui risquent d’affaiblir les coraux et de les fragiliser face aux autres menaces, comme les invasions cycliques d’acanthaster (taramea) par exemple.
    “Je plonge ici depuis 30 ans”, explique Arnaud Demier, moniteur et gérant du centre Scubatek au yacht-club de Tahiti. “Par rapport à l’époque où les coraux étaient devenus blancs, là, actuellement, il n’y a rien, en tout cas pour le moment. Les températures de l’eau ne sont pas exceptionnelles cette année. Aux alentour de 28 ou 29°C, il n’y a rien d’anormal.”

    Un habitat essentiel

    “Le phénomène El Niño de forte intensité, qui a atteint son pic d’intensité en novembre dernier, entame lentement, depuis le début du mois de janvier, sa phase de déclin”, explique l’antenne polynésienne de Météo France. “Une forte anomalie chaude des températures de surface de l’océan est observée le long de l’équateur, de l’ouest de la ligne de changement de date jusqu’aux côtes d’Amérique du sud. Cette anomalie chaude dont le maximum est supérieur à +3 % s’est légèrement réduite vers l’est au cours des dernières semaines.”
    La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine signale, elle aussi, une lentille d’eau chaude dans l’est du Pacifique qui devrait, au cours des trois prochains mois, concerner les Marquises, le nord de la Société et le nord des Tuamotu.
    À Arue, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) observe également avec attention l’évolution du phénomène climatique et ses conséquences sur l’environnement, mais il ne s’occupe pas du corail en particulier.
    À Moorea, les scientifiques du Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe) tentent de trouver des solutions pour protéger les récifs. En 1998, le phénomène avait causé la mort de 16 % des coraux au niveau mondial, selon la chercheuse Laetitia Hédouin, actuellement en déplacement en Nouvelle-Calédonie, et qui avait répondu aux questions de notre consœur Maite Mai de TNTV sur ce sujet voici trois semaines.
    Si les coraux disparaissent, plusieurs espèces risquent de disparaître avec eux, selon la spécialiste. “Le corail, c’est l’habitat de millions d’espèces. Il est structurant des récifs coralliens. S’il disparaît, les poissons n’auront plus d’endroit pour vivre. (…) Ce qu’on essaie de faire, c’est d’élever dans des pépinières des coraux qui soient plus résistants au changement climatique.”

    Damien Grivois

    “Vous n’avez encore rien vu”

    C’est la Nasa qui le dit, au sujet d’El Niño… Selon elle, le phénomène devrait s’amplifier et empirer en ce premier semestre 2016. Les experts de la Nasa craignent un El Niño 2016 plus puissant et dévastateur que jamais.
    Selon l’agence spatiale américaine, les dernières images satellites du système rappellent le phénomène El Niño de 1997-1998. Cette saison-là, “l’enfant terrible” du Pacifique a causé de très fortes pluies en Californie et au Pérou, des vagues de chaleur en Australie, des feux en Indonésie et plusieurs cyclones dans le Pacifique, dont Osea, qui toucha l’ouest des îles de la Société en 1998. On estime que 23 000 décès sont dûs au El Niño de 1997-1998.
    Pour son grand retour vers la fin 2015, El Niño a déjà fait sentir ses effets. Aux États-Unis par exemple, selon Outremers 360°, l’est du pays a eu droit à un hiver très doux, avec des températures allant jusqu’à 20°C à Washington, alors que les zones sud et le centre ouest essuyaient des tempêtes meurtrières entraînant des records d’inondations.
    Les Polynésiens ont d’abord fait face à une vague de chaleur inédite suivie, début décembre, de très fortes pluies engendrant des dégâts d’une rare ampleur sur la côte nord de Tahiti. Nos voisins insulaires, quant à eux, ont commencé l’année sous le feu de plusieurs systèmes dépressionnaires, dont Ula.

    claude 2016-02-04 17:54:00
    C'est encore du grand n’importe quoi votre article !!
    Vous voulez encore fabriquer de l'alarmisme avec rien !
    je n'ai jamais vu de saison chaude aussi fraîche et sèche que cette année.La pluie qui est tombée dans le nord de Tahiti n'est pas représentative des moyennes d'eau tombée sur la Polynésie. Et la température de l'eau est en rapport !Météo France s'est très largement trompée en annonçant 90 % de risque de cyclone pour Novembre et Décembre 2015 et ferais mieux de le reconnaître!Il est vrai qu'ils doivent frôler les 10% d'exactitude !!!!!!!!!!!!!
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