El Niño : “Un risque cyclonique assez fort”

    mercredi 2 septembre 2015

    Les indicateurs océaniques et atmosphériques révèlent un important phénomène El Niño dans le Pacifique équatorial, qui devrait se renforcer entre octobre et janvier, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Cet épisode de réchauffement des températures à la surface de l’océan pourrait se ranger parmi les quatre plus puissants enregistrés depuis 1950 par l’OMM.  Les conséquences, déjà manifestent autour de Hawaii avec trois cyclones ce week-end, sont difficiles à prévoir pour la Polynésie
    française.

    Vendredi dernier, le conseil économique, social et culturel rendait un avis sur le réchauffement climatique. L’institution appelait notamment la Polynésie française à se faire le porte-voix des petits États insulaires du Pacifique avant la Conférence internationale qui aura lieu à Paris en décembre. Depuis lors, trois bulletins météo sont déjà venus confirmer l’urgence de s’intéresser à la région, touchée par un phénomène El Niño (des températures anormalement élevées à la surface de l’océan) qui devrait s’accentuer dans les mois à venir et qui pourrait favoriser la formation d’ouragans. Vendredi dernier déjà, Météo France annonçait que “tous les modèles de prévision saisonnière à notre disposition prévoient un épisode El Niño pour la prochaine saison chaude” dans l’océan Pacifique équatorial.
    “Au cours des quatre derniers mois, phase de refroidissement de l’océan Pacifique Sud, on a observé des températures mensuelles de surface de l’océan plus élevées qu’au cours de la saison chaude 2014-2015”, écrivait l’institution française, prévoyant que ces hausses se maintiendraient jusqu’à la saison chaude 2015-2016, et avec elles leurs corollaires atmosphériques.
    Samedi dernier, la Nasa en apportait la confirmation, publiant les images de trois cyclones de catégorie 4 alignés de part et d’autre de Hawaii. “C’est la première fois qu’il y a trois cyclones actifs dans l’océan Pacifique central cette saison, et ce sont tous des typhons majeurs”, écrivait l’agence américaine, tandis que les ouragans Kilo, Ignacio et Jimena soufflaient des vents jusqu’à 220 km/h.

    Deux scenarii inquiètent les analystes du fenua

    Hier, l’Organisation météorologique mondiale n’en faisait plus mystère : “Les prévisions des modèles et les avis des experts donnent à penser que la température de l’eau en surface dans le centre-est du Pacifique tropical va probablement dépasser la normale de 2 °C, et l’épisode El Niño 2015-2016 pourrait donc faire partie des quatre épisodes les plus intenses qui aient été observés depuis 1950 (1972/73, 1982/83, 1997/98 et 2015/16).” 
    Quelles en seront les conséquences pour la Polynésie française et ses voisins ? Pour l’heure, il est difficile de le dire. Car si la hausse des températures de la mer – en raison notamment d’un net affaiblissement des alizés – favorise l’occurrence des cyclones, il est dur de prévoir leurs trajectoires et de quantifier leur intensité à l’avance.
    “Il y a un risque cyclonique assez fort dans le Pacifique équatorial pour la saison chaude qui arrive”, reconnaît tout de même un responsable de la direction polynésienne de Météo France, qui annonce que des études d’impact plus précises seront réalisées dans les prochaines semaines.
    “En général, les épisodes El Niño atteignent leur paroxysme vers la fin de l’année”, entre octobre et janvier, confirme l’organisation météorologique des Nations unies. “Les conséquences de l’épisode actuel, déjà manifestes dans certaines régions [comme à Hawaii ce week-end, NDLR], le seront encore plus pendant au moins les quatre à huit prochains mois. […] Les services météorologiques et hydrologiques nationaux ainsi que d’autres organismes continueront d’observer la situation dans le Pacifique tropical en vue de suivre l’évolution de l’épisode El Niño et d’en déterminer les manifestations les plus probables au plan local”, assure-t-elle. Si les analystes de Polynésie française préfèrent ne pas être alarmistes, ils s’attellent déjà à la tâche.
    Responsable du service étude et climatologie à Météo France, Victoire Laurent déclarait hier sur Radio 1 : “Il y a deux scénarios qui nous inquiètent : celui d’une activité cyclonique qui pourrait démarrer au niveau des Marquises, et celui d’une activité cyclonique qui pourrait démarrer à l’ouest de la Polynésie. On est plus inquiet pour celle qui démarrerait aux Marquises, parce qu’elle aurait des conséquences beaucoup plus importantes et graves, notamment pour les Marquises, les Tuamotu et la Société. Sur l’ouest, on a une route privilégiée entre Tahiti et les Australes qui est moins dangereuse.”
    Si le bilan meurtrier du typhon de 1903 aux Tuamotu (plus de 500 morts) n’a heureusement plus été égalé depuis, le Pays garde encore en mémoire les ouragans plus récents qui ont balayé le territoire. En avril 1983, le cyclone Veena, s’inscrivant dans une série de six typhons ravageurs, avait fait un mort à Tahiti, 25 000 sans-abri, et avait coûté près de 6 milliards de francs au Pays.

    Marie Guitton

     

    pito 2015-10-05 20:51:00
    Avez vous déjà mis en place des moyens pour aidé les habitants du marquise,la société... Et qu''''es que c''''est?
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