Élections à Bougainville sous haute surveillance

    lundi 11 mai 2015

    Les élections censées désigner les prochains membres du Parlement de la province autonome de Bougainville (Papouasie-Nouvelle-Guinée) ont démarré lundi dans un climat relativement apaisé, après des années de guerre civile sur fond de revendications sécessionnistes, dans les années 1980 et 1990.
    Au plan des observateurs internationaux et régionaux chargés d’observer le déroulement de ce scrutin, le Forum des îles du Pacifique a déployé sur place une importante délégation, composée notamment de membres de bureaux électoraux de pays voisins, dont Fidji, qui en assure la présidence.
    Au total, ils sont quelque 75 scrutateurs locaux et une cinquantaine d’internationaux.
    Outre les observateurs fidjiens, ils proviennent de pays comme le Vanuatu, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, le Japon, la France ou encore le Royaume-Uni.
     
    Les opérations de vote ont été étalées sur deux semaines. Elles devraient déboucher sur une nouvelle législature pour le petit Parlement de cette province qui bénéfice d’un statut d’autonomie élargie en vertu d’accords signés entre le gouvernement central papou et les représentants de cette province.
    Largement motivé par des revendications foncières liées à l’exploitation de la mine de cuivre de Panguna, ce conflit avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1987 et 1999 et forcé la compagnie australienne Rio Tinto à cesser ses opérations sur ce site, réputé l’un des trois plus gros gisements du monde à ciel ouvert.
     
    Cette mandature devrait aussi être celle de la mise en œuvre des accords de paix, avec la possibilité pour la population de Bougainville de se prononcer d’ici à 2020 sur une éventuelle indépendance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
    En vertu des lois mises en place, une fois élu, le Parlement devrait, en fonction des majorités et des alliances entre formations, choisir un gouvernement, qui sera le troisième depuis la mise en place des accords de paix.
     
    Environ 340 candidats (dont plus de 10% de femmes, une première sur cette île) briguent l’un des 40 sièges au sein de cette assemblée. Un peu plus de 170 000 électeurs sont inscrits sur les listes. Pour certaines circonscriptions, des dispositions spéciales réservent des sièges aux femmes, mais aussi à des individus jouissant du statut reconnu d’ancien combattant au cours des hostilités des années 1990.
     
    Parmi les sujets qui ont fait débat au cours de cette campagne : l’autosuffisance de Bougainville en vue d’une éventuelle indépendance et l’épineux dossier minier, avec en filigrane les négociations avec des partenaires exploitants multiples et variés, tous désireux de relancer l’activité sur le site de Panguna.
    Les premiers résultats de ce scrutin devraient commencer à filtrer à la fin de la première semaine de juin 2015.
    Le Président du gouvernement sortant, John Momis, brigue un nouveau mandat.
     
    Flash d’Océanie
     

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