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Élections européennes : Éric Minardi “accuse Macron de vendre notre ZEE”

mardi 14 mai 2019

Éric Minardi : “Gaston Flosse sera marqué à vie par le soutien qu’il a apporté à Marine Le Pen pour la présidentielle. Il fait l’erreur de choisir Les Républicains, mais les LR ne veulent pas de lui, ni du Tahoera’a.” Photo : Bertrand Prévost

Éric Minardi : “Gaston Flosse sera marqué à vie par le soutien qu’il a apporté à Marine Le Pen pour la présidentielle. Il fait l’erreur de choisir Les Républicains, mais les LR ne veulent pas de lui, ni du Tahoera’a.” (Photo : Bertrand Prévost)


Le Rassemblement national l’avait promis, c’est aujourd’hui chose faite. Éric Minardi est le seul candidat de Polynésie française à pouvoir être élu au Parlement européen. Il nous a reçu dans son restaurant où il aborde la question des élections à l’échelle nationale car il sait que localement, la concurrence sera rude.

 

Vingt-quatrième sur la liste du Rassemblement national, c’était attendu ?

Lors de la venue de Louis Aliot, il en avait parlé. Il avait dit que je serais en position éligible. Bien entendu, ses propos n’ont pas été pris au sérieux. Marine Le Pen me connaît, a une affection toute particulière pour la Polynésie, avec les Polynésiens. Nous lui avons amené 33 parrainages pour sa campagne présidentielle.

 

Des meetings ou des réunions publiques sont-ils prévus avant le scrutin ?

Je ne crois pas trop aux meetings. Quand on voit Oscar Temaru, incapable de mobiliser plus de 100 personnes, quand on voit Gaston Flosse faire des meetings à 20 ou 30 personnes, c’est beaucoup d’énergie perdue. J’ai déjà fait des réunions à Punaauia, à Taravao, avec des gens qui vont coller les affiches, coller les tracts, etc.

 

Ces électeurs, il va falloir aller les chercher. Localement, vous plafonnez à 1 %.

Localement, les trois grands partis se servent de cette élection pour préparer les municipales. C’est terrible. Gaston Flosse a fait une erreur en ne continuant pas sur sa lancée et soutenir le Rassemblement national. Je pense que La ReM sera derrière nous, idem pour les Républicains. Qui a voté une fois avec le Rassemblement national est marqué à vie. On le voit avec Dupont-Aignan. Gaston Flosse sera marqué à vie par le soutien qu’il a apporté à Marine Le Pen pour la présidentielle. Il fait l’erreur de choisir Les Républicains, mais les LR ne veulent pas de lui, ni du Tahoera’a. Concernant mon score, de toute façon, si on n’a pas les tavana avec nous, on n’a pas la population. Dans les îles, certains ont voté à 82 % au 1er tour pour Marine Le Pen, puis ont voté pour Macron au second tour, après quelques coups de fil du Tapura. Ils leur ont dit : “Si vous voulez votre salle omnisports ou autres, il va falloir voter Macron”.

La population suit les consignes du tavana alors nous, sans représentation dans les mairies, sans représentation locale solide, ce sera dur, mais cette élection se fait à l’échelle nationale.

 

Il est trop tôt selon vous pour parler des élections municipales ?

Bien sûr. Ce qui est important, c’est qu’un Polynésien soit en position éligible. C’est une première. Aucune grande liste n’a jamais fait confiance à un Polynésien. On a eu Maurice Ponga, un Calédonien, qui a beaucoup porté les dossiers calédoniens. Pas trop les nôtres, à part peut-être l’assainissement de la ville de Papeete.

 

Vous avez discuté de la répartition des crédits européens dans le Pacifique avec Jordan Bardella, tête de liste RN ?

Cela fait partie des points que nous allons mettre en avant. Ramener des fonds pour les infrastructures de nos communes est primordial pour nous. Nous sommes un PTOM, ce qui ne nous permet pas d’accéder à tous les fonds qui vont essentiellement aux RUP (région ultrapériphérique dont font partie les DOMTOM).

Ce qui est scandaleux, c’est que lorsque l’Union européenne n’est pas intéressée par nos projets, nous sommes des étrangers. Quand cela les intéresse pour des raisons économiques et douanières, alors là, nous sommes français et nous sommes soumis à leur diktat.

Pour cela, nous allons créer une possibilité de monter des Zones ultramarines françaises d’investissement prioritaire, qui nous permettraient d’accéder plus facilement à des fonds européens. Mais nous restons PTOM, nous ne passons pas RUP.

 

Dans le programme du RN, vous voyez les outre-mer comme un secteur porteur d’innombrables créations d’emplois. Quelles sont les niches de création d’emplois ?

Dans le domaine de l’énergie déjà. Nous n’utilisons pas un dixième de ce nous pourrions produire avec nos océans. Il y a aussi la biodiversité, les ressources de la ZEE avec la pêche. Si on donne des moyens supérieurs à l’Ifremer, nous pourrions aussi relancer la recherche. Nous avons toujours voulu créer une université internationale de la mer en Polynésie. Je porterai ce projet à l’Union européenne.

 

Dans le programme, il y a aussi un fort chapitre sur la sécurisation de notre ZEE.

Oui, et j’accuse. J’accuse Emmanuel Macron de vendre notre ZEE aux pêcheurs chinois. On vend nos aéroports aux Chinois, et en contrepartie, on les laisse pêcher dans notre zone. Ils sont à l’extérieur de la zone, légèrement à côté, mais avec leurs filets dérivants de plusieurs kilomètres qui sont dans nos eaux, ils assèchent nos ressources.

 

Vous comptez sur l’Europe pour régler ce problème ?

Je souhaite que l’on puisse aborder le sujet de la surpêche qui ne doit pas pénaliser les Polynésiens. Mais il y a aussi des pêcheurs espagnols, il n’y a pas que la Chine.

 

Édouard Fritch souhaite négocier le prochain Fonds européen de développement pour l’orienter vers les communes pour l’assainissement et l’eau potable. Le programme du RN tend à utiliser ce fonds pour sécuriser la ZEE.

Ce que l’on veut, c’est qu’un maximum de fonds arrive en Polynésie pour améliorer les infrastructures des communes. Je me battrai pour cela. Quand on voit que certaines communes ont de la boue aux robinets lorsqu’il
pleut, ce n’est plus possible en 2019. Il faut que les maires viennent vers moi pour parler de cela. On n’a pas les même problèmes à Punaauia qu’à Mahina.

 

Le RN souhaite mettre en place l’exception agriculturelle. Qu’est-ce que cela signifie ?

Notre agriculture est en grande difficulté. Dans l’Europe, nous subissons le dumping et le chantage. Cela amène des agriculteurs au suicide. Cela amène les agriculteurs à se détourner de leur métier. Nous voulons remettre tout cela à plat.

 

Si vous êtes élu, vous serez parlementaire européen ou parlementaire polynésien ?

Je serais un parlementaire français, en charge de l’outre-mer. Je tiens quand même à amener mes compétences et ma connaissance de la Polynésie au Parlement européen.

 

Toujours si vous êtes élu, comment allez-vous travailler. Vous serez toujours à Bruxelles ou à Strasbourg ?

Je travaillerai déjà avec les parlementaires polynésiens de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi qu’avec le gouvernement local. Je les ai vu à l’œuvre sur le nucléaire. Je veux porter le fait nucléaire devant l’Europe. J’estime qu’aujourd’hui, nous avons suffisamment discuté de ce problème avec la France. La France possède 54 centrales nucléaires. Les jours de grand froid, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique utilisent ces centrales. Et elles existent grâce au travail du CEP. EDF donne 1 % de son chiffre d’affaires à son comité d’entreprise, soit entre 90 et 100 milliards de francs par an. Pourquoi ne pas imaginer qu’elle en fasse autant pour la Polynésie ? On ne peut pas aussi nous aider ?

 

La reconnaissance de la France, ce n’est pas suffisant ?

C’est de la com. La France est la mère patrie et doit protéger tous ces enfants. Et il faut que nous portions cela devant l’Europe. (…) Je ne suis pas achetable, et j’irai au bout de mes idées.

 

Propos recueillis par Bertrand Prévost

 

 

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