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Élections européennes – Tearii Alpha : « L’Europe, une super-puissance de paix »

jeudi 23 mai 2019

Tearii Alpha : “Demain, l’Europe va également être une chance pour la Polynésie française pour des sujets comme les changements climatiques, notre adaptation à ces changements et le développement durable.” (© archives LDT)

Tearii Alpha : “Demain, l’Europe va également être une chance pour la Polynésie française pour des sujets comme les changements climatiques, notre adaptation à ces changements et le développement durable.” (© archives LDT)


Tearii Alpha, maire de Teva i Uta et ministre de l’Économie verte, est engagé sur la liste Renaissance de la majorité présidentielle à Paris pour les élections européennes. Il lui sera difficile d’être élu ce dimanche, mais il souhaite apporter au président Macron le soutien du Pays dans ses projets. Un échange de bons procédés.

Pourquoi être allé sur la liste Renaissance ? Est-ce réellement une demande du président de la République ? Lors d’un déjeuner-débat, vous expliquiez que c’était un retour de service envers lui…

Si j’ai accepté d’être candidat, soutenu par le Tapura huiraatira, sur la liste Renaissance de la République en marche, du Modem et d’Agir, c’est parce que ce projet de liste défend résolument un projet européen. Le discours est clair.

Demain, la Polynésie française aura beaucoup à gagner dans le Pacifique avec cette démarche pro-européenne.

C’est aussi une liste qui propose de faire face à de grands défis. Il y a le défi du climat, celui de l’économie, celui du social. Nous avons beaucoup apprécié le projet qui veut transformer l’Europe en super-puissance verte, avec des projets d’énergies renouvelables, des projets vers le développement durable.

L’Europe est aussi le régulateur de la mondialisation aujourd’hui. Si l’Europe n’était pas là, quelle serait l’état du monde avec cette bataille commerciale que se livrent les Chinois, les Américains et les Russes ? Enfin, l’Europe a une ambition sociale reconnue mondialement et nous avons intérêt à être de ce côté-là.

C’est pour cela que j’ai accepté de soutenir la demande du président. Et puis, soyons pragmatiques. Jusqu’en 2022, le président Macron va porter la voix de la France à Bruxelles. Qui mieux que lui va porter les intérêts de la France en Europe ? Nous sommes dans ce sillage et nous souhaitons le valoriser pour la Polynésie.

 

La Polynésie a déjà du mal à se situer en France. Comme va-t-elle se situer en Europe ?

Pas du tout, ce n’est pas vrai. La Polynésie est reconnue dans son statut d’autonomie. Il est reconnu dans la Constitution, donc non seulement elle a sa place, mais elle est organisée par rapport à l’État. Sa volonté de différentiation est portée par le président de la République pour travailler autrement au sein de la République.

La Polynésie française est reconnue en Europe. Si nous avons intégré le Forum du Pacifique, il y a deux ans, c’est parce que la France a accepté que, malgré le fait que nous ne soyons pas indépendants, nous puissions être autour de la table avec ces pays du Pacifique.

Demain, l’Europe va également être une chance pour la Polynésie française pour des sujets comme les changements climatiques, notre adaptation à ces changements, le développement durable. Cela va nous permettre aussi l’élévation du niveau social et le développement humain dans le Pacifique. Voilà les sujets que nous souhaitons porter au nom de l’Europe dans le Pacifique de demain.

 

Quels sont les dossiers que vous aimeriez faire remonter du Pacifique vers l’Europe ?

Concrètement, le décalage horaire entre la Polynésie et l’Europe est une chance. À l’heure de la transition numérique, être à douze heures de décalage va permettre à la Polynésie d’accueillir dans son territoire la délocalisation de la matière grise. Nous allons mettre en place un projet de H24 entre la Polynésie française, Paris et Bruxelles.

Deuxième projet, c’est l’économie de la biodiversité. Nous devons valoriser notre nature, mais également la protéger. Avec des labels, des brevets et une connaissance, je suis sûr que la biodiversité de la Polynésie va s’exporter demain.

Enfin, nous avons une forte ambition touristique et économique et nous avons besoin d’être soutenus dans nos aménagements structurants, dans toutes les îles. Il est important de trouver des cofinancements. Nous ne pouvons pas tout financer tout seul par la fiscalité. La chance du FED (Fonds européen de développement, NDLR), c’est que les investissements soutenus en Polynésie viennent des impôts et taxes européens, sur la population d’Europe. Par solidarité, l’Europe va nous aider.

 

Votre affiliation a fait grincer des dents alors que nos députés et sénateurs ne siègent pas dans les groupes de la majorité à Paris. De plus, il y a peu encore, vous étiez en campagne pour Alain Juppé en attendant l’investiture UMP puis Les républicains. C’est un peu spécial, non ?

Je reste cohérent. Alain Juppé était candidat à la présidentielle. Il n’a pas gagné. Nous avons soutenu un projet puis soutenu le président Macron au second tour des Présidentielles.

Aujourd’hui, nous soutenons le président de la République dans son projet pro-européen. La chance que nous avons, c’est qu’il va être la voix de la France pour les trois prochaines années, au moins. Qui mieux que lui pour représenter les problèmes du Pacifique dans le grand débat européen de demain ?

À l’Assemblée nationale, nous sommes dans le groupe UDI, mais nous ne faisons pas d’opposition négative avec le Parlement. Nous soutenons les textes de la majorité en défendant notre spécificité polynésienne.

 

La Polynésie va prendre beaucoup d’importance dans le Pacifique avec le départ de certains pays liés par le Brexit. Vous souhaitez être le relais de la France et de l’Europe ici ?

Nous sommes ambitieux avec la volonté du président de la République de faire confiance à Édouard Fritch qui a réussi à nous faire intégrer dans le Forum du Pacifique. Nous allons porter la voix de la Polynésie française. Et les grands enjeux du Forum, ce sont le développement durable et l’impact du réchauffement climatique. Les mêmes lignes que l’Europe.

Nous souhaitons aussi garder ce passeport européen qui est une chance pour nous dans la mobilité de nos enfants et des Polynésiens. Il est important d’être reconnus dans nos déplacements et, pourquoi pas, voir un jour l’euro en Polynésie française pour être encore plus visibles au niveau économique.

 

L’euro en Polynésie, vous y seriez favorable ?

Je ne décide pas tout seul, mais je me rappelle que, en 2006, un voeu a été voté à l’unanimité à l’assemblée de la Polynésie française. Maintenant, il faut voir comment avancer sur le sujet.

Aujourd’hui, le plus important pour nous, c’est de participer à cette élection, de démontrer aux Polynésiens qu’il y a intérêt à considérer l’Europe, qui est une super-puissance de paix, une super-puissance qui veut transformer le Pacifique en modèle de développement vert et avoir la voix du président de la République comme défenseur de tous nos projets européens de demain.

 

Une abstention forte samedi, ce serait un échec pour vous ?

Le plus important, c’est le résultat. Le taux de participation, évidemment que tout le monde le souhaite plus haut. Mais ce qui est important, c’est ce qui ressort des urnes.

 

Propos recueillis par Bertrand Prévost

 

 

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