Elections israéliennes: le parti de Netanyahu en tête selon des résultats préliminaires

    mardi 17 mars 2015

    Le parti du Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu est arrivé en tête des élections avec près de 24% des voix selon des résultats préliminaires, déjouant les pronostics et semblant conférer à M. Netanyahu un avantage pour former le prochain gouvernement.
    Le Likoud devançait mercredi matin la liste de centre gauche Union sioniste de son principal rival Isaac Herzog qui obtenait 19,06% des suffrages, selon la Commission électorale centrale, après dépouillement de 70% des bulletins de vote.
    La Commission n’a pas précisé pas ce que cela représentait en termes de sièges à la Knesset (parlement), qui en compte 120.
    Mais la radio publique israélienne a déclaré que les pourcentages communiqués par la Commission représentaient 30 sièges pour le Likoud et 24 pour l’Union sioniste.
    M. Netanyahu avait revendiqué la victoire mardi soir, et ces résultats semblent lui assurer un troisième mandat consécutif, son quatrième mandat en comptant celui de 1996-1999.
    « Contre tous les pronostics, nous avons signé une grande victoire pour le camp national sous la conduite du Likoud ! », a-t-il lancé devant ses supporteurs en liesse à Tel-Aviv. A présent, « nous devons construire un gouvernement fort et stable », a-t-il ajouté.
    « Tout est ouvert », a au contraire dit M. Herzog devant ses partisans, également à Tel-Aviv. « J’essaie de mettre tout en oeuvre pour construire un véritable gouvernement social en Israël », a-t-il affirmé.
     

    – La fête chez les Arabes israéliens –

     
    Plus tôt, le Likoud de M. Netanyahu avait été crédité de 28 sièges sur les 120 de la Knesset, soit un de plus que la liste Union sioniste, dans un sondage à la sortie des bureaux de vote de la chaîne de télévision Channel 2. Les deux listes étaient en revanche à égalité avec 27 mandats dans deux autres projections de Channel 1 et Channel 10.
    La dispersion des voix entre une dizaine de partis et la complexité des alliances possibles rendaient alors incertain le nom du prochain Premier ministre.
    Ce dernier sera appelé à gérer les relations dégradées avec le grand allié américain, à faire face à l’offensive diplomatique palestinienne et aux menaces sécuritaires, et à répondre aux vives attentes économiques et sociales.
    M. Netanyahu, au pouvoir depuis mars 2009, semble mieux placé que M. Herzog pour être appelé par le président israélien Reuven Rivlin à former un gouvernement. 
    « Netanyahu a réussi son coup. Il est parvenu à remonter la pente au finish. Il peut soit former un gouvernement de droite avec les partis religieux et Avigdor Lieberman, soit un gouvernement d’union nationale », dit Claude Klein, spécialiste de droit constitutionnel à l’Université hébraïque de Jérusalem.
    « Sur le papier, Herzog n’a aucune chance de constituer une majorité qui dépendrait du soutien de la liste arabe », a-t-il dit.
    « Nous sommes déçus », ne cachait pas un sympathisant de M. Herzog, « Netanyahu a remonté la pente ces trois derniers jours ».
    L’heure était au contraire à la fête à Nazareth, au quartier général de la liste représentant les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d’Israël en 1948.
    Cette liste a créé un autre événement de ce scrutin en terminant troisième avec 13 sièges selon les sondages. Mais son soutien à M. Herzog pourrait faire perdre à ce dernier d’autres partenaires éventuels. 
    Les sondages confirmaient par ailleurs le rôle de faiseur de roi prédit à Moshé Kahlon, un ancien du Likoud qui ratissait au centre et s’est jalousement gardé d’énoncer ses intentions. M. Netanyahu lui avait promis le portefeuille des Finances.
    Une fois que les résultats officiels auront été proclamés, peut-être d’ici la fin de la semaine, M. Rivlin aura sept jours pour choisir à qui confier la formation du gouvernement. Les consultations ont commencé dès mardi.
    Le scrutin, auquel ont participé 71,8% des électeurs (contre 67,8% en 2013), passait dans une large mesure pour un référendum pour ou contre M. Netanyahu.
    Il avait lui-même a provoqué ces élections plus de deux ans avant l’échéance en rompant fin 2014 une coalition gouvernementale trop indisciplinée à son goût.
    Il se pensait en position de force face à ses adversaires, à commencer par M. Herzog, un avocat de formation de 54 ans, plusieurs fois ministre.
     

    – Poursuite de l’offensive diplomatique palestinienne –

     
    Durant la campagne, M. Netanyahu s’est posé en garant de la sécurité du pays. Avant le scrutin, ses discours alarmistes et son intervention exceptionnelle devant le Congrès américain sur le nucléaire iranien semblaient ne pas devoir suffire face aux attaques de M. Herzog et de son alliée centriste Tzipi Livni sur le terrain de la cherté de la vie, du prix des logements et des inégalités.
    Face aux sondages défavorables, M. Netanyahu s’est démené dans les derniers jours pour ramener au bercail les déçus du Likoud et rallier les indécis.
    Lundi, il a encore fait monter les enchères en enterrant l’idée d’un Etat palestinien coexistant avec Israël s’il conservait son poste.
    Aussitôt après avoir pris connaissance des premiers résultats, les Palestiniens ont prévenu qu’ils intensifieraient leurs efforts contre Israël sur la scène diplomatique.
    « Il est clair que le Premier ministre Benjamin Netanyahu formera le prochain gouvernement et pour cela, nous disons clairement que nous irons à la Cour pénale internationale de La Haye. Nous allons accélérer, poursuivre et intensifier » les efforts en ce sens, a déclaré à l’AFP le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat.

    AFP

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