Un élève “fragile et fasciné par les armes” ouvre le feu dans son lycée à Grasse

    vendredi 17 mars 2017

    Des policiers du Raid sont intervenus sur les lieux. (Photo : Valery Hache/AFP)

    Des policiers du Raid sont intervenus sur les lieux. (Photo : Valery Hache/AFP)

    Un adolescent de 16 ans a ouvert le feu hier dans son lycée de Grasse, blessant sans gravité plusieurs personnes dont le proviseur, avant d’être interpellé sans opposer de résistance. Outre quatre blessés par plombs tous hospitalisés, six autres personnes ont été choquées ou blessées lors de bousculades.

    Le jeune homme, élève du lycée Alexis de Tocqueville à Grasse, est entré dans l’établissement aux alentours de 12 h 30, armé d’un fusil à pompe. Il a ouvert le feu sur trois élèves et le proviseur, qui s’est interposé pour faire cesser la fusillade et dont “l’héroïsme” a été salué par les autorités.

    Confirmant le bilan de quatre blessés par ces tirs “dont aucun en urgence absolue”, la procureure de Grasse Fabienne Atzori a expliqué que les motivations de l’auteur de la fusillade “semblent liées aux mauvaises relations qu’il entretiendrait avec d’autres élèves” de l’établissement.

    Portant plusieurs armes, “il n’aurait utilisé que le fusil à pompe”, a-t-elle ajouté. “Aucun élément, aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprise terroriste”, a-t-elle encore souligné lors d’une conférence de presse, précisant que le jeune homme a été placé en garde à vue pour “tentatives d’assassinats”. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Nice.

    Il s’agit “visiblement de l’acte fou d’un jeune homme fragile et fasciné par les armes à feu”, a déclaré sur place la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem. “Les investigations qui sont en cours vont déterminer si l’agresseur a bénéficié d’une complicité, si l’agresseur avait des motivations spécifiques pour agir ainsi.”

     

    “On va mourir !”

     

    Le suspect, inconnu des services de police, paraît avoir agi seul. Le jeune garçon est le fils d’un élu municipal de droite de Grasse, selon un proche du père, qui décrit des parents “très proches” de leurs enfants.

    Sur des comptes Facebook, Twitter et YouTube correspondant au nom du suspect, figurent plusieurs photos et vidéos de tuerie comme celle de Columbine aux États-Unis – une fusillade survenue dans un lycée du Colorado qui avait fait 15 morts dont ses deux auteurs en 1999 –, ou encore une vidéo d’une personne avec un masque de clown monstrueux brandissant un pistolet.

    Des armes de poing et des grenades – sans doute des grenades à plâtre – ont été découvertes sur le jeune tireur, sans que leur dangerosité n’ait été évaluée dans l’immédiat. Un engin explosif artisanal a été retrouvé dans son sac à dos avant d’être désamorcé dans l’établissement.

    Le confinement de tous les établissements scolaires du département, déclenché peu après la fusillade, a été levé dans l’après-midi. Les accès au lycée Tocqueville, un grand lycée général et technologique accueillant plus de 900 élèves sis dans un bâtiment moderne de la périphérie de Grasse, avaient été complètement bloqués et la presse était maintenue à distance. Un hélicoptère survolait régulièrement la zone.

    Dans le courant de l’après-midi, vers 17 heures, les lycéens quittaient l’établissement, portant tous un bracelet d’identification posé auparavant par les pompiers, la plupart éprouvés, accompagnés de leurs parents, très bouleversés. Sonia, une mère de 42 ans, sort avec Inès, élève de première, 16 ans et raconte : “Imaginez, elle m’envoie vers 12 h 30 un texto : “On va mourir, quelqu’un a un fusil, je t’aime maman. Adieu !””

    Selon le rectorat, les cours dans ce lycée ne devaient pas reprendre aujourd’hui mais l’établissement sera ouvert et une cellule d’écoute sera en place pour ceux qui souhaitent venir. La fusillade avait entraîné le déclenchement de l’alerte attentat de l’application pour smartphones SAIP par les autorités : la mention “Alerte attentat” au “Lycée Alexis de Tocqueville” est apparue sur les écrans des téléphones mobiles équipés, avant d’être levée dans l’après-midi.

    L’explosion hier également d’une enveloppe piégée au FMI  et la fusillade dans le lycée de Grasse conduisent à “justifier l’état d’urgence”, qui “durera jusqu’au 15 juillet”, a réaffirmé François Hollande lors d’un déplacement en Corrèze.

     

    AFP

     

     

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