Habillage fond de site

Des élèves de Moorea apprennent à prendre soin de leur lagon

vendredi 22 mars 2019

1MOO 5 teavaro

 

Dans le cadre d’un projet du dispositif d’une aire marine éducative, l’école de Teavaro à Moorea a reçu hier Kyle Newmann, doctorant en biologie marine, accompagné d’une vingtaine d’étudiants hawaiiens en stage à l’institut de recherche Berkeley. Cette visite du chercheur s’inscrit dans un processus de recherche sur la qualité des eaux de rivière et de lagon mené en partenariat avec une cinquantaine d’élèves de CM1 impliqués par l’Aire marine éducative. Après une première série de prélèvements faite en septembre sur différents sites de Teavaro proche de l’établissement scolaire, l’heure était à la restitution des analyses effectuées par le chercheur.

Après un accueil fait dans la tradition par les élèves de Teavaro, avec orero, chants de bienvenue, et une danse des Hawaïens, en réponse, tout le monde était convié à la salle de réunion de la mairie de Teavaro pour la restitution des travaux consécutifs aux différents prélèvements effectués en septembre par Kyle Newmann et les élèves de CM1. Pour les élèves de Teavaro et leurs enseignants, l’objectif premier est d’en savoir plus sur la qualité de l’eau de l’Aire marine éducative (AME) d’une surface qui approche les 5 hectares située en face de leur établissement. Une première à Moorea. Cet espace maritime pourrait, à terme, devenir un jardin de corail ou un aquarium naturel, mais aussi un espace qui servirait aux élèves à la pratique de la natation.
Mais il y a du chemin à parcourir avant d’en arriver là, comme ont pu le constater les élèves de Teavaro après avoir écouté les constats du chercheur. L’eau du lagon de Teavaro est polluée. Le corail qui s’y trouve est pour la plupart mort. Maintenant il faut comprendre pourquoi ? C’est là toute l’utilité des recherches qui ont été menées, côté mer et côté montagne. Des prélèvements ont été effectués sur six sites différents, dans le lagon, aux embouchures de deux rivières, en pleine eau, dans les cours d’eau en zone d’habitat et en montagne. Le constat n’étonne personne, plus on se dirige vers le fond de la vallée, plus l’eau est bonne. Plus on se rapproche du lagon, plus elle est polluée. L’un des facteurs de cette pollution, c’est l’apport terrigène transporté par les rivières et rejeté dans le lagon. Cela est particulièrement vrai en période de fortes pluies. Une boue qui provient d’écoulements qui ne bénéficient plus de ses filtres naturels constitués par la végétation. Et pour ne pas arranger les choses, cette boue, qui a circulé un peu partout dans les champs ou dans les zones d’habitat, collecte tout sur son passage, résidus d’engrais chimiques, déchets divers, etc. Résultat, après son périple sur terre, la boue tombe dans la rivière qui termine sa course… dans le lagon. L’eau de mer est alors infectée, polluée, et ce premier effet visible, une croissance inhabituelle d’algues marines qui recouvrent les coraux et qui les asphyxient : c’est la mort du lagon.

Renverser la situation

Pour Hinano Murphy, de l’association te pu atitia qui accompagne le projet, “bien gérer un espace maritime commence par mieux comprendre ce qui se passe à terre”. L’approche culturelle de la gestion de l’espace foncier et maritime est donc indispensable. “Il faut bien connaître la terre qui borde le lagon, son caractère culturel, ses toponymes. Chaque nom d’un site a une signification qui précise son utilisation, comme le faisaient nos anciens qui concevaient la gestion du patrimoine foncier en fonction de l’impact qu’il peut avoir sur son patrimoine maritime.”
S’en suivent les actions concrètes réalisables sur le terrain avec les premières recommandations faites par Kyle Newmann : “Il faut protéger les berges des rivières comme elles l’étaient naturellement avant. Un cours d’eau bordé d’arbres reste protégé des écoulements terrigènes car cette végétation sert de filtre. Ensuite il ne faut pas se servir des rivières comme une poubelle, car tout se retrouvera dans le lagon.”
Cette matinée, comme le souligne Lena Marchal, directrice d’établissement, n’est qu’un début d’un processus qui s’étalera sur plusieurs années. “Après des premiers prélèvements effectués en septembre, une seconde journée de prélèvement se fera à la suite de cette rencontre. Une troisième série devrait avoir lieu en juin. L’objectif consiste à comparer ces trois séries d’analyses pour déterminer s’il y a une évolution de la situation, positive ou négative, ou si cette situation de pollution est stagnante. Ces analyses devraient ensuite être reconduites l’année prochaine, elles seront suivies avec ces mêmes élèves.”
Kyle Newmann le confirme sans détour : “L’ état de pollution de cette parcelle du lagon de Teavaro n’est pas une situation de non-retour… Ce qui est important, c’est de définir les causes de cette pollution pour arriver à la combattre. C’est tout l’objet de ces prélèvements que nous menons avec ces élèves de Teavaro.”
Pour poursuivre leurs recherches, les élèves ont demandé au maire de prendre une délibération qui les autorisera à effectuer des travaux de recherche sur le site de l’Aire marine éducative, qui reste un espace public maritime.

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