Élie Semoun, du rire “À partager”

    mercredi 23 mars 2016

    L’humoriste Élie Semoun est arrivé lundi soir à Tahiti avec, dans ses valises, les nombreux personnages qui font partie de son nouveau
    spectacle intitulé À partager. Il les incarnera ce soir et demain soir dans le cadre du motu de l’InterContinental Tahiti, avant de poursuivre sa route vers la Nouvelle-Calédonie, puis la métropole. Nous l’avons rencontré , au cours d’une conférence de presse
    des plus… détendues.

    Avez-vous hâte de découvrir le public polynésien?
    Ah oui ! Par contre, je suis en terrain inconnu et ça me fait peur. C’est une histoire de premier degré et de second degré. Par exemple, j’ai un sketch sur un pédophile qui revient de Thaïlande et qui est tout content. Lui, c’est plutôt les rapports humains qui l’intéressent, il s’en fout de la plage. Est-ce que les gens vont comprendre que c’est un personnage et qu’il y a du second degré et que je ne fais pas la promo d’un mec comme ça, mais qu’au contraire, j’ai un recul par rapport à ce gars-là ? Je vais faire aussi un handicapé moteur, est-ce que les gens ne vont pas se dire : “Oh la la, mais il se fout de la gueule de ces gens-là” ?

    Il y a beaucoup de second degré dans vos sketches ?
    À fond, oui ! Mes inspirations sont très noires. Moi, j’ai l’impression d’être un enfant face à la réalité. J’ai peur de tout ce que je vois. J’allume ma télé et je vois des connards qui se font exploser, j’entends parler de pédophilie, j’entends parler de racisme. Ça me fait peur. Comme je suis un artiste, je crois que je ne suis pas vraiment adapté à la vraie réalité, donc ça passe par mon prisme et ça ressort avec des personnages dégueulasses. C’est ma façon à moi d’extérioriser ma sensibilité. J’assume mon homosexualité. (rires) Non, en fait, c’est un rire libérateur. Au début du spectacle, je dis aux gens : voilà, j’ai un sketch sur un djihadiste, est-ce que je le garde ? Est-ce que je le fais sauter ? Et là boum, les gens rigolent, et puis ça va mieux après.
    Souvent, mes potes m’ont dit, c’est courageux entre guillemets. C’est vrai que j’aime bien aborder les sujets qui ne sont pas des choses superficielles. Même si je ne me prends pas pour un grand philosophe.

    Combien de temps avez-vous mis pour préparer ce spectacle ?
    Trois jours… (rires) non, j’ai mis on va dire un an. – (Il met un bouchon rouge sur son nez) C’est vraiment le truc le plus drôle que j’ai fait depuis longtemps ! – Haha ! oui, donc environ un an. J’ai écrit avec Muriel Robin, après j’ai écrit avec deux gars, qui sont maintenant les auteurs des Guignols, qui ont beaucoup de talent et qui sont allés dans mon côté trash.
    Vous verrez, c’est en même temps assez intime, puisque je parle de mon fils, et tout ce que je raconte est vrai. Par exemple, je parle d’un chagrin d’amour que j’ai eu. Et puis, à côté de ça, des personnages horribles. On va dire que c’est un mélange. C’est le marché, tu prends ce que tu veux.

    “Comme je suis un artiste, je crois que je ne suis pas vraiment adapté à la vraie réalité.”

    C’est quoi, une journée type avec Élie Semoun ?
    On fait l’amour déjà toute la matinée… (rires) Ça dépend, si je n’ai rien à faire, j’aime bien la déco, le jardinage. J’ai la chance d’avoir une maison, donc je vais dans des marchés aux puces, j’achète des choses, je décore la maison, j’essaie de bricoler un peu. J’ai beaucoup de mal, mais j’aime bien ça. Sinon, j’aime lire aussi, je suis content quand j’ai trouvé un vrai bon bouquin qui me prend toute la journée.
    Mais ça, ce sont les journées où je ne fais rien. Si c’est une journée type où je travaille, je vais faire de la promo, des émissions de télé, des interviews, et en général le soir, je joue. Donc on va dire que ça commence toujours très tôt mes journées, parce que je me lève toujours très
    tôt.

    C’est quelle heure, très tôt ?
    Genre 7 ou 8 heures. (Tous les journalistes éclatent de rire.)

    Ça fait longtemps que vous êtes dans le métier. On dit que les blagues les plus courtes sont les meilleures. Comment faites-vous pour durer ?
    Ça veut dire que je suis trop vieux pour continuer ? (rires) Ça fait longtemps que je fais ça, mais justement, s’il y a encore du monde dans la salle, ça veut dire que je peux continuer. Donc, le jour où il n’y aura plus personne, où je comprendrai que je suis ringard, has been, je comprendrai qu’il faudra que j’aille m’occuper de mes plantes et que j’arrête de faire rire. Pour l’instant, j’ai du succès, donc je touche du bois.
    Mais ma particularité est que je parle de l’humain. Je ne fais pas un spectacle de chansonnier, je ne fais pas un spectacle politique. Je parle des failles de l’être humain, du mensonge, de la trahison, de la tromperie, de la bêtise, du racisme, de la violence, donc ça, c’est éternel, ça ne s’arrêtera jamais.

    Quelle est votre blague préférée ?
    Ma blague ? Oh non, malheureusement, je n’en ai pas. Je suis un très mauvais client pour ça, je ne connais aucune blague. Je suis désolé… Je vous déçois ?

    Non, ça va. Y a-t-il eu des fois où vous avez fait rire sans en avoir eu l’intention ?
    Ben, quand j’ai dit que je me levais à 7 heures du matin et que pour moi, c’était très tôt et que vous vous êtes tous foutu de ma gueule. Voilà, c’est un exemple parfait !

    Quel est votre programme après Tahiti ?
    Je vais jouer en Nouvelle-Calédonie, puis retour en métropole où j’ai des dates en province. Après, je vais jouer au Casino de Paris en novembre-décembre. Entre-temps, en juin, j’aurai fait une voix dans L’Âge de glace, avec Vincent Cassel.
    J’étais censé faire un film cet été, mais c’est tombé à l’eau. Donc je ne sais pas, peut-être que je reviendrai ici…

    Propos recueillis par V.H.

    Pratique

    Élie Semoun, À Partager
    Venez découvrir Fabrice, la patronne du spa ; Xavier, l’handicapé moteur et dragueur ; Oussama Ben Dubois, djihadiste débutant ; MAPI Couguar, gourmande et épanouie ; Jean-Louis, le nouvel élu d’une mairie fasciste ; un pervers ravi des “rapports humains” en Thaïlande et bien d’autres nouveaux personnages inventés par Élie Semoun.
    Mercredi 23 et jeudi 24 mars, à 19 h 30, sur le motu de l’InterContinental Tahiti. Apéro sunset musical à partir de 18 heures avec Kurahei Bennett (voix – Tahitian Voice 2015) et Silvio Cicero (guitare – Tahiti Festival Guitare).

    Tarifs :
    – Fauteuil VIP : 10 000 F
    Installé dans un fauteuil placé dans les cinq premières rangées de sièges devant la scène, vous profiterez du spectacle dans des conditions privilégiées. Votre place VIP vous donne droit à une coupe de champagne et vous bénéficierez pendant toute la soirée d’un service au siège par une équipe dédiée de l’InterContinental.
    – Chaise : 7 000 F
    Les chaises sont toutes idéalement situées face à la scène.
    – Debout : 6 000 F
    Les places debout sont situées derrière la dernière rangée de chaises. Places limitées. Billets en vente dans les magasins Carrefour Arue et Punaauia, à Radio 1 Fare Ute et sur www.radio1.pf.

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