Émile Vernier repart au combat

mardi 11 août 2015

L’infatigable Émile Vernier, président du Syndicat de défense des intérêts des retraités anciens et futurs (Sdiraf), voit rouge, rouge comme les comptes de la CPS pour le paiement des retraites actuelles et futures.
Selon ce dernier, “en 10 ans, les ressources de la retraite ont augmenté de 81 % quand les dépenses ont augmenté de
120 %. En 2014, les recettes se montaient à 25,170 milliards F contre 29,665 milliards F pour les charges, soit un déficit de 4,495 milliards F. Depuis 2009, le déficit cumulé de 23,5 milliards F.”
Le président Vernier constate que la pyramide des âges montre bien la difficulté à laquelle est confrontée la CPS : “On remarque que près de
35 000 Polynésiens ont entre 50 et 60 ans, que parmi eux près de 20 000 ont entre 54 et 60 ans. Cela signifie que dans les prochaines années, toutes ces personnes sont susceptibles de bénéficier d’une pension de retraite ou du minimum vieillesse.”
Selon Émile Vernier, certains administrateurs de la Caisse ont une lourde responsabilité dans l’actuelle situation financière : “Les textes de la CPS prévoient un fonds de réserve obligatoire composé de trois années de charge pour la tranche A et
5 années de charge pour la tranche B. Ce fonds aurait dû réglementairement se monter à 1 149,131 milliards F en 2014, alors qu’il n’est que de
51,434 milliards F, dont seulement 18 milliards F en liquidités, les autres réserves étant immobilisées. La fin des réserves liquides, celle qui permet de payer les retraites est attendue pour le premier trimestre 2016 si rien n’est fait d’ici là.”
Ce qui a le don d’irriter Émile Vernier pour qui les administrateurs de la Caisse sont hors jeu.
“Comment ne pas s’étonner de les entendre annoncer leurs propres mesures alors que depuis tant d’années ils ont laissé la retraite CPS s’enfoncer vers le chaos ?”

Les solutions du Sdiraf
L’équation est claire : “Si le gouvernement ne fait rien, c’est la fin des liquidités, et, à court terme, une diminution drastique du montant des pensions et beaucoup d’incertitudes pour les futurs retraités.
Si au contraire le gouvernement prend ses responsabilités et adopte les réformes nécessaires et connues pour le 1er janvier 2016, notamment au niveau de la tranche A avec un allongement de la durée de cotisations, un recul de l’âge légal  qui est actuellement de 60 ans, une contribution exceptionnelle sans droits nouveaux pour tous, et le maintien à 70 % du taux de remplacement.
Pour la tranche B, il faudrait diminuer de la valeur du point appliquée à tous les retraités actuels et futurs B et voir le remplacement de celle-ci par une retraite complémentaire. Si on applique ces solutions les retraites peuvent être sauvées dans l’immédiat”, explique Émile Vernier.
Le Sdiraf demande “officiellement” au gouvernement “pour qu’il prenne ses responsabilités” et s’engage sur “le remboursement anticipé des sommes dues par Te autaeaeraa, sur l’affiliation de tous les élus au régime de retraite de la CPS, et la mise en place d’un représentant des retraités de CPS dans toutes les structures officielles, notamment au conseil d’administration de la CPS.”
Le Sdiraf appelle, le samedi
22 août, “tous ceux qui se sentent concernés par l’avenir de la retraite à venir manifester et à exiger du gouvernement qu’il prenne ses responsabilités”.
Un rassemblement aura lieu à partir de 8 h 30 dans la grande salle de réunion catholique, face à l’école de La Mission, avant que le cortège se dirige vers la présidence vers 9 h 30 pour tenter d’obtenir une réunion avec le président Édouard Fritch.

Pascal Martin

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