Emmanuelle Camallonga, chasseuse d’images sous-marines

    jeudi 19 mars 2015

    La semaine dernière, ses photos de deux hippocampes découverts dans le lagon de la Presqu’île ont fait le tour du web. À 47 ans, Emmanuelle Camallonga enseigne les arts appliqués au lycée de Taravao et profite de son temps libre pour effectuer au minimum trois à quatre plongées par semaine, afin de s’adonner à sa passion : la photographie sous-marine. Rencontre avec une femme curieuse, animée par un profond désir de partage, et véritable globe-trotteuse des océans.

    Diaporama

    De la découverte de la plongée…

    D’origine algérienne, Emmanuelle Camallonga a vécu en région parisienne avant de découvrir Tahiti, à l’âge de 33 ans, puis Mayotte et l’île de La Réunion, avant de revenir au fenua, il y a deux ans. “J’étais restée très marquée”, explique-t-elle, avant de poursuivre :

    “C’est une destination lointaine et particulière, et c’était aussi ma première expérience insulaire. J’ai eu envie de revenir dans le cadre de mon travail, puisque j’ai la chance de faire un métier qui me permet de bouger, mais aussi dans le but de me constituer un bagage photo et plongée plus important.”

    Sa passion pour le monde aquatique remonte à son enfance, chargée d’une foule de souvenirs qu’elle évoque avec émotion. “Petite, c’était un rêve. J’ai croisé des gens qui m’ont émerveillée et qui m’ont donné envie, des gens qui ne sont plus là, et notamment un cousin, qui m’a initiée à la chasse sous-marine.”
    Tous les étés, lors des “deux mois de mer”, comme elle se les rappelle, Emmanuelle Camallonga partait en vacances en Espagne, où elle a découvert à la fois l’apnée et la faune sous-marine. Plus tard, son envie la pousse à aller plus loin. “C’était devenu viscéral : moi aussi, un jour, je ferai de la plongée en bouteille.”
    Lorsque l’occasion se présente, Emmanuelle Camallonga est à Paris et passe son niveau 1 dans une piscine, en plein cœur de la capitale. “J’ai rencontré d’autres passionnés et, par la suite, j’ai passé mon niveau 2”, explique-t-elle. “J’ai ensuite pu partir plonger à l’étranger, et notamment découvrir les fonds de la Mer Rouge.”

    … à la photographie sous-marine

    Emmanuelle Camallonga s’est alors rapidement sentie frustrée de ne pas pouvoir communiquer de façon précise sur tout ce qu’elle avait pu voir sous l’eau. “C’est là que la photo est intervenue”, précise-t-elle alors.
    “J’ai acheté mon premier appareil argentique, étanche par construction, que j’ai toujours, même si je ne sais pas s’il marche encore. Alors évidemment, en argentique, on restait pendant une semaine ou quinze jours dans l’imagination de ce qu’on avait pu prendre comme images, et c’était la découverte, ce qui n’est plus du tout le cas avec le numérique aujourd’hui.”
    S’apercevant du prix élevé des tirages à Tahiti, Emmanuelle Camallonga est rapidement passée au numérique, il y a dix ans, alors qu’il n’en était qu’à ses balbutiements.
    Ainsi équipée, elle enchaîne les plongées et s’initie à la macrophotographie sous-marine, sans oublier ses premières fois sous l’eau :

    “Ce qui est marrant, c’est que j’ai eu l’impression de remplacer le fusil par l’appareil photo, parce que, pour moi, l’approche est vraiment similaire, et surtout, j’ai pu commencer à rapporter des photos de ce que j’avais vu.”

    Animée par sa soif de découverte, elle profite de ses mutations professionnelles et de ses voyages pour observer un maximum d’espèces, et capturer l’instant. Parmi ses plus beaux souvenirs figure une croisière en Papouasie Nouvelle-Guinée, aux eaux d’une biodiversité incroyable, où elle a pu observer et photographier des hippocampes pygmées, mesurant 6 mm seulement.
    “Mes premières baleines, ça a aussi été quelque chose d’extraordinaire”, ajoute Emmanuelle Camallonga, “notamment à La Réunion, où je pense avoir fait mes plus belles photos, bien que j’en ai fait de très belles ici aussi !”

    Lire l’intégralité de l’article dans La Dépêche de Tahiti ou sur notre feuilletage numérique.

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