Émotion palpable lors du dernier adieu à Teva Paeahi

mercredi 12 novembre 2014

Écrasé le 25 octobre à Cayenne, en Guyane, le corps du caporal-chef Teva Paeahi a été rapatrié à Tahiti, dimanche dernier.  Une cérémonie militaire lui a été dédiée ce jour-là, en présence de sa famille, avant le dernier hommage, hier, mardi, en l’église Saint-Paul de Mahina.  L’émotion était palpable et la cérémonie empreinte de solennité. Teva Paeahi a été conduit au cimetière communal de Mahina par 500 personnes.
L’église Saint-Paul de Mahina n’avait certainement pas connu une telle foule et une telle émotion depuis longtemps, comme ce fut le cas hier, mardi, en tout début d’après-midi, pour le dernier adieu rendu à Teva Paeahi, ce militaire tahitien de 35 ans, du 35e Régiment d’artillerie parachutiste (RAP) de Tarbes, en métropole, décédé le 29 octobre, à l’hôpital de Cayenne, en Guyane, des suites de ses blessures.
Quelques jours auparavant, le 25 octobre, il était sorti pour fêter son anniversaire. Après qu’une bagarre a éclaté entre des militaires et des civils, dans une discothèque, il a été écrasé volontairement par une voiture. Un jeune couple a depuis été placé en détention provisoire pour “tentative de meurtre”.
Teva Paeahi était originaire de Mahina et a étudié au lycée de Taaone. Avant d’être en mission en Guyane, Teva Paeahi était chef de pièce sur le Mistral. C’était lui qui donnait les ordres aux deux tireurs de ce système d’arme sol-air à très courte portée destinée à appuyer les blindés. Membre du 35e régiment d’artillerie parachutiste, il avait servi sur plusieurs scènes de conflits. Caporal-chef, Teva Paeahi assurait depuis la protection du centre spatial de Kourou.
Son corps avait été rapatrié à Tahiti, dimanche dernier, et son retour avait donné lieu à une cérémonie de l’armée, qui lui a rendu les honneurs, en présence de la famille, dans un hangar du détachement Air 190, à Faa’a. La famille et les proches étaient venus très nombreux à cette occasion.
Mais c’est sans doute une foule bien plus importante qui est venue hier lui dire un dernier adieu, avant qu’il rejoigne ses proches dans sa dernière demeure.
Ce sont près de 500 personnes qui se sont relayées auprès du corps, puis à la messe de funérailles, en présence du haut-commissaire de la République, Lionel Beffre, tout de blanc vêtu, comme le matin pour la commémoration de l’armistice du 11-Novembre 1918.
Nombreux étaient également les militaires, la plupart parachutistes, compagnons d’armes ou non du regretté Teva Paeahi, à commencer par les premiers d’entre eux, ses trois frères, Francesco, Guy et Michel, eux aussi militaires, très émus par le départ soudain de leur aîné.

Émus par la disparition d’un frère d’armes et de sang

Déjà ému dimanche dernier, lors de la cérémonie à Faa’a, le colonel Éric Chasbœuf l’était tout autant hier.
“Teva n’était pas qu’un soldat, c’était un parachutiste. Sa seconde famille, les parachutistes, est avec lui aujourd’hui”, a lancé, au pupitre, le militaire ému de perdre un de ses “proches”, tout comme ses compagnons d’armes, présents en l’église Saint-Paul.
Le prêtre, quant à lui, ne savait “quoi dire”. “Quoi dire, quoi faire”, s’est-il interrogé durant l’homélie. “Ce n’est pas facile d’être ici aujourd’hui”, a-t-il lâché, ému lui aussi, face à ces “cœurs chavirés de mère, de femme” qu’il avait face à lui.
À l’issue de la messe, les forces armées de Polynésie française ont rendu un dernier hommage au caporal-chef Teva Paeahi, sur le parvis de l’église, donnant un regain de d’émotion à cette cérémonie fortement empreinte de solennité.
Une longue suite de véhicules s’est ensuite mise en route vers le cimetière communal de Mahina afin que Teva rejoigne sa dernière demeure.

CC

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