Emprunt d’Aircalin : le Congrès a voté dans la discorde

    vendredi 11 août 2017

    air calin

    Montant de l’investissement : plus de 40 milliards, dont la moitié empruntée. La Nouvelle-Calédonie se porte caution à hauteur de 5 milliards. (© LNC)

    Au bout de trois heures d’incertitudes alimentées par des arguments financiers, de stratégies économique et touristique, mais aussi de politique, le Congrès a finalement approuvé par 37 voix contre 15 la caution accordée par la Nouvelle-Calédonie à l’emprunt que négocie Aircalin auprès d’un pool bancaire pour renouveler sa flotte vieillissante.

    Dans le camp des pour, l’intergroupe composé de Calédonie ensemble, du Rassemblement et du MPC, ainsi que les groupes UC-FLNKS et nationaliste. Dans le camp des contre, le groupe Les Républicains calédoniens et le groupe Union nationale pour l’Indépendance.

    La ligne de fracture n’était donc pas entre indépendantistes et loyalistes, mais entre ceux qui veulent assurer la pérennité d’Aircalin et croient en la capacité de la compagnie internationale d’aider au développement touristique du pays, et ceux qui craignent que l’ampleur de l’investissement ne fasse passer les comptes de la Nouvelle-Calédonie dans le rouge.

    L’investissement ? Il sera d’un peu plus de 40 milliards de francs pour l’achat de deux Airbus A 330neo (longs courriers) et de deux Airbus A 320neo (moyens courriers). Un quart de cette somme doit provenir de la revente des appareils actuels, un autre quart de la défiscalisation. L’autre moitié, soit une vingtaine de milliards, doit être abondée par emprunt souscrit par la compagnie elle-même. Les banques voulaient initialement que la Nouvelle-Calédonie se porte caution à hauteur de 10 milliards, elles ont finalement transigé pour une caution de 5 milliards.

     

    Deux écoles

     

    Mais, comme l’ont fait remarquer les opposants à l’opération, dont Grégoire Bernut, la Nouvelle-Calédonie étant actionnaire à plus de 99 % d’Aircalin, au bout du compte, ce sont les fonds publics que seront sollicités pratiquement à 100 % en cas de défaillance de la compagnie.

    Mais, même en ne considérant que les 5 milliards inscrits en garantie (plus 1,4 milliard de garantie à Aircal), le ratio des dettes consolidé de la Nouvelle-Calédonie va frôler la zone rouge. “C’est un signal d’alerte”, a d’ailleurs admis Philippe Germain, président du gouvernement. “Nous devrons, à l’avenir, être extrêmement vigilants.”

    La situation économique est morose, les recettes fiscales sont en retrait, le nickel est en crise et les collectivités publiques sont de plus en plus endettées. Ce qui a fait dire à Ithupane Tieoue, de l’UNI, que “cet investissement met en péril les finances du pays”.

    En fait, en matière de desserte aérienne internationale, deux écoles s’affrontent depuis des années. Deux stratégies, dont l’une a été privilégiée en 2013. Soit Aircalin continue à être le partenaire d’Air France à partir du Japon, auquel cas elle a besoin d’avions longs courriers neufs pour abaisser ses coûts d’exploitation et son budget carburant, et elle peut continuer à faire venir des touristes japonais, ceux qui dépensent le plus en Nouvelle-Calédonie. Mais cette desserte, qui a souvent été déficitaire, a un impact sur les prix des vols pratiqués vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

    Soit Aircalin redevient une compagnie “régionale” qui se concentre sur la desserte des grandes plateformes aéroportuaires des environs (Brisbane, Sydney, Melbourne, Auckland) avec une flotte moins coûteuse. Les tenants de cette stratégie considèrent qu’il en résulterait une baisse significative du prix des billets. Mais alors, quid des 533 personnes employées par la compagnie dans son format actuel.

    Les Nouvelles calédoniennes

     

     

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