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Enfants fa’a’amu : ne pas couper les racines

lundi 13 mars 2017

faamu

Chaque cas est particulier, mais souvent, il vaut mieux garder un lien avec le fenua et ajouter la culture polynésienne plutôt que la renier. (© Philippe Binet/LDT)


L’association Mafu o te moana a rencontré la Délégation de la Polynésie pour discuter du lien des enfants polynésiens adoptés avec le fenua. Révéler ou pas son origine, telle était toute la problématique que la trentaine de participants a évoquée. Des enfants polynésiens adoptés ont apporté leurs témoignages, qui ont enrichi les réflexions.

L’association Mafu o te moana a organisé, samedi dernier, une rencontre à la Délégation de la Polynésie française, à Paris, en métropole, au cours de laquelle la question du lien avec le fenua des enfants polynésiens adoptés en métropole a été abordée à travers discussions et témoignages.

Face à une trentaine de participants, Laurence Trutat, présidente de l’association, a invité Laetitia Otcenasek, psychologue clinicienne, à aborder le sujet délicat, qui crée souvent un choc pour l’enfant polynésien adopté dès son tout premier âge, à savoir son origine biologique.

Souvent, et notamment dans les cas d’adoption plénière, toute information sur ou tout lien avec la famille biologique est impossible.

Et pourtant, à une période de sa vie, l’enfant adopté se posera la question sur son pays d’origine et sur ses parents biologiques. Mais, lorsque la démarche a lieu, les conséquences peuvent parfois être inattendues.

Élevés à la mode métropolitaine et souvent dans de bonnes conditions, ces enfants fa’a’amu peuvent se sentir mieux avec leurs frères et sœurs métropolitains qu’avec ceux de Tahiti.

“Une fois sur place, on se sent complètement étranger, et pourtant…”, remar­que l’un des participants.

Même avec l’invasion des modes de vie occidentaux, les Polynésiens restent polynésiens. C’est tout un art de vivre, une culture qu’il faut intégrer. Sans compter l’accueil positif ou non de la famille biologique.

“Quand j’ai découvert mes parents (biologiques, NDLR), avec qui j’étais déjà en contact, confie une autre participante, j’ai vu plein de photos de moi sur l’un des murs du fare.” “C’est pourquoi, il faut des échanges et de la pédagogie”, conseille Laetitia Otcenasek.

“Justement, nous avons mis en place une démarche d’accompagnement, cela évite d’aller voir le psy”, soutient Laurence Trutat. De toute manière, aucun cas ne ressemble à un autre en la matière.

Béatrice Vernaudon, de passage à Paris, était présente. Elle a bien cerné le problème. Après avoir rappelé que l’adoption simple est plus courante qu’autrefois, ce qui permet de garder un lien, elle estime qu’“une adoption réussie, c’est une famille métropolitaine qui a un enfant polynésien qui ne pouvait pas rester en Polynésie pour de sérieuses raisons”.

Quoi qu’il en soit, la majorité des participants étaient de l’avis que, ajouter la culture polynésienne (mœurs, traditions, langue) à sa culture occidentale, est un véritable atout. Et au-delà, on évoque l’ajout de prénoms polynésiens, la pratique de la danse, du tatouage et les réunions et fêtes en métropole entre Polynésiens fa’a’amu pour mieux vivre cette double culture.

De notre correspondant à Paris, Philippe Binet

 

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