Habillage fond de site

« Tous ensemble contre le diabète » ou quand les associations s’associent aux professionnels de santé

mercredi 21 mars 2018

Diabète

« Tous ensemble, tous ensemble. » « Tous ensemble contre le diabète » est un atelier de formation de deux jours, organisé par le ministère de la Santé et qui réunit toutes les associations qui travaillent dans le champ des maladies non transmissibles (MNT), dont le diabète, qui a débuté hier, à l’Institut supérieur de l’enseignement privé de Polynésie, à La Mission. « L’objectif est que ces associations, qui sont sur le terrain, soient des relais et des partenaires des services de santé, qui sont relativement bien organisés mais on manque de personnes au contact des communautés, pour des actions de prévention », a dit à La Dépêche Solène Bertrand-Protat de la Communauté du Pacifique Sud (CPS), venue spécialement pour cette formation intensive.

« Elles sont là pour organiser des choses que les services de santé ne peuvent pas faire, des activités comme de la marche, des ateliers culinaires, des réunions d’information ou des groupes de parole. On souhaite qu’elles puissent soutenir les patients déjà diabétiques mais également mettre en place un travail de prévention, auprès de la population. »

Une réunion a été organisée à Fidji au mois de septembre dernier, où se sont rassemblées les associations d’une quinzaine de pays de la région Pacifique. Le même discours y a été tenu.

Solène Bertrand-Protat, en charge des trois territoires français du Pacifique – Wallis-et-Futuna, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française – y était, mais aussi Maire Tuheiava, référente diabète à la direction de la santé, présente également hier. Elle a obtenu le soutien technique et financier de la CPS, pour que cette réunion se tienne ici, avec les associations polynésiennes, qui n’ont pas pu faire le déplacement à Fidji, où les ateliers étaient en anglais.

 

Mieux que Wallis-et-Futuna mais moins bien que le Caillou

 

Selon le docteur Tuheiava, « au niveau du diabète, on est mieux que Wallis-et-Futuna mais moins bien que la Nouvelle-Calédonie ». « Il y a un facteur génétique qui fait que les Polynésiens sont plus sensibles au diabète. Dans un même environnement diabétogène, le Polynésien deviendra forcément diabétique mais pas obligatoirement un non-Polynésien. Mais ce n’est pas une fatalité, il faut en faire plus pour que cela n’arrive pas », a poursuivi la taote.

Parmi la dizaine d’associations présentes lors de ces deux jours, il a des associations de malades mais aussi des associations de quartier ou communales. « Ce sont deux mondes parfois qui se côtoient sans bien se connaître. Dans l’imaginaire des gens, la santé, c’est l’hôpital, les piqûres, les blouses blanches, mais ce n’est pas que cela, c’est aussi de la prévention », a fait remarquer Maire Tuheiava.

Et durant ces deux jours, les associations vont plancher, en concertation avec les services de santé, sur le diabète bien entendu (et les MNT) mais vont apprendre aussi à animer une séance d’information, mettre en place un potager, des ateliers culinaires ou encore comment encourager la pratique de l’activité physique.

« Personne n’a envie de changer ses habitudes, il faut changer », a martelé Maire Tuheiava. « Qu’on arrête de donner de la limonade dès le plus jeune âge, qu’on arrête de trop sucrer et de trop saler, qu’on arrête de cuisiner avec trop de gras. Il faut qu’on utilise les produits locaux et qu’on regarde les produits importés les moins néfastes pour la santé. Les jardins partagés, on en a parlé il y a quinze ans, on nous regardait avec des yeux ronds comme des pastilles. Aujourd’hui, ça y est, on y est, il faut de la patience et de la persévérance. »

« On peut voir de plus en plus de gens qui marchent, qui courent, qui font du vélo », observe Jacques Raynal, ministre de la Santé, venu hier matin, ouvrir cette session de deux jours. « Les messages commencent à porter leurs fruits, mais il faut que ces messages soient mieux diffusés, de façon à ce que les familles s’en emparent à la fois en termes de qualité de l’alimentation et en termes de nécessité de mouvement, à savoir le mode de vie, devenu trop statique. C’est cette double motivation qui peut être stimulée par le tissu associatif », milite le ministre.

Avec 10 % de la population polynésienne adulte atteinte de diabète et 70 % d’adultes en surpoids, même si on n’est pas dans le top 3 dans le Pacifique (lire ci-dessous), pourvu que cela marche. K

Christophe Cozette

 

 

 

« Le tableau est noir mais pas totalement désespéré »

Solène Bertrand-Protat, référente des pays francophones pour la santé à la Communauté du Pacifique Sud (CPS)

 

Comment se situe la Polynésie française, au niveau du diabète, dans la région ? Sommes-nous dans le top 3 ?

On n’est pas dans le top 3, mais nous n’en sommes pas loin. L’estimation de la prévalence du diabète sur le territoire est de 22 % alors qu’elle est de 5 % dans l’Hexagone. Il a des territoires comme les Samoa américaines qui approchent les 50 %. On n’est quand même pas très bon dans le classement.

Est-ce lié au degré de progrès des pays ?

Oui, c’est un des facteurs. Le changement de vie, ne plus se déplacer pour trouver sa nourriture, on ne pêche plus, on ne cultive pas son jardin, on va au magasin et on utilise sa voiture pour y aller, ce sont tous ces changements qui ont eu un impact sur la prévalence du diabète. Mais la bonne nouvelle, comme c’est lié à notre comportement, on peut agir là-dessus, comme l’alimentation et l’activité physique. Le tableau est noir, mais pas totalement désespéré.

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Selon vous, quelle troupe remportera le Heiva i Tahiti cette année en Hura Tau :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete