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Entravé dans un fourgon, il assène des coups de boule aux policiers

mardi 8 août 2017

DSP police

C’est dans l’un des fourgons de la direction de la sécurité publique (DSP) qu’un homme, arrêté parce qu’il buvait sur la voie publique, a déployé toute son énergie pour frapper des agents. (© Florent Collet)

Cela devait être une fête, celle de l’anniversaire de sa fille de 8 ans pour qui R.H. avait fait le déplacement depuis Huahine. Il retiendra surtout ses deux nuits à Nuutania.

Vendredi dernier, sa fille étant retournée avec sa mère, R.H. décide d’aller profiter de sa soirée dans la capitale  tahitienne avec sa cousine. Pour éviter d’avoir à payer des verres qu’il estime trop chers dans les bars, il boit dans la rue, une pratique contraire à un arrêté municipal en vigueur à Papeete.

Des agents de la direction de la sécurité publique (DSP) en patrouille le lui font remarquer, ce qui a le don de le faire sortir de ses gonds.

De cela, R.H. ne s’en rappelle pas, hier, à la barre du tribunal, alors qu’il est jugé en comparution immédiate.

“J’ai tellement bu. Je n’ai aucun souvenir de ce qu’il s’est produit”, explique l’homme de 31 ans particulièrement gêné de la situation, alors qu’il travaille pour l’Éducation nationale.

“Je regrette. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris.” La présidente du tribunal a alors rafraîchi la mémoire du prévenu. R.H. a d’abord commencé par insulter les policiers. Les agents l’ont alors pris par le bras pour le conduire dans le fourgon, mais l’homme ne se laissant point faire, il a dû être menotté. Mais il parvient à prendre appui sur ses pieds et à se propulser pour mettre un coup de boule au policier qui se trouvait sur le siège passager à ses côtés.

C’est en suivant le même stratagème qu’il est parvenu ensuite à mettre un coup de tête à l’autre policier, venu aider son collègue.

Trois jours à Nuutania plus tard, l’homme est revenu à la raison. “Je n’ai pas ma place là-bas. Je ne veux plus y retourner. Cela m’a choqué d’être entouré par des gens qui ne sont pas comme moi. Là-bas, c’est chaud, c’est agité”, a expliqué R.H., encore effrayé et prêt à tout pour faire comprendre à la justice qu’il a compris la leçon.

“À Nuutania, j’ai eu le temps de réfléchir. Tout ce que j’ai construit – mon travail, ma famille –, ça peut partir en fumée comme cela. Quand je rentrerai à Huahine, je signerai à la Croix bleue et j’irai voir mon médecin pour qu’il m’aide avec l’alcool.”

La leçon a été visiblement été entendue. “J’espère qu’il a compris l’expression ‘Force doit rester à la loi’”, s’est interrogé le procureur. “Ici, en Polynésie, c’est heureux, on a le sens des valeurs, le respect de l’autorité. Cela doit rester ainsi.” Il a requis cinq mois avec sursis.

Jamais condamné, l’homme a aussi lancé son entreprise, qui emploie deux personnes, en plus de son mi-temps dans l’Éducation nationale.

Pour éviter de le perdre, son avocate a demandé que la condamnation ne soit pas inscrite au casier de son client. Elle a obtenu satisfaction, R.H. a été condamné à cinq mois de prison avec sursis sans que cela ne vienne porter préjudice à son avenir professionnel.

 

Compte rendu d’audience F.C.

 

 

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