Escroquerie en bande organisée en cour d’appel

    vendredi 2 décembre 2016

    justice tribunal

    C’est un “roman noir” aux nombreux tomes qui a été au centre des débats de ce procès en cour d’appel hier. (© Christophe Cozette)

     

    “Un dossier hors du commun.” Les qualificatifs ne manquaient pas, hier matin, à la cour d’appel de Papeete, chargée de se pencher sur une affaire d’escroquerie en bande organisée, principalement en Nouvelle-Calédonie mais aussi en Polynésie française, dont les faits se sont déroulés entre 2000 et 2002, où des produits financiers avec “des rendements au minimum mensongers” étaient proposés par Unicom Finance, basé à Papeete.

    En première instance, quatre prévenus étaient à la barre, trois ont été condamnés respectivement à quatre, trois et deux ans de prison et à des amendes allant de 5 à 40 millions de francs. Un seul des condamnés était présent hier.

    “Dossier très compliqué”, “hallucinant”, “un gâchis”, quel que soit le rôle tenu par chacun, avocats, cour et avocat général n’ont pas manqué de superlatifs pour commenter cette affaire et son instruction longue de plus de treize ans.

    Tout commence suite à une plainte déposée à Nouméa, fin 2001. Patrick L. dirige Unicom Finance et ses nombreuses filiales et vend des produits d’assurances du groupe Axa. Il est ami de longue date de Christiane L. qui monte des financements pour divers projets immobiliers. Philippe P. est quant à lui mandataire en Nouvelle-Calédonie et travaille pour Unicom.

    Le trio, condamné en première instance, propose d’investir beaucoup pour rapporter gros et rapidement, sur une période d’un an. En effet, les investisseurs se voient proposer un taux de 20 % de rendements, dont 10 % de sept jours après le dépôt et les 10 % restant sept mois après. Et on se bouscule au portillon. Plus d’une vingtaine de personnes “financent” ces investissements hors normes, pour des sommes allant d’un à 75 millions de francs, en à peine deux ans. Certains reçoivent néanmoins leurs dividendes, d’autres non, mais personne ne récupère son capital. L’argent récolté aide au financement de deux projets immobiliers en Guadeloupe et à La Réunion, puis à l’achat hypothétique d’une collection d’art contemporain.

     

    “Système pyramidal à la française”

     

    Et afin de rajouter du romanesque à ce dossier – “un roman noir à juger”, n’a pas manqué de commenter l’avocat de Christiane L., Me François Quinquis –, interviennent un banquier grec aux 32 condamnations, un avocat-notaire suisse, une maison en Espagne et des rendez-vous au Canada.

    Chemise bleu ciel, pantalon bleu marine, cheveux gris et chaussures blanches, Patrick L. a tenté tout au long de la journée, hier, de minimiser son rôle dans cette affaire. “Tout a été fait à mon insu, plaquettes de pub comprises”, a-t-il déclaré, faisant référence aux brochures publiées avec les logos de sa société et celui d’Axa.

    “Je n’ai jamais démarché ces investisseurs, je n’en connais aucun”, reconnaissant du bout des lèvres “un système pyramidal à la française”. “Vous vous dites victime mais pourquoi ne pas avoir saisi le procureur de la République”, lui a demandé l’avocat général, José Thorel. “J’ai pris un avocat à cette époque mais c’était un escroc”, a répondu le supposé… escroc.

    L’ancien procureur de la République, peu convaincu, a demandé des peines plus lourdes qu’en première instance, respectivement de cinq ans avec mandat de dépôt pour Christiane L., quatre et trois ans pour ses comparses. Les avocats de la défense, au nombre de trois, ont chacun demander la relaxe de leur client. L’affaire a été mise en délibéré au 6 avril prochain.

    Compte-rendu d’audience Christophe Cozette

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