Les États-Unis bombardent pour la première fois les rebelles Houthis au Yémen

    vendredi 14 octobre 2016

    Photo de la marine américaine montrant un porte-avions  américain dans le détroit de Bab el-Mandeb. (© Brooks B. Patton Jr./AFP)

    Photo de la marine américaine montrant un porte-avions américain dans le détroit de Bab el-Mandeb. (© Brooks B. Patton Jr./AFP)

     

    Les États-Unis ont bombardé pour la première fois les rebelles chiites Houthis au Yémen, accusés d’avoir visé des navires de guerre américains en mer Rouge, une allégation démentie hier par les insurgés.
    Autorisés par le président Barack Obama, les bombardements américains ont été menés avec des missiles de croisière tirés par le destroyer USS Nitze, et ont visé trois stations radars sur la côte de la mer Rouge, a précisé un responsable américain.

    Hier, les Houthis ont nié avoir visé la veille un navire de guerre américain. Les affirmations américaines “sont sans fondement” et les rebelles “n’ont rien à voir avec cette action”, a déclaré un responsable militaire.
    Jusqu’ici, les États-Unis n’étaient pas intervenus militairement contre les rebelles, qui contrôlent la capitale Sanaa et d’autres régions, limitant leurs actions au Yémen à des attaques de drone contre les jihadistes d’Al-Qaïda dans le Sud.

    Accusés d’être soutenus par l’Iran, les Houthis sont engagés, avec les forces de l’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh, dans une guerre civile meurtrière contre les forces loyalistes, soutenues par une coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite.
    Au lendemain du bombardement américain, l’agence iranienne Tasnim a rapporté que deux navires de guerre iraniens avaient été envoyés dans le Golfe d’Aden pour protéger “des navires commerciaux et les pétroliers” dans la zone “contre les pirates”. Les deux destroyers ont quitté l’Iran le 5 octobre, selon Tasnim.

     

    Légitime défense

     

    Le ministère émirati des Affaires étrangères a qualifié de “légitime et justifiée” la riposte américaine, estimant que les rebelles cherchent, par cette escalade, à “se soustraire à un règlement politique” au Yémen.
    Les États-Unis s’étaient bornés jusqu’à récemment à apporter un soutien logistique à la coalition arabe, ravitaillant en vol les avions allant bombarder le Yémen, et fournissaient également du renseignement à Ryad.

    Mais les tirs de missiles dimanche et mercredi sur des bateaux américains, depuis des territoires contrôlés par les Houthis, ont changé la donne et conduit les Américains à intervenir directement, même si les missiles en question sont tombés à l’eau, sans atteindre les navires américains.
    Début octobre, une attaque contre un navire humanitaire émirati dans le même secteur avait aussi été attribuée aux Houthis. Elle avait fait des blessés et endommagé le bateau.

    “Ces frappes (américaines) limitées de légitime défense ont été conduites pour protéger nos personnels, nos navires et notre liberté de navigation sur cette voie maritime importante”, a indiqué le porte-parole du Pentagone, en référence au détroit de Bab al-Mandeb.

    Elles “visaient des radars impliqués dans les récents tirs de missiles menaçant l’USS Mason et d’autres bateaux opérant dans les eaux internationales en mer Rouge et dans le détroit de Bab Al-Mandeb”, a-t-il ajouté.
    “Nous n’hésiterons pas à mener de nouvelles frappes de riposte” si nécessaire, a déclaré un responsable américain de la Défense.

     

    Prix à payer

     

    “L’explication la plus logique, c’est que les Houthis”, soumis à une attaque sanglante demain dans la capitale yéménite Sanaa qu’ils contrôlent, ont “réagi en voulant montrer aux Américains qu’il y avait un prix à payer à laisser faire leurs alliés saoudiens”, a indiqué François Heisbourg, conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique.

    Mais cet analyste a semblé exclure que les Américains, qui “sont dans un moment d’interrègne”, décident “d’ouvrir un front” au Yémen. “Ils ont réagi de manière limitée et ça devrait s’arrêter là.” L’intervention américaine contre les Houthis est survenue alors que Washington était en train de réexaminer son soutien à la coalition arabe, dont les frappes au Yémen font de nombreuses victimes civiles.
    Samedi dernier, des raids aériens avaient touché une grande cérémonie funéraire à Sanaa, faisant plus de 140 morts et un demi-millier de blessés. Le royaume saoudien avait fait part de “son profond regret” pour l’attaque.

    Furieuse, la Maison Blanche avait averti que “la coopération sécuritaire des États-Unis avec l’Arabie saoudite n’était pas un chèque en blanc”.

    AFP

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete