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Les États-Unis sanctionnent l’Iran et veut former une coalition

mardi 25 juin 2019

Les Etats-Unis ont annoncé hier avoir imposé de nouvelles sanctions à l’Iran et entrepris de former une coalition avec leurs alliés. Photo : Reuters/Carlos Barria

Les Etats-Unis ont annoncé hier avoir imposé de nouvelles sanctions à l’Iran et entrepris de former une coalition avec leurs alliés. (Photo : Reuters/Carlos Barria)

Les Etats-Unis ont annoncé hier avoir imposé de nouvelles sanctions à l’Iran et entrepris de former une coalition avec leurs alliés pour assurer la sécurité de la navigation dans le golfe arabo-persique. Les pays membres apporteront une contribution matérielle et financière à ce programme baptisé “Sentinelle”, a précisé un responsable du département d’Etat, moins de deux semaines après l’attaque de deux pétroliers imputée à l’Iran près du détroit d’Ormuz.

“Il s’agit de dissuasion active, parce que les Iraniens veulent juste faire ce qui leur chante sans le reconnaître. Nous savons ce qu’ils ont fait”, a-t-il ajouté, s’adressant à la presse dans l’avion qui le conduisait aux Emirats arabes unis, où le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a rencontré les dirigeants émiratis, après s’être entretenu plus tôt dans leurs homologues saoudiens.

A Djeddah, où il a été reçu par le roi Salman et le prince héritier saoudien Mohamed ben Salman, Mike Pompeo
a insisté sur le fait que la liberté de navigation était “primordiale” aux yeux des Etats-Unis.

“Nous discutons avec (l’Arabie saoudite et les Emirats) des moyens d’être sur la même longueur d’onde sur le plan de la stratégie, et des moyens de mettre sur pied une coalition internationale”, a-t-il dit.

Un autre responsable du département d’Etat a précisé que Washington souhaitait le déploiement de navires de guerre à intervalles réguliers dans le golfe d’Oman ou le détroit d’Ormuz, de sorte à pouvoir garder en permanence un oeil sur la navigation dans cette zone.

“Ce dispositif n’est pas encore opérationnel mais nous y travaillons avec nos partenaires”, a-t-il indiqué.

 

Sanctions contre l’ayatollah Khamenei

 

Au moment où Mike Pompeo consultait les rivaux régionaux de l’Iran, Donald Trump annonçait avoir signé un décret imposant de nouvelles sanctions financières au régime de Téhéran, notamment à son guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

“Les sanctions imposées par le décret (…) empêcheront le guide suprême, ses services et son entourage d’accéder à des ressources financières et à des soutiens essentiels”, a-t-il assuré.

Le président américain a répété dans le même temps qu’il ne souhaitait pas un conflit armé avec l’Iran, mais un accord qui englobe la question nucléaire, le programme de missiles balistiques et la politique régionale de Téhéran.

Cible lui aussi des nouvelles sanctions américaines, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a ironisé sur Twitter sur le chaud-froid soufflé à Washington. “@realDonaldTrump a raison à 100 % de dire que l’armée américaine n’a rien à faire dans le Golfe persique. Le retrait de ces forces est dans l’intérêt des Etats-Unis et du monde. Mais il est désormais clair que l’équipe B se moque des intérêts des Etats-Unis – ils méprisent la diplomatie et son assoiffés de guerre”, a-t-il écrit.

Mohammad Javad Zarif a qualifié par le passé d’”équipe B” les “faucons” de l’administration Trump, avec à leur tête le conseiller à la sécurité nationale de la Maison blanche, John Bolton, mais aussi certains de leurs alliés qui plaident pour une intervention militaire contre l’Iran, comme le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les relations entre Washington et Téhéran se sont dégradées en mai 2018 lorsque Donald Trump a dénoncé l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien et rétabli des sanctions qui ont été alourdies depuis.

Les risques de confrontation directe se sont aggravés jeudi après la destruction du drone américain qui se trouvait, selon Téhéran, dans l’espace aérien iranien près du détroit d’Ormuz, ce que contestent les Etats-Unis. Quelques jours plus tôt, Washington avait imputé à l’Iran l’attaque de deux pétroliers dans le golfe d’Oman, non loin du détroit d’Ormuz.

L’Iran a démenti tout lien avec les attaques de pétroliers.

 

Donnant-donnant, dit Téhéran

 

A Londres, le secrétaire au Foreign Office, Jeremy Hunt, a estimé lundi que ni les Etats-Unis ni l’Iran ne voulaient la guerre mais s’est dit très inquiet quant au risque de déclenchement accidentel d’un conflit. “Nous sommes très inquiets: nous ne pensons pas que l’un ou l’autre des camps veuille la guerre, mais nous redoutons qu’éclate accidentellement un conflit et nous faisons tout pour que les tensions retombent”, a dit Jeremy Hunt à la BBC.

A Téhéran, un conseiller du président Hassan Rohani, Hesameddin Ashena, a déclaré que si les Etats-Unis voulaient obtenir de l’Iran des concessions allant au-delà de l’accord de 2015 sur le nucléaire, ils devaient dans le même temps proposer des mesures sortant elles aussi du cadre de cet accord.

“La proposition américaine de négociations sans condition préalable n’est pas acceptable tant que les sanctions et les menaces continuent. S’ils (les Américains) veulent obtenir quelque chose allant au-delà de l’accord (nucléaire de 2015), ils doivent proposer eux-mêmes quelque chose qui aille aussi au-delà, avec des garanties internationales”, a-t-il écrit sur Twitter.

Si l’Iran poursuit “ses politiques agressives”, il devra en “payer le prix”, a prévenu pour sa part le chef de la diplomatie saoudienne Adel Al Djoubeir dans une interview au Monde publiée lundi, évoquant un renforcement
de sanctions contre Téhéran.

“Nous avons dit que nous voulions éviter une guerre à tout prix, comme les Américains”, déclare-t-il dans cet entretien accordé en marge d’une rencontre avec son homologue français Jean-Yves Le Drian à Paris. “Ce sont les Iraniens qui font le choix de l’escalade. Vous ne pouvez pas attaquer des navires dans le Golfe, vous ne pouvez pas attaquer des pipelines, vous ne pouvez pas fournir des missiles balistiques à des groupes terroristes comme les houthistes (les insurgés chiites en guerre contre le gouvernement yéménite- NDLR) pour qu’ils s’en servent contre l’Arabie saoudite.”

 

Reuters

 

 

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