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“Être accueilli comme ça me redonne le moral”

jeudi 29 décembre 2016

Paul Meilhat

“Depuis l’avarie, j’ai beaucoup stressé et j’ai eu du mal à trouver le sommeil”, a confié Paul Meilhat.
(© Benoît Buquet)


Paul Meilhat, le skipper du bateau SMA, est arrivé à Papeete mercredi matin, après son avarie qui l’a contraint à abandonner le Vendée Globe. “L’essentiel est d’avoir sauvé mon bateau et de m’être sauvé moi aussi”, a résumé le navigateur, qui a été chaleureusement accueilli à la marina de Papeete. “Je suis un peu au bout […], mais heureux de voir tout le monde, a-t-il avoué. Je vais me reposer un peu et essayer de profiter de l’île.”

 

Comment vivez-vous cet accueil à Tahiti ?
C’est un truc de dingue. Ce matin, j’étais encore tout seul. Je suis arrivé par le sud ouest. Le soleil s’est levé, j’ai vu l’île qui est sortie de la nuit. Et puis quelques bateaux ont commencé à me rejoindre, et de plus en plus en approchant de Papeete. Ça fait chaud au cœur, parce que c’était très difficile d’abandonner la course. Être accueilli comme ça me redonne le moral.

Justement, comment va le moral ?
J’étais déçu il y a une semaine, mais j’ai eu le temps de digérer un petit peu. L’essentiel est d’avoir sauvé mon bateau et par la même occasion de m’être sauvé moi aussi. J’étais quand même très loin de toutes les côtes et avec un gros problème. Donc c’est une vraie satisfaction d’arriver ici. En plus j’arrive dans un endroit incroyable, c’est comme dans un rêve. Je suis très content aujourd’hui.

Avez-vous eu peur au moment de l’avarie ?
Oui ! Ça fait toujours peur parce que ce sont quand même des bateaux extrêmes. Et il y avait surtout ma position : j’étais pas loin du point Nemo, le point maritime le plus éloigné de toutes les terres. Et il a fallu que je me décide assez vite. Au début, j’ai pensé rejoindre la Nouvelle-Zélande mais je me suis rendu compte que les vents n’étaient pas favorables. Partir jusqu’au Chili me paraissait trop dangereux. Au final, on a réussi à trouver une route avec des bonnes conditions de vents. J’ai pu trouver des alizés. Même si j’ai fait plus de 2 000 milles, la route était en tout cas plus confortable.

Comment allez-vous physiquement ?
Depuis l’avarie, j’ai beaucoup stressé et j’ai eu du mal à trouver le sommeil. Déjà pendant la course je n’étais pas forcément en grande forme. Et les huit derniers jours ne m’ont pas permis de récupérer. Donc je suis un peu au bout. Je suis fatigué, d’autant plus que la pression retombe. Mais je suis heureux de voir tout le monde. Je vais me reposer un peu et essayer de profiter de l’île et de la découvrir.

Qu’allez-vous décider pour la suite avec SMA ?
On ne s’est pas posé la question pour l’instant. L’essentiel était d’arriver, de se mettre en sécurité et de sauver le bateau. Maintenant que c’est fait, on va regarder d’un peu plus près ce qui se passe sur le bateau techniquement, et on prendra notre décision. J’ai l’équipe qui est là depuis deux jours et beaucoup de gens de l’île qui se sont proposés aussi pour aider. Donc on va se poser et réfléchir à tout ça.

Est-ce un Vendée Globe particulièrement difficile ?
Statistiquement, la moitié des bateaux abandonne chaque année. Nous étions 29 au départ. J’espère qu’il n’y aura pas d’autres abandons. Malheureusement, je pense que ça fait partie de l’histoire du Vendée Globe. Il y a eu beaucoup d’avaries et d’abandons (dix, NDLR). Heureusement, il n’y a pas eu de blessure. Ça prouve que, même si on joue avec des bateaux de plus en plus compli-qués, on fait attention à nous. K

Propos recueillis
par Benoît Buquet

Orianne Obrize
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