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Étude épidémiologique : Tamarii Moruroa dénonce inégalité et manque de transparence

mercredi 27 décembre 2017

“N’ont été examinés que le cas des personnels qui portaient des dosimètres alors que la grande majorité des anciens du CEP, civils ou militaires, n’ont jamais porté le moindre appareil de mesure de radioactivité”, dénonce l'association Tamarii Moruroa. (Photo : Jean-Paul Vimare)

“N’ont été examinés que le cas des personnels qui portaient des dosimètres alors que la grande majorité des anciens du CEP, civils ou militaires, n’ont jamais porté le moindre appareil de mesure de radioactivité”, dénonce l’association Tamarii Moruroa. (Photo : Jean-Paul Vimare)

« Nous demandons à l’État que cette étude soit étendue à l’ensemble des vétérans (militaires, civils, habitants des Gambier, toutes les stations périphériques…) ayant participé aux campagnes d’expérimentations nucléaires, au centre d’expérimentations du Pacifique (CEP, NDLR) entre 1966 et 1996”, écrit l’association Tamarii Moruroa, suite à l’annonce par le ministère des Armées du lancement d’une étude épidémiologique sur le risque sanitaire lié à la participation des vétérans aux campagnes d’expérimentations nucléaires. Seuls ceux ayant participé aux essais français dans le Pacifique entre 1966 et 1996 et ayant bénéficié d’une surveillance dosimétrique ont été inclus dans la cohorte, et c’est bien cette question des dosimètres qui chiffonne l’association (selon l’armée, 26 555 vétérans hommes ont été surveillés sur le plan dosimétrique). “Cette étude fait suite à l’étude Sépia Santé rendue le 12 octobre 2009 dans la plus grande discrétion alors que les parlementaires travaillaient sur le projet de loi Morin pour reconnaître et indemniser les victimes des essais nucléaires. Le rapport est resté bloqué dans le secret de l’Observatoire de la santé des vétérans (OSV) jusqu’en août 2010”, écrit Yannick Lowgreen, le président de Tamarii Moruroa.

Ce rapport traite de la mortalité des personnels militaires uniquement ayant été employés sur les sites d’essais de Polynésie. Sans entrer dans l’analyse scientifique de ce rapport, il est utile de savoir que n’ont été examinés que le cas des personnels qui portaient des dosimètres alors que la grande majorité des anciens du CEP, civils ou militaires, n’ont jamais porté le moindre appareil de mesure de radioactivité”, regrette-t-il. “De plus, les personnels civils polynésiens ainsi que les personnels du CEA n’ont pas été examinés dans le cadre de cette étude.”

Tamarii Moruroa s’étonne de la conclusion de ce rapport, puisqu’elle indique que les militaires auraient un taux de mortalité inférieur à la moyenne nationale française. “Comment peut-on donner en 2009 des résultats de mortalité fiables alors qu’il y a peu de recul dans le temps et que les maladies radio induites se déclarent souvent, 20 ou 30 ans après une contamination ou une irradiation ?”, s’indigne Yannick Lowgreen, et de regretter cette inégalité et ce manque de transparence pour les Polynésiens, alors qu’un des ateliers des assises de l’outremer est « Assumer le fait nucléaire ».

Au passage, Tamarii Moruroa note que les chercheurs ont considéré une liste de maladies radio-induites bien plus conséquente (26 maladies) et proche des travaux les plus récents de la communauté scientifique internationale que celle retenue par la loi Morin (18 maladies).

La liste Sépia-Santé inclut en effet notamment les lymphomes et myélomes, cancers du système sanguin rejetés par la liste Morin, et même des maladies cardiaques non cancéreuses.

Damien Grivois

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