Étudier en France : “C’est possible !”

    mercredi 6 janvier 2016

    Après son baccalauréat à Papeete, Alizé Santini a fait une classe préparatoire et une grande école de commerce en France. Avec l’association Terre de Talents, la Polynésienne de 22 ans revient au fenua du 18 janvier au 8 février pour présenter aux lycéens les opportunités offertes par le système métropolitain. À Paul-Gauguin, La Mennais, Samuel-Raapoto et au lycée de Uturoa, elle organisera avec deux autres étudiantes des ateliers d’information et de préparation aux épreuves de sélection des grandes écoles (entretiens, CV, lettre de motivation…).

    “J’aurais bien voulu que des personnes viennent nous dire que les grandes écoles, c’était possible.” Si Alizé Santini, une Tahitienne qui a passé son bac en 2010 au lycée Paul-Gauguin de Papeete, a réussi à intégrer l’Essec, une prestigieuse école de commerce en France, elle le doit avant tout à sa famille. “À mon époque, on n’était pas informé des possibilités d’études en France, et surtout pas préparé pour réussir les épreuves de sélection des meilleures écoles”, raconte-t-elle. C’est poussée par son père originaire de Corse et “coachée” par son grand-frère, déjà étudiant en France, qu’Alizé a été admise en classe préparatoire à Versailles, avant d’intégrer l’Essec. Aujourd’hui, sur le point de débuter sa carrière dans les banques d’investissement, elle voudrait à son tour encourager les jeunes de Polynésie : faire des études en France, “c’est possible !”
    Avec ses amies de prépa Margaux de Bourayne et Camille Bretagne, étudiantes de 22 et 23 ans qui viennent d’être admises au barreau de Paris, elle reviendra donc au fenua du 18 janvier au 8 février pour faire passer le message dans les lycées.
    Sous la bannière de l’association Terre de Talents, qui intervient depuis 2003 dans les lycées français de l’étranger, les trois jeunes femmes ont entamé hier un périple autour du monde pour donner aux jeunes “expatriés” des clés pour intégrer le système supérieur métropolitain. En partie grâce aux dons (lire ci-dessous), elles ont pu rajouter une escale au milieu du Pacifique. Paris, San Francisco, Polynésie française, Sydney, Hanoï, Phnom Penh, Bangkok, Paris. Au final, en six mois, elles interviendront dans cinq lycées français de l’étranger et, pour la première fois, dans quatre lycées de Polynésie française.
    “Comme je viens de Tahiti, j’avais envie que les Polynésiens en profitent, explique Alizé Santini. Quand j’étais au lycée, j’aurais bien aimé que des personnes viennent nous dire que les grandes écoles n’étaient pas inaccessibles…”

    Entretiens, CV et lettres de motivation

    Camille, Margaux et Alizé passeront donc trois ou quatre jours dans les lycées Paul-Gauguin et La Mennais de Papeete, Samuel Raapoto de Arue, et au lycée de Uturoa, à Raiatea. Dans chaque établissement, après une conférence de présentation à destination de tous les élèves de 1ère et de terminale, les lycéens intéressés pourront s’inscrire gratuitement aux ateliers organisés par petits groupes en dehors des heures de cours : présentation des cursus et du système supérieur français, préparation aux entretiens d’entrée, aide à la rédaction de CV et lettres de motivation.
    “Nous n’avons absolument pas la prétention de remplacer les professeurs et les conseillers d’orientation, souligne Alizé. Notre but, c’est de permettre aux lycéens de profiter du système éducatif français, qui est très bon – on ne le rappelle jamais assez – et qui est financièrement accessible, contrairement au système américain par exemple. Nous voulons permettre aux élèves d’élargir leurs horizons pour qu’ils reviennent ensuite à Tahiti, prêts à relever les défis.” La désormais spécialiste des fusions-acquisitions souhaiterait elle aussi rentrer au Pays dans quelques années, après avoir fait ses “premières armes” à l’étranger.
    Quant à savoir si sa formation pointue trouvera une résonance stimulante au fenua : “Je suis confiante en la Polynésie française, assure-t-elle. Il y a du travail dans les directions financières des grandes entreprises. Et il y a un milliard de choses à développer, notamment dans le développement durable ou le tourisme. C’est peut-être un peu plus risqué, mais il y a des opportunités !”

    M.G.

     Vaincre la peur de la distance
    Outre les épreuves de sélection, la distance est parfois une barrière, aux yeux des bacheliers polynésiens, pour poursuivre leurs études en France. “Quand on se retrouve à 18 000 kilomètres de chez soi, en métropole où la mentalité n’est pas du tout la même, on sent la différence !”, reconnaît Alizé Santini, une ancienne de Paul-Gauguin qui a intégré une prestigieuse école de commerce de l’Hexagone.
    Dans la mesure du possible, la jeune femme conseille de se loger en internat, où “tout le monde est plus ou moins dans la même situation, loin de sa famille et de sa région d’origine…” Des liens solides s’y nouent plus rapidement. Quoi qu’il en soit, “c’est une épreuve qui rend plus fort, assure-t-elle. J’encourage tout le monde à faire ce choix difficile pour revenir à Tahiti prêt à relever les défis !”

     Un projet financé grâce aux dons
    Depuis 2003, 10 000 élèves des lycées français de l’étranger ont bénéficié des ateliers gratuits proposés par l’association étudiante Terre de Talents, reconnue d’utilité publique. Entretiens de sélection fictifs, aide à la rédaction de CV et lettres de motivation… Cette année, pour aider les jeunes Français du monde entier à intégrer les cursus supérieurs métropolitains, deux équipes sillonneront une fois encore la planète : les garçons poseront leurs valises en Amérique Latine ; les vahine les trimballeront de San Francisco à Papeete, Sydney, Hanoï, Phnom Penh puis Bangkok. Pour la première fois, donc, le dispositif sera élargi outre-mer, à l’initiative d’Alizé Santini, une ancienne du lycée Paul Gauguin de Papeete désireuse d’informer les Polynésiens des opportunités offertes par le système français. Mais ce tour du monde a un coût estimé à 4 millions de francs (la moitié pour les billets d’avion) que ne couvrent pas entièrement les subventions publiques. Avec ses coéquipières Margaux de Bourayne et Camille Bretagne, Alizé a donc lancé un appel aux dons intitulé “Terre de Talents 2016 – Édition vahine” sur la plateforme de crowdfunding Kisskissbankbank. Rien que pour le séjour en Polynésie française, les frais sont calculés à 979 000 francs, en partie financés par des sponsors trouvés par la jeune Tahitienne. La Sopadep leur prêtera ainsi une voiture pendant trois semaines, l’Intercontinental les hébergera une semaine tandis qu’Air Tahiti leur offrira les billets aller/retour Tahiti-Raiatea…
    “On ne s’attendait pas à ça, reconnaît Alizé, sans eux, on n’aurait pas pu aller dans autant de lycées.” En six mois, les étudiantes interviendront dans cinq lycées français de l’étranger et quatre lycées de Polynésie française : Paul-Gauguin et La Mennais à Papeete, Samuel-Raapoto à Arue, et au lycée de Uturoa, à Raiatea.

    Informations utiles
    Terre de Talents 2016 – Édition vahine
    Site Internet : terredetalents2016.com
    Facebook : Terre de Talents 2016 – Édition vahine

     

    Patou 2016-01-06 16:38:00
    Merci Alizée ainsi qu'à tes autres amies, informées le plus possible de jeunes du "fenua" pour leur avenir et surtout l'avenir de la Polynésie, bizou
    Hiti 2016-01-06 15:47:00
    La plus belle fille du Lycée paul gauguin *_*
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