Evacuation par la police de deux camps de migrants à Calais sur fond de tensions

    mardi 2 juin 2015

    Les forces de l’ordre ont évacué mardi matin deux camps qui abritaient environ 140 migrants à Calais, alors que l’afflux de clandestins voulant passer en Angleterre se traduit par des tensions entre eux et avec la police.
    L’un des deux camps évacués, dit du « chemin du Vivier », qui se trouve « à proximité de la rocade qui mène à Eurotunnel », a souligné la préfecture, comptait quelques dizaines de migrants, qu’un journaliste de l’AFP a vus partir calmement par petits groupes sous l’oeil de gendarmes mobiles.
    En tout, la préfecture estime à quelque 140 le nombre de migrants évacués: une quarantaine dans le premier camp cité, une centaine dans le squat Vandamme, ancien site industriel situé à l’entrée ouest du centre-ville. « Le bilan de cette opération fait état de 66 migrants qui, après un contrôle d’identité, ont fait l’objet d’une interpellation. 57 d’entre-eux se sont déclarés mineurs, conformément à la loi, ils se sont tous vu proposer un hébergement en foyer », a annoncé dans la soirée la préfecture du Pas-de-Calais. « Parmi les neuf migrants majeurs, deux d’entre eux sont en situation irrégulière et ont fait l’objet d’une procédure d’éloignement. Les sept autres remplissent les conditions pour effectuer une demande d’asile », a ajouté la préfecture dans un communiqué.
    La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, interrogée lors d’un point de presse après la fin des opérations, avait affirmé : « On ne prépare pas une telle évacuation en 24 heures, c’était prévu avant. On l’a fait en plusieurs temps: on avait signalé que ça ne pouvait pas durer ». Elle avait souligné qu’il s’agissait là des « deux derniers camps importants ». « Les migrants ont été entendus, certains le sont encore en ce moment », avait-elle poursuivi, en rappelant que la France favorise les demandes d’asile.
     
    Situation difficile, pas explosive
     
    Un jeune homme, dans la rue, a confié qu’il se dirigeait désormais vers la « new jungle », campement sauvage où vivent désormais 2.000 migrants, près de Jules-Ferry, en périphérie Est de Calais. « Nous n’avons pas le choix » (« we have no choice »), a-t-il dit en anglais. « Nous avons dans le Calais pas loin de 3.000 migrants. L’an dernier à la même époque, fin mai, nous avions 400 migrants sur Calais et au mois de juillet 800 », a souligné la préfète, selon qui « c’est une situation difficile, explosive non ». Même si, a-t-elle reconnu, « les forces de l’ordre ont une pression indéniable ».
    Ces dernières semaines ont vu les affrontements entre communautés se multiplier. Les dernières rixes, vraisemblablement entre Soudanais et Erythréens, dans la « new jungle » ont fait 21 blessés dans la nuit de dimanche à lundi. Les interceptions par les policiers français de clandestins tentant à Calais de passer en Angleterre, cachés à bord de camions, se sont multipliées, a indiqué mardi le directeur de la Police aux frontières (PAF) de la zone Nord Pas-de-Calais Patricio Martin. « Leur nombre s’est élevé à 18.170 du 1er janvier au 21 mai. Pour les périodes équivalentes (de janvier à mi-mai) de 2013 et 2014, les chiffres étaient respectivement de 4.117 et 8.336 interceptions de migrants découverts dans des poids lourds », a-t-il déclaré à l’AFP, confirmant une information de France Télévisions. 
    Outre la PAF, qui « travaille bien », M. Martin a souligné le rôle des renforts annoncés l’an dernier par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve – trois compagnies de CRS et un demi escadron de gendarmes mobiles – qui participent activement aux opérations dites d’interception. « Les renforts de CRS et d’unités spécialisées ne suffisent pas », a réagi Renaud Roussel, du syndicat Alliance. Il réclame « une vingtaine » d’effectifs pérennes supplémentaires, rattachés au commissariat central de Calais.
     
    AFP

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