Expédition pour étudier la pollution des mers par le plastique

jeudi 12 mars 2015

Quelle est l’étendue exacte de la pollution plastique dans les océans, avec quelles conséquences pour l’environnement ? La fondation suisse « Race for water » lance dimanche à Bordeaux une expédition pour explorer pendant 300 jours la « plus grande poubelle du monde ».
À l’origine de ce projet, un entrepreneur vaudois de 50 ans, Marco Simeoni, ingénieur dans les télécommunications devenu passionné de voile. En 2010, parallèlement à la création d’une société de construction de trimarans de course, il fonde « Race for water », organisation dédiée à la préservation des ressources en eau de la planète.
« La pollution des océans par les plastiques est un désastre total », se désole l’entrepreneur et chef de l’expédition. « Nous devons rapidement trouver des solutions durables de collecte et de valorisation », mais pour cela « il faut bien comprendre le problème », insiste-t-il. 
Selon les initiateurs du projet, 25 millions de tonnes de plastique sont déversées chaque année dans les océans, soit 10% de la production mondiale. Des déchets provenant à 80% d’activités terrestres et 20% d’activités maritimes, avec des conséquences dramatiques sur les écosystèmes marins.
Les sept membres d’équipage -dont le navigateur suisse Stève Ravussin, vainqueur de la Route du Rhum en 1998 et skipper de la traversée- s’élanceront à bord du « MOD70 Race for water », trimaran de 21 mètres, pour un tour du monde d’environ 300 jours, avec un retour à Bordeaux prévu mi-décembre.
Au cours de l’expédition, le trimaran prévoit de traverser cinq vortex, ces immenses zones océaniques où des centaines de millions de tonnes de détritus s’accumulent en raison des courants et de la force centripète qui les aspire lentement. 
En ligne de mire, les îles situées dans ces zones, qui agissent le plus souvent comme des barrages naturels et constituent un terrain d’étude propice pour évaluer non seulement les types de déchets présents dans les eaux environnantes, mais aussi leur volume et éventuellement leur origine géographique.
« Ces vortex de déchets ne sont pas des amas compacts de détritus, comme on le croit trop souvent », explique Frédéric Sciacca, conseiller scientifique de l’expédition. « C’est une pollution diffuse, avec des macro-déchets et surtout des micro-déchets (moins de 5 millimètres) très préoccupants », dont il faut encore déterminer les « impacts chimiques et sur la chaîne alimentaire », détaille-t-il.
La fondation espère ainsi dresser un cartographie haute-définition des nappes de déchets, quasiment indétectables par satellites. 

AFP

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