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EXPOSITION – Le plasticien Jean-Paul Forest à la bibliothèque de l’université

mardi 16 janvier 2018

jean-paul forest

Jean-Paul Forest.


Du 17 janvier au 28 février, Jean-Paul Forest expose son travail à la bibliothèque de l’université. L’artiste, avec Multitudes, démontre sa fascination pour les pierres et, plus particulièrement, les galets. Le plasticien établit une dimension spatio-temporelle entre l’humanité et la pierre, qui est vouée, elle aussi à disparaître, mais à une autre échelle du temps.

L’œuvre de l’artiste plasticien Jean-Paul Forest, intitulée Multitudes est à découvrir ou redécouvrir dès demain au sein de la bibliothèque de l’Université de la Polynésie française. Cette exposition fait écho à celle qui se tient jusqu’en avril aux Musées royaux d’art et d’histoire de Bruxelles, sous l’appellation “Oceania, voyages dans l’immensité”.

L’histoire de cette œuvre prend racine dans l’enfance de l’artiste. À 10 ans, Jean-Paul Forest est happé, fasciné par les pierres qu’il collectionne sans savoir vraiment pourquoi.

“Depuis tout petit, les pierres me parlaient, m’attiraient. J’ai commencé à faire des trous dans les cailloux. J’avais envie de passer au travers. Puis, au fil des ans, mon intérêt pour la matière est devenu trop important pour que je puisse l’ignorer, alors j’ai cherché”, raconte-t-il.

Et c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Très vite, Jean-Paul Forest différencie la pierre du galet.

“La pierre n’est qu’un matériau, tandis que le galet est une entité qui a été arrondie, polie par le temps, les éléments, qui s’apparente à un corps, à une cellule. Le galet, c’est quelque chose de bien circonscrit qui raconte une histoire de par sa forme, sa couleur et sa pureté”.

 

Dans les entrailles de la pierre

 

Et peut-être notre histoire, celle de l’humanité. Car le galet comme l’homme est en perpétuel mouvement, en perpétuelle mutation.

Dans le lit des rivières, les galets s’écoulent lentement vers l’océan et vers leur disparition inéluctable. Leur multitude et leur variété suggèrent une parenté avec l’humanité, chacun perdu dans une foule incommensurable et cependant unique.

Comme un médecin qui chercherait à comprendre les rouages du corps humain, Jean-Paul Forest a démarré son travail par une autopsie. Une autopsie de la pierre qu’il découpe pour voir l’intérieur, avant de la recoudre méticuleusement.

L’artiste a fait usage de la couture car il s’agit selon lui de l’action qui matérialise le mieux le fait de réunir deux parties, deux forces d’attraction, de cohésion qu’il assemble ou rassemble avec un fil.

Et de fil en aiguille, l’artiste a continué de disséquer ses galets, de les réparer, car certains avaient été cassés. À l’image du prothésiste qui cherche à redonner l’usage d’un membre manquant, Jean-Paul Forest a, grâce au bois, créé des prothèses pour ses cailloux abîmés par le temps.

“J’ai exploré toutes les significations possibles. Chaque pièce est une aventure quasi unique. Je ne sais pas pourquoi je ramasse telle ou telle pierre. Je sais seulement, à l’instinct, que je ne veux pas la laisser repartir à la mer ou au concassage”, livre l’artiste. Et lorsque l’on observe ces galets recousus, réparés, on s’aperçoit que les points de couture ne sont pas identiques, qu’ils varient sans que le plasticien l’explique.

C’est finalement en mettant dans un objet le plus simple possible les deux actions qui créent la dynamique de toute chose comme la rupture, la séparation, la division, la fragmentation avec la liaison, l’unité, le rassemblement que Jean-Paul Forest s’est aperçu que certains galets se ressemblaient.

“C’est en manipulant beaucoup de pierres qu’à un moment je me suis dit, je l’ai déjà vu celui-là. J’ai d’abord cherché à en avoir plusieurs pareils. Puis, d’un coup, je me suis aperçu qu’il y avait une taille, une forme qui revenait plus souvent que les autres. Pourquoi donc la nature, même avec les pierres, produit une forme et une taille de galet beaucoup plus fréquente ?”, s’était-il interrogé.

En réunissant ces galets, comme on présenterait une collection d’insectes, l’artiste a alors identifié des cailloux identiques, venant tous du même volcan et passant du noir pur au blanc pur.

“Avec le temps, le volcan de Tahiti a fabriqué une multitude de petits galets semblables. Il y a pour moi un parallèle avec l’humanité. On a, à tort, l’impression que la pierre est immuable. Or, pas du tout. Elle disparaît mais à une autre échelle de temps. Comme nous, les galets apparaissent et vont vers leur disparition. C’est un peu l’histoire de l’humanité”.

C’est en tout cas l’une des histoires que l’on peut se raconter à travers l’exposition Multitudes.

 

Jennifer Rofes

 

Pratique

Au fil des milliers de pierres, l'imaginaire explore la profusion de la nature et, par le tri et la sélection, s'invente compulsivement des repères et des ordres dans l'infini des nombres et des identités. (© Jean-Paul Forest)

Au fil des milliers de pierres, l’imaginaire explore la profusion de la nature et, par le tri et la sélection, s’invente compulsivement des repères et des ordres dans l’infini des nombres et des identités. (© Jean-Paul Forest)

Du 17 janvier au 28 février à la Bibliothèque universitaire, campus de Outumaoro

Entrée libre, gratuite et tout public

Du lundi au vendredi de 7 h 30 à 19 heures / le samedi de 8 à 16 heures

Vernissage demain à 10 heures en présence de l’artiste

Informations :  scd@upf.pf / 40.86.64.00

 

 

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