“Expulsion” à Titioro : mise au point de la directrice de l’office

    lundi 26 septembre 2016

    office

    La prétendue expulsion du lotissement Uta à Titioro n’en était pas une, explique la directrice de l’OPH Vaiani Garbutt, mais le dépôt par un huissier d’un commandement de payer. Les impayés par les locataires de l’OPH représentent entre 15 et 20 % du total à encaisser ; c’est l’une des raisons des retards de travaux de réhabilitation dans de nombreux lotissements. (Photo : archives LDT)

     

    Vendredi dernier, dans la matinée, plusieurs locataires du lotissement social Titioro Uta se sont interposés pour, selon eux, empêcher l’expulsion d’une famille. Quinze familles en tout seraient sous la menace d’une expulsion pour non-paiement des loyers, parfois depuis plus de dix ans.

     

    C’est la présence d’un huissier mandaté par l’Office polynésien de l’habitat qui a déclenché l’incident, filmé et rapporté par nos confrères de Polynésie 1ère. Vaiani Garbutt, la directrice de l’OPH, a tenu à apporter son éclairage sur ce qui s’est passé ce jour-là et à “remettre les choses dans leur contexte”.

    C’est la confusion et la méconnaissance des procédures qui ont provoqué l’incident”, dit-elle. L’OPH n’était pas, ce jour-là, dans une procédure d’expulsion, mais dans une étape préliminaire, celle du dépôt par huissier d’un commandement de payer, suite non seulement à 14 années de loyers impayés, mais également à plus de dix plans d’apurement non respectés. Quand les gens ne répondent ni aux courriers ni aux appels téléphoniques, que voulez-vous qu’on fasse ?

     

    Loyers impayés d’un côté, 3 000 demandes de logement de l’autre

     

    La bronca des voisins est d’autant plus surprenante, dit Vaiani Garbutt, que la locataire avait indiqué qu’elle avait une option de relogement et qu’elle quitterait les lieux. “Avant d’en arriver aux expulsions, plusieurs réunions sont organisées, notamment avec la direction des affaires sociales qui se déplace pour rencontrer les familles”, indique la directrice de l’OPH.

    Vendredi (dernier, NDLR), il ne s’agissait que d’un commandement de payer avec une menace d’expulsion, mais on n’en était pas à l’expulsion proprement dite. Les gens doivent vraiment prendre conscience qu’ils ont des loyers à payer. Que dois-je dire à ceux qui payent leur loyer ? Un bailleur social ne peut pas ne pas réagir.

    Nous ne sommes pas insensibles ! Nous savons bien que nombre de nos locataires sont dans des situations difficiles. Mais je rappelle que le loyer d’un F4 est bloqué à 18 300 F par mois dans les logements les plus anciens de l’OPH, ce qui reste tout de même abordable, et que l’OPH a 3 000 demandes d’aide au logement en habitat groupé”, dit Vaiani Garbutt.

    Il y a un projet de réhabilitation de ce lotissement, mais comment faire si les loyers ne sont pas payés depuis des années ?

    Pour rappel, un rapport de la chambre territoriale des comptes en 2013 estimait le taux de loyers impayés dans le parc ancien à 15 à 20 %. “En 2015, dit Vaiani Garbutt, le taux de recouvrement général de l’OPH était de 82 %, contre 94 % en moyenne nationale.

    Vaiani Garbutt admet que l’information passe parfois mal entre l’OPH et les locataires. Elle prévoit d’instaurer des réunions d’information dans les lotissements sociaux et souhaiterait trouver un référent dans chacun d’eux : “Nous devons faire un effort de pédagogie et de proximité, c’est sûr”.

     

    C.P.

     

     

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete