Habillage fond de site

Faa’a encore épinglée pour sa gestion des déchets

mercredi 27 juin 2018

MUMUVAI décharge faa'a

Selon la CTC, la décharge de Mumuvai présente des risques au niveau du ruissellement des eaux polluées, ainsi que sur l’état de la pollution des sols. (© archives LDT)


Un nouveau rapport de la chambre territoriale des comptes pointe du doigt la piètre qualité de la gestion sanitaire de la commune de Faa’a. La pollution guette avec la décharge de Mumuvai à fermer, un réseau d’assainissement inexistant et un réseau de distribution d’eau percé de toutes parts. Les comptes de la commune se portent bien, trop bien même, puisque presque aucune politique publique ni investissement n’est mis en place.

Deux rendez-vous santé en une semaine pour le maire Oscar Temaru : le premier avec le mini stre de la Santé , Jacques Reynal, vendredi dernier, et le second avec la presse, lundi, pour parler alimentation bio, jeûne thérapeutique et vertus du mieux manger. Et voilà que sa préoccupation de la santé de la population de Faa’a vole en éclat, au détour de la publication, hier, révélée la veille par Radio 1, d’un rapport de la chambre territoriale des comptes, qui pointe du doigt la déchetterie à ciel ouvert de Mumuvai et la faible qualité de son réseau d’alimentation en eau sur sa commune.

Pour certaines familles, ce sera donc manger sain, mais les pieds dans les bactéries. Et pourtant, ce rapport partait bien. Un pilotage maîtrisé de ses dépenses de personnel, des comptes sains.

Une situation tellement bien maîtrisée que la commune bénéficie d’un fond de roulement “très important”. “Dès lors, la commune de Faa’a devrait mettre en œuvre un pilotage financier lui permettant de se doter, dans une vision à moyen terme, des équipements publics répondant aux besoins de sa population. Cette recommandation, déjà formulée par la Chambre, lors de son précédent contrôle en 2011, permettrait d’améliorer les services rendus à la population”, explique le rapport.

 

 

Tuyaux percés

 

Il n’est finalement pas si loin le temps où Yves Jégo, ancien secrétaire d’État à l’Outre-mer, penché sur les bidonvilles d’Outuarea, accusait en aparté Oscar Temaru d’alimenter la paupérisation de la population de sa commune pour mieux entretenir le sentiment indépendantiste.

Le premier point noir de ce rapport de la chambre territoriale des comptes, c’est l’adduction en eau potable. Si la commune est parvenue à faire baisser la consommation en eau avec la pose de compteurs, la CTC note que “le rendement reste insuffisant, faute d’objectif quantifié à atteindre et d’un plan pluriannuel d’investissement formalisé par la commune”.

Ainsi, 33 millions de m3 d’eau se seraient déversés dans la nature, faute de canalisations fiables, soit une perte de 174 millions de francs, entre 2012 et 2017. 60 % de l’eau qui circule dans les canalisations de la commune ne termine jamais au robinet. “Ce sont donc 5,6 millions de m3 d’eau traitée [chaque année] qui se dispersent dans le milieu, avec deux conséquences néfastes : la première est financière car les volumes en question génèrent des coûts, la seconde est liée à l’impact environnemental et au gaspillage de la ressource.”

Des travaux, certes lourds financièrement, permettraient à la commune de faire un gain de 29,1 millions de francs par an si la capacité de distribution passait de 40 à 80 %. Pirae et Mahina, qui avaient été pointés du doigt pour les mêmes raisons, ont dû s’y mettre.

 

 

L’assainissement en souffrance

 

Alors que c’est une des obligations du Code général des collectivités territoriales, la commune de Faa’a – la plus peuplée de Polynésie française – ne dispose toujours pas de la moindre station d’épuration.

Si la mairie a bien travaillé sur le dossier, rien de chiffré n’est jamais sorti. En réponse, la commune de Faa’a a souhaité travailler sur un raccordement au réseau de Punaauia. Une proposition non chiffrée et infaisable du point de vue du seuil de tolérance de lastation de la ville de Rony Tumahai. “Au vu des nombreuses études réalisées et de la pollution générée par l’absence de dispositif d’assainissement fiable, il est temps que la commune réalise les infrastructures d’assainissement comprenant à la fois un dispositif d’assainissement collectif public, d’éventuels moyens mutualisés avec les communes voisines pour quelques secteurs limitrophes de Punaauia et de Papeete, et enfin des dispositifs d’assainissement individuels, contrôlés régulièrement”, préconise la CTC sur ce chapitre.

 

 

Fermer la décharge de Mumuvai

 

Du côté de la décharge de Mumuvai, le constat n’est guère plus reluisant. Alors qu’un précédent rapport, en 2007, pointait du doigt le lieu, arguant qu’un nouveau projet devait voir le jour pour éviter les risques environnementaux, rien n’a été fait… si ce n’est un golf. De plus, le terrain sur lequel est installée la décharge appartient à une famille qui n’a pas donné son accord pour la mise en place de l’infrastructure.

La commune doit toujours 68 millions de francs aux propriétaires. C’est avant tout la question environnementale qui préoccupe la CTC. “En dépit de toute autorisation, ce serait un total de 150 000 tonnes de déchets de toute nature qui ont été déversées entre 2012 et 2017, sur un site naturel, sans aucune protection pour le milieu”, précise la haute juridiction.

Cette décharge présente des risques au niveau du ruissellement des eaux polluées, ainsi que sur l’état de la pollution des sols. La population à proximité, ainsi que les agents communaux qui y travaillent, sont eux aussi dans le risque quotidien.

“L’étude rappelle que les risques d’instabilité du terrain, d’explosions et d’inhalation de gaz toxiques nécessiteraient que l’accès à la zone d’exploitation soit interdit au public et réglementé. Ce n’est pas le cas en 2017et la clôture, endommagée en plusieurs endroits, conduit, de fait, à un site accessible au public”, conclut la CTC sur le sujet.

Elle préconise donc la fermeture de cette décharge et l’ouverture d’une réflexion sur un nouveau centre d’enfouissement technique, si possible en intercommunalité, pour ne pas faire exploser la facture pour les habitants de Faa’a.

Un risque cependant pour le syndicat mixte Fenua Ma, qui serait alors privé de deux de ses plus gros clients.

 

Bertrand Prévost

 

CTC Faa'a décharge

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