Fa’afaite se refait une beauté

    mercredi 8 mars 2017

    faafaite

    La pirogue double Fa’afaite est suspendue dans le vide. (© Christophe Cozette)


    Après plus d’un mois de carénage, le plus long que la pirogue double ait connu, Fa’afaite a retrouvé les flots avant d’entamer, dès la semaine prochaine, un périple qui va l’amener aux Australes, à Raiatea, Hawaii, dans les prochains mois avant un grand rassemblement, en 2019, en Nouvelle-Zélande, pour les 250 ans de l’arrivée du capitaine James Cook et de Tupaia, le tahu’a originaire de Raiatea. Jean-Claude Teriierooiterai, président de l’association Fa’afaite i te ao ma’ohi, était présent hier après-midi, à Fare Ute, avec une bonne partie de l’équipage de cette pirogue double, pour sa mise à l’eau.

    C’est une grande toilette qu’a subie Fa’afaite ?

    C’est la première fois qu’elle reste en carénage, plus d’un mois. On l’a entièrement refaite, entièrement repeinte, on a refait les bois douteux et là, aujourd’hui c’est la mise à l’eau, la récompense d’un long effort collectif, pour tous les membres d’équipage.

    Ce sont eux qui ont travaillé dessus, pour eux, c’est une belle récompense car ensuite, ils vont pouvoir naviguer à nouveau et faire de longs voyages.

     

    Justement, quels sont les voyages qui attendent Fa’afaite ?

    Après quelques jours à Motu uta, pour les dernières finitions, Fa’afaite et son équipage partiront dans une semaine, pour une tournée aux îles Australes sauf à Rapa, que nous allons visiter l’année prochaine.

    La pirogue est louée pour soutenir le projet de grande réserve marine Rahui nui no Tuha’a pae, du 15 mars au 5 avril.

    Ensuite, retour à Tahiti, où là, vers mi-avril, pour l’arrivée de Hokule’a, Fa’afaite va la rejoindre pour l’accompagner dans tout son périple dans les îles de la Société jusqu’à Taputapuatea, fin du tour du monde de Hokule’a entamé, il y a trois ans, à Taputapuatea également.

    Là, un grand rassemblement multiculturel sur le marae aura lieu, vers le 25 avril.

    Une seconde pirogue, sistership de Fa’afaite viendra nous rejoindre et ensuite, toutes trois, partiront vers Tautira.

    C’est un rituel de terminer pour Hokule’a son séjour dans les eaux polynésiennes à Tautira, depuis son premier voyage en 1976.

    Durant une semaine, on chargera en nourriture, on changera les équipages avant de partir pour un long périple vers Honolulu (Hawaii).

    C’est un voyage mémorable qui s’annonce pour Fa’afaite car des maîtres navigateurs hawaiiens vont assurer la formation de navigateurs tahitiens.

    Le but est qu’à la fin de ce voyage, il y ait des navigateurs tahitiens capables de naviguer seuls, sans les Hawaiiens, ni instrument.

     

    Il semble toujours difficile de former des Polynésiens, aussi bien à la voile traditionnelle qu’en voile moderne. Que peut-on faire ?

    C’est toute la réflexion qu’on mène. Dans les écoles de voile ici, on voit peu de Polynésiens proportionnellement au nombre d’habitants malgré toutes les actions des responsables de clubs, comme les différentes éditions de la Saga décentralisées par Doudou de Saint Cyr. Mais ensuite, on ne les retrouve plus dans les écoles de voile, ni en compétition.

    C’est dommage, le Polynésien a conquis le Pacifique avec des pirogues à voile, mais aujourd’hui, ils semblent ignorer cela. La plupart des gens qu’on interroge pensent que les Polynésiens ont conquis le Pacifique à la rame alors que c’est faux.

    Si on ouvre des écoles de voile traditionnelle, en partenariat avec les instances sportives actuelles et si cela peut susciter de l’engouement pour la voile traditionnelle, qui n’est pas en opposition avec la voile moderne, c’est gagné.

    Quand on sait naviguer avec l’une, on peut naviguer avec l’autre, preuve en est, le premier capitaine de Fa’afaite était un capitaine de voile moderne, Teva Plichart et il a été remarqué comme excellent navigateur de pirogue traditionnelle.

    On espère avec elle, attirer plus de Polynésiens pour la voile, avec la fierté de nos grands navigateurs d’antan.

     

    Un rassemblement est prévu, pour la rencontre avec Hokule’a ?

    Oui, à la pointe Vénus. Les détails de ce grand rassemblement ne vont pas tarder à être dévoilés.

     

    Et en 2019…

    Tous les va’a, toutes les pirogues du Pacifique, sont conviés à un rassemblement qui aura lieu en Nouvelle-Zélande, à Gisborne, là où le capitaine James Cook est arrivé en Nouvelle-Zélande, il y a 250 ans bientôt.

    La ville, mais aussi le gouvernement, a souhaité marquer le coup, avec la ville de Mahina avec laquelle est jumelée.

    En effet, Cook est parti de Mahina pour rejoindre Gisborne en embarquant sur son navire, un fameux navigateur polynésien, Tupaia.

    Les Maori veulent aussi marquer cet événement-là. Ce n’est pas que le voyage de Cook mais aussi celui de Tupaia. C’est un événement grandiose qui s’annonce.

     

    Tupaia était un spécialiste en voile traditionnelle. Il a bien réussi à voyager sur un voilier moderne…

    Exactement.

     

     

    Propos recueillis par Christophe Cozette

     

     

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