Faaone – Découverte d’un chemin menant au plateau de Viriviriterai

    mardi 21 juillet 2015

    Depuis deux ans, Dany Pittman, résidente de la vallée de la Pape’iha, organise bénévolement des randonnées visant à mettre en valeur le patrimoine naturel et historique de part et d’autre de la rivière Vai’iha, par opposition au projet de barrage hydroélectrique que conteste la propriétaire terrienne depuis plus de dix ans maintenant. Du 11 au 13 juillet, plus d’une dizaine de personnes se sont jointes au projet de bivouac visant à approfondir l’exploration de la vallée, sur un parcours de 32 kilomètres au total. À l’issue d’une première journée de marche, le campement avait été établi pour deux nuits dans la cavité de Teana, avec une vue imprenable sur la cascade Temaire.

    “Une impression de création du monde”

    Le dimanche, un premier groupe, composé de randonneurs chevronnés et du botaniste Jean-François Butaud, s’est lancé dans une ascension, sans précédent depuis de nombreuses années, en direction du plateau de Viriviriterai, profitant d’une vue à couper le souffle, tandis que le second groupe, composé notamment de Dany Pittman, Ernest Vaitu et Jeannine, membre de l’association Manu, s’est enfoncé davantage encore dans la vallée, du côté de Faa’rahi, découvrant notamment des vasques naturelles, propices à la détente et à la baignade.
    “C’était la première fois que j’allais aussi loin. C’était une aventure formidable et merveilleuse. Tout était magnifique”, raconte Dany Pittman. “Selon Tonton Ernest, qui n’était pas retourné depuis 30 ans jusqu’au fond de la vallée, nous étions, avec Jeannine, les premières femmes à venir ici depuis très longtemps.” Pour sa troisième participation, Jeannine, particulièrement sensible à la préservation environnementale, a rapporté une foule de bons souvenirs, immortalisés pour certains d’entre eux au travers de son œil de photographe. “On avait une impression de création du monde, comme si on était les premiers. On a mesuré la valeur de ce qu’on avait devant nous”, raconte-t-elle, nostalgique de ces soirées passées à chanter autour du feu, coupés du reste du monde. “Les Polynésiens tiennent à leur patrimoine culturel, qu’il s’agisse du chant ou de la danse, mais ils ne sont pas assez sensibles au sujet du patrimoine naturel”, souligne-t-elle, soutenant ainsi Dany Pittman dans sa démarche. “La relève est assurée”, ajoute la propriétaire terrienne. “Le projet, avec la nouvelle génération, c’est l’écotourisme. On le fait déjà, mais on voudrait le développer”. Dans cette optique, deux randonneurs chevronnés sont retournés, dès hier, au plateau de Viriviriterai afin de baliser le sentier et d’en faciliter l’accès.

    Une voie d’accès vers la Papeno’o ?

    Parmi les aito s’étant lancés dans l’ascension du plateau de Viriviriterai, Jean-François Butaud, également consultant privé en botanique, était revenu dans la vallée de la Pape’iha à titre personnel, après avoir notamment participé à la sortie organisée dans le cadre de l’évaluation écologique menée par Jean-Yves Meyer en 2007. “À cette occasion, on avait bien vu qu’il y avait pas mal d’espèces endémiques de Tahiti et de Polynésie, et plusieurs espèces rares et protégées”, précise-t-il. Cette fois-ci, le botaniste passionné a échantillonné quelques plantes et confirmé ses craintes concernant la présence d’espèces envahissantes et “étouffantes”, telles que le miconia ainsi que la liane parachute, contribuant à la disparition des espèces locales. “Autre point intéressant, qui m’avait marqué lors de ma première visite, c’est la présence de petits marécages, avec des plantes typiques de ces zones-là, mais qu’on a plutôt l’habitude de voir sur le littoral”, souligne-t-il. En parallèle de ses recherches floristiques et ornithologiques, Jean-François Butaud s’était fixé, en compagnie de randonneurs avertis, un défi sportif. “On voulait essayer de retrouver un accès au plateau de Viriviriterai, qui culmine à près de 800 mètres d’altitude, et qui permet de faire la liaison entre la vallée de la Pape’iha et de la Papeno’o”, explique-t-il. Il y aurait donc, à terme, une traversière à rouvrir. “Je pense qu’on a trouvé un bon itinéraire pour monter sur le plateau. On n’a pas fini le trajet, mais on a déjà bien ouvert la végétation. On peut imaginer, peut-être l’année prochaine, que des associations de randonneurs puissent se lancer sur cette traversée.” Début août, une nouvelle sortie de six jours est d’ores et déjà programmée, en compagnie d’Angelina Tevahitua Bordas, guide professionnelle de Tahiti Reva Trek, en vue de recenser d’autres sites archéologiques, de mener une première campagne d’arrachage de miconia et d’évaluer le niveau de difficulté de la
    randonnée.

    A-C.B.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete