Faaone – Suite aux extractions dans la Mapuaura : “Il n’y a plus de sable, plus de plage, plus rien !”

    mardi 15 mars 2016

    Marie-José Bonno et John Faatomo résident non loin de l’embouchure de la Mapuaura, à Faaone. Bien que plus aucune extraction n’ait été autorisée, ces derniers mois, le couple déplore les conséquences de plusieurs années de prélèvements.  La mer a gagné
    du terrain, tandis que certains végétaux et animaux se font désormais beaucoup plus rares sur le littoral, comme en montagne.
    Dans la Mapuaura, à Faaone, les curages sont à l’arrêt depuis plusieurs mois. Pour mémoire, les derniers arrêtés, en date du 8 juillet et 25 août 2015, avaient successivement autorisé l’extraction de 1 000 m3 de sable à l’embouchure – finalement abaissée à 500 m3, suite à la visite du ministre de l’Équipement –, puis de 1 000 m3 de tout-venant en amont.
    On s’en souvient, des propriétaires terriens, soutenus par le syndicat No te aru tai mareva, avaient alors exprimé leur vif mécontentement, menaçant de bloquer les travaux. Aujourd’hui, si le calme semble revenu, certains riverains observent, non sans un certain sentiment d’impuissance, les conséquences de plusieurs années de prélèvements, en amont comme en aval de la rivière.
    C’est le cas de Marie-José Bonno et de John Faatomo. Le couple réside côté mer, non loin de l’embouchure de la Mapuaura, et a vu le littoral se transformer au fil du temps.
    “Il n’y a plus de sable, plus de plage, plus rien ! Le mois dernier, pour la première fois, la mer est montée jusque sur notre terrasse. Depuis trente ans que je suis là, je n’avais jamais vu ça !”, confie Marie-José Bonno, désormais contrainte de consolider les fondations de son mur de clôture avec les moyens du bord – des pierres ou de vieux sacs de ciment durci – en cas de forte houle, pour limiter l’assaut des vagues. “À force de ramasser le sable dans la rivière à coup de 1 000 m3 par 1 000 m3, voilà ce qui arrive”, en conclut-elle. Ce prélèvement régulier aurait occasionné un “manque” très net pour toute la bordure de plage avoisinante.

    La nature chamboulée

    Si Marie-José Bonno et John Faatomo s’inquiètent pour leur terrain et leur maison, ils sont tout aussi sensibles aux changements d’ordre environnemental. “Il n’y a plus aucune plante, ni aucun arbre sur la plage. Nous avions un cocotier vieux de douze ans qui a été emporté. Si ça continue comme ça, qu’est-ce qu’on va laisser à nos enfants ?”, insiste Marie-José Bonno, qui a tenté de replanter quelques cocotiers, dont les jeunes pousses résistent difficilement aux assauts répétés des vagues.
    Non sans nostalgie, le couple se souvient de ses dernières parties de pêche mémorables, à deux pas de son domicile.
    “Les meilleures remontent à 2007 et 2009. Mais avec les extractions dans les rivières, il y a de moins en moins de ina’a. Depuis deux ans, il n’y en a plus du tout devant chez nous”, précise Marie-José Bonno.
    Dans sa jeunesse, son compagnon se rappelle même avoir assisté à des pontes de tortues sur cette plage aujourd’hui disparue.
    “Il faut faire quelque chose !”, lancent-ils, comme un appel au secours.
    Ce sentiment d’ignorance s’est d’ailleurs matérialisé dimanche dernier, tandis qu’ils organisaient le sauvetage d’une anguille d’une cinquantaine de centimètres, retrouvée sur le parking d’un supermarché, en plein centre de Taravao.
    L’animal, écorché mais toujours vivant, a pu être relâché dans la rivière Vaitoare, à Faaone.
    “Tout le monde s’en fout de la nature : on ne la respecte même plus !”, constate Marie-José Bonno, bouleversée par cette rencontre improbable.
    Pour John Faatomo, éleveur et chasseur occasionnel, également propriétaire terrien dans la vallée de la Mapuaura, des extractions sauvages seraient toujours en cours, directement à flanc de montagne.
    “Je suis inquiet de voir que ça continue. Ces personnes profitent du week-end ou des jours de mauvais temps pour qu’on ne puisse par les voir, ni les contrôler”, suppose-t-il, observant une diminution du nombre de cochons sauvages dans le secteur et déplorant, par conséquent, que de telles pratiques restent ignorées et impunies.

    A.-C.B.

    Alléluia !!! 2016-03-17 00:04:00
    Nous sommes tous responsable, du Kaina au bourgoie

    Nous avons construits nos maison en béton et bitumé nos route pour nos chère voiture

    au précédente intempérie, tous le monde s’énervait pour que l’Équipement colmate les nids de poule avec le sable des rivière mélangé au goudron
    et maintenant on s'énerve sur l’Équipement pour les extractions dans les rivières.

    Nous avons bouffé énormément de sable, aujourd'hui on arrive a saturation
    demain il faudra on importer a x20 le prix actuel.

    Le Mahana beach vous nous donner le cout de grâce.
    tanguy 2016-03-16 13:22:00
    Bonjour

    Je suis d'accord avec les remarques des uns et des autres, chacun doit être soucieux de l'environnement et faire des efforts dans ce sens.
    Par exemple, j'ai été effaré par la situation du lagon en face du cercle mixte du Taaone.
    C'est tellement beau Tahiti !
    Faaone 2016-03-16 12:42:00
    Si c''est le même endroit je suis de faaone quel changement, c''est la triste réalité.
    brainless 2016-03-15 23:22:00
    non mais sérieusement le tahitien d'une manière générale, à part son pick-up, ses jantes chromes et ses caisses de bière vous croyez qu'il en a quelque chose à faire de son fenua?
    y'a qu'à voir le nombre de déchets jetés partout au bord des routes les poches de mac do, les canettes de bières tapissent les plages les tessons de bouteille aussi. Allez voir dans quel état sont les refuges de l'aorai pour vous donner une idée...
    Pota 2016-03-15 17:59:00
    Info bien-sûr ! Ils n'ont juste pas fait attention à l'endroit exact mais, ils ne font qu'illustrer par imagerie la disparition réelle du sable !
    Ils ont raison de sensibiliser ainsi, il faut faire quelque chose pour arrêter la détérioration de l'environnement, nous pouvons trouver des solutions, mais il faut les prendre en considération et sérieusement y plancher !
    tuterai 58 2016-03-15 17:14:00
    Bizarre c'est pas la meme photo,alors info ou intox
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete