Famille : le gouvernement défend ses choix d’économies face à une avalanche de critiques

    mardi 30 septembre 2014

    « La gauche aime les familles » : le gouvernement a dû défendre mardi sa décision de faire de nouvelles économies dans les prestations familiales, face à une avalanche de critiques et à quelques jours des rassemblements organisés dimanche par la Manif pour tous à Paris et Bordeaux.
    Les 700 millions d’euros d’économies dans la branche famille, prévues dans le budget 2015 de la Sécurité sociale présenté lundi, ont suscité de vives réactions au sein des partis politiques, des syndicats et des associations familiales.
    Réduction de la durée du congé parental pour les mères, division par trois de la prime de naissance à partir du deuxième enfant, report de 14 à 16 ans de la majoration des allocations familiales, baisse de l’aide à la garde d’enfants pour les familles aisées… Ajoutées au nouvel abaissement du plafond du quotient familial intervenu cette année, ces mesures ont été jugées « les plus douloureuses » du projet de budget, comme l’a souligné l’Unsa. 
    Ce texte prévoit par ailleurs des économies de 3,2 milliards en 2015 dans la branche maladie de la Sécu.
    La CFTC a déploré « le coup une nouvelle fois porté aux familles » tandis que la CFDT a jugé certaines mesures « injustes » car ne tenant pas compte des ressources familiales.
    L’Union nationale des associations familiales (Unaf), qui dès lundi s’était dite « abasourdie » par ces mesures « inacceptables », a ironisé sur l’annulation du gel de la revalorisation des allocations familiales, mise en avant par le gouvernement : « Finalement, comme il n’y a pas d’inflation, c’est une mesure qui ne rapporte presque rien, donc on l’annule. » 
    Les Associations familiales catholiques ont pour leur part jugé que « le mécontentement des familles ne peut aller que croissant et les incite à participer à la manifestation prévue dimanche prochain, 5 octobre ». 
    Organisés par la Manif pour tous, qui dénonce depuis des mois une supposée « familiphobie » du gouvernement, ces rassemblements prévus à Paris et Bordeaux ciblaient initialement la Gestation pour autrui (GPA, interdite en France) et la loi sur le mariage homosexuel.
     

    « Pas de plan d’économies indolore »

     
    Sans mentionner cette manifestation, le député Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l’UMP, a appelé « toute la droite », élus et sympathisants, à se mobiliser contre les projets gouvernementaux. A gauche aussi, le PCF a dénoncé « des choix austéritaires qui vont frapper de plein fouet les familles et singulièrement les femmes ».
    Face à cette levée de boucliers, le président François Hollande a souligné qu’il n’y avait « pas de plan d’économies qui soit indolore ». 
    La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a pour sa part accusé la droite « d’indexer sa parole politique sur l’agenda de la Manif pour tous », dans une tribune publiée sur le site du Huffington Post.
    « La gauche aime les familles », a assuré la ministre en rappelant plusieurs mesures prises depuis 2012 en leur faveur, comme l’augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire et la hausse d’allocations destinées aux familles nombreuses modestes et aux familles monoparentales.
    Elle a défendu une à une les mesures proposées pour 2015: décalage de 14 à 16 ans de la majoration des allocations familiales, parce que « c’est en entrant au lycée qu’un enfant nécessite davantage de moyens financiers ».
    Division par trois de la prime de naissance à partir du deuxième enfant, parce que « l’arrivée du deuxième enfant et des suivants se traduit d’une part par le versement d’allocations familiales, et d’autre part par la possibilité de réutiliser le matériel acheté pour le premier enfant ».
    Nouvelle réforme du congé parental, visant à un partage entre pères et mères, car sa durée, « l’une des plus longues d’Europe, conduit à retirer du marché du travail les femmes, notamment les moins qualifiées ».
    La députée écologiste Barbara Pompili a cependant souligné que la prestation versée en cas de congé parental est « de 390 euros par mois », somme largement insuffisante pour qu’un homme, « qui en général est encore celui qui gagne le plus gros salaire dans notre pays », interrompe son activité.

    AFP

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