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Le fare ‘amuira’a Tamara à Mahina au cœur de la tourmente

vendredi 3 mars 2017

fare amuira'a

La valeur locative a été estimée par une agence immobilière 640 000 F par mois et le terrain à 36 millions de francs. (© Jean-Luc Massinon)


L’ex-première adjointe de Jamet, Lorna Oputu, a dénoncé une mise à disposition litigieuse au profit de l’Église protestante ma’ohi. Sans bail depuis un an et demi, la communauté du fare ‘amuira’a Tamara, à Hitimahana, est techniquement dépossédée de son bien.

La solution de la vente du terrain, estimé à 36,5 millions de francs, pourrait être trop tardive et inquiéter le maire, qui aurait dû percevoir des loyers.

Après l’affaire des 211 millions de francs que la commune doit à Fenua ma pour le traitement des déchets, voilà Mahina plongée dans une autre polémique. Cette nouvelle bombe a explosé lundi soir, en plein conseil municipal.

Alors que le maire proposait aux élus la signature d’un nouveau contrat de bail avec l’Église protestante ma’ohi pour la mise à disposition du fare ‘amuira’a Tamara, à Hitimahana, l’ex-première adjointe, Lorna Oputu, a menacé Damas Teuira de saisir le tribunal administratif si cette délibération n’était pas ajournée.

En début de séance, l’élue avait réclamé l’ajournement de la séance au motif que les dossiers de ce conseil municipal avaient été envoyés hors délais (cinq jours) et qu’ils étaient incomplets. Pour elle, les notes de synthèse ne permettaient pas aux élus de se prononcer de manière éclairée. C’était notamment le cas pour la mise à disposition “à titre gracieux” du fare ‘amuira’a, qui apparaissait comme une banale délibération.

En réalité, Lorna Oputu a mis le doigt sur un dossier bien embarrassant pour le maire et catastrophique pour la communauté protestante de Mahina.

 

Les élus en manque d’informations  

 

Car le premier bail de 15 ans, signé en 2000 avec Émile Vernaudon, est terminé depuis plus d’un an et demi. Aucune vente du terrain n’a abouti, comme le prévoyait le contrat, et, surtout, aucun loyer n’a été perçu depuis 19 mois, alors que la superbe bâtisse — construite par la communauté — est désormais propriété de la mairie.

Lors de sa plaidoirie au conseil, Lorna Oputu — qui est avocate — a demandé si les élus pouvaient apprécier les modalités financières de cette délibération. Car sans information sur le dossier, personne ne pouvait imaginer la complexité du sujet.

Alors première adjointe de Patrice Jamet, Lorna Oputu se souvient qu’un rapport d’estimation avait été produit par une agence immobilière de la place. Il avait été établi que le bâti avait été estimé à 170 millions de francs et que la valeur locative était de 640 000 F par mois. Une nouvelle mise à disposition “à titre gracieux” n’était visiblement pas imaginable.

Lorna Oputu a appelé les élus à comprendre les conséquences de leur implication. L’élue a nié vouloir agir par vengeance contre le groupe Ia tura o Mahina (Itom) qui la boude.

En attendant, le pavé dans la marre était lancé. Les élus semblaient manquer de beaucoup d’informations sur ce dossier.

Ainsi, cette parcelle de 1 942 m2 avait été estimée, par le rapport commandé, à 36,6 millions de francs. Une expertise par les services du Pays avait établi le mètre carré à 9 000 F, soit moins de 17,5 millions pour la parcelle.

Une proposition de rachat avait été faite du temps de Patrice Jamet. L’ancien maire se souvient qu’une prolongation de bail avait été imaginée, le temps de mettre en place la vente.

Il avait même été proposé un échange de terre avec l’église évangélique, mais elle n’en avait pas sur Mahina. Pour Patrice Jamet, il n’a jamais été question de prendre en compte le bâtiment qui a été construit entre-temps.

Rien n’a été fait depuis la fin du premier bail et cela est aujourd’hui préjudiciable à la communauté protestante et au maire. Les paroissiens, originaires des Australes, ont cotisé (180 millions de francs) durant des années pour édifier ce fare de leurs propres mains. Mais aujourd’hui, sur le papier, la bâtisse ne leur appartient plus.

Pour le tavana, la situation n’est guère plus enviable, car pour n’avoir pas perçu de loyer depuis 19 mois, il pourrait être juridiquement inquiété. La délibération a finalement été ajournée. Une rencontre entre la commune et communauté protestante a été programmée pour la semaine prochaine. 

 

J.-L.M.

 

 

Stupeur dans la communauté Tamara

mahina

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