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“Il faut avoir la sagesse, à un moment donné, de s’arrêter”

jeudi 19 octobre 2017

Armelle Merceron quittera ses fonctions au prochain renouvellement de l'assemblée

Armelle Merceron quittera ses fonctions au prochain renouvellement de l’assemblée

Ministre à partir de 2001 après une longue carrière dans l’enseignement où elle était agrégée d’économie- gestion au lycée de Taaone, Armelle Merceron occupait déjà un poste de conseillère technique, dès 1996, auprès du ministère de la Solidarité, en charge notamment, de la protection sociale généralisée (PSG).

Mais comme l’ont annoncé nos confrères de Radio 1, la représentante ne souhaite pas se présenter à la prochaine échéance électorale, en 2018.

 

 

Votre décision est-elle mûrement réfléchie ?

Oui, je préférais annoncer cette décision, à froid, à six mois des élections territoriales, de manière à bien clarifier les choses. Mais c’est une décision claire dans ma tête, j’ai décidé d’arrêter pour diverses raisons.

Tout d’abord, il faut un renouvellement de l’assemblée, et j’espère bien que cela soit une jeune femme qui occupe cette place. Nous avons besoin de renouvellement. Et ensuite, nous n’avons qu’une vie.

Je souhaite consacrer tout le long qu’il me reste à des actions plus personnelles, familiales ou associatives. Je ne peux pas abandonner d’agir, compte tenu de mon caractère et mon implication et de m’intéresser à la vie politique et sociale de la Polynésie.

 

 

Quel est, selon vous, votre plus grand succès politique et votre plus grand échec ?

Je ne pense pas qu’on puisse résumer les choses de cette façon, on ne peut pas résumer cette vie, à un fait.

Le fait de m’orienter vers une action politique et un exercice de mandat, à l’assemblée ou de ministre, c’est une autre façon de travailler pour la Polynésie.

En étant enseignante auprès d’adolescents, c’est une autre façon de travailler, pour la Polynésie. Je me suis moi-même enrichie de ce travail.

On apprend à être raisonnable et surtout, on voit les choses de manière plus globale. On a parfois le goût d’inachevé, j’ai eu cette fonction ministérielle dans cette période d’instabilité politique où, à peine assise, on risquait d’être éjectée.

Il y a eu des déceptions pendant cette absence de stabilité qui n’a pas pu permettre de créer de la continuité d’actions. On a besoin de plusieurs années, quand on a en charge une responsabilité ministérielle, pour faire véritablement avancer les choses.

Néanmoins, il y a des choses qui restent aujourd’hui et qui marchent comme la création comme le corps volontaire du développement ou l’Adie.

Ce que je retiens, et ce qui devrait être une orientation pour l’avenir, c’est qu’il faut appréhender les problèmes dans leur globalité, avec une action interministérielle et une collaboration totale des
différentes administrations. L’humain et la famille polynésienne sont une entité globale.

Le futur sera dans notre capacité à coopérer. J’en suis convaincue et il faut aider aussi ceux qui ont du mal à accéder aux divers dispositifs mis en place. Il faut se mettre à la portée des gens.

 

 

Votre retrait est un fait rare en Polynésie. Souhaitez-vous que d’autres personnes suivent votre démarche ?

Oui, je le souhaite. Cela fait longtemps que je dis qu’il faut un renouvellement et que l’enjeu du futur, ce sont que des jeunes expérimentés, puissent prendre petit à petit des responsabilités.

Cela serait la meilleure réponse à cette critique et à cette vision négative des politiques. Je pense que tout pays a besoin de politiques et de gens qui s’engagent et qui ont la foi de construire la société du futur.

Il faut avoir la sagesse, à un moment donné, de s’arrêter. C’est une question de sagesse. Cela manque parfois à certains. Nul n’est irremplaçable.

 

Propos recueillis par Christophe Cozette

 

 

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