Habillage fond de site

Faute de négociations, les médecins posent la blouse

lundi 6 novembre 2017

DR irm chpf

Le problème majeur réside dans le fait que les postes à pourvoir au fenua ne sont aucunement attractifs. Dans le service de radiologie de Taaone, qui cherche à recruter par le biais de concours, aucun candidat ne s’est présenté. (© DR)

Les 150 médecins de l’hôpital de Taaone, ainsi que les médecins des hôpitaux des îles sont en grève depuis 7 h 30, ce matin, faute d’avoir été reçus par le ministère de la Santé et par le ministère de la Fonction publique.

“C’est la première fois qu’aucun ministre ne prend la peine de recevoir le syndicat alors même que la loi stipule que les parties sont tenues de négocier lors d’un préavis de grève. Tea Frogier (ministre de la Fonction publique, NDLR) nous a clairement laissé entendre que ce dossier n’était pas une priorité et que le ministère de la Santé n’avait qu’à s’en charger. Or, le statut des praticiens hospitaliers relève de sa compétence. Et du côté du ministère de la Santé, nous savons que des réunions ont eu lieu avec la direction de l’hôpital mais nous n’avons pas été conviés, alors que nous sommes les principaux concernés”, explique, consterné, le président du Syndicat des praticiens hospitaliers de Polynésie française, Marc Lévy.

Les médecins ont décidé de tenir une assemblée générale dès 8 heures, ce matin. Les opérations programmées ainsi que les consultations seront probablement reportées et ce, juste après la récente réouverture des deux salles de bloc qui ont occasionné un grand nombre de retards dans les opérations déjà prévues ces derniers mois.

Ce refus de négociation pendant le préavis de grève déposé par le Syndicat des praticiens hospitaliers a, selon Marc Lévy, réveillé la grogne de l’ensemble des médecins qui ne sont plus prêts à signer un protocole d’accord avec un énième ministre. “Nous souhaitons un accord signé avec le président du Pays. La patience des médecins a atteint ses plus extrêmes limites.”

 

Aucun protocole respecté depuis 2009

 

“Après huit ans et cinq grèves depuis le premier protocole d’accord signé en 2009 et jamais appliqué, il n’est plus question de négocier”, a annoncé et écrit dans un communiqué de presse Marc Lévy, qui pressent que cette situation pourrait, comme en 2013, s’enliser et porter atteinte aux patients.

“Les médecins sont lents à la détente car tous pensent prioritairement à leurs patients lourds et aux soins dont ils ont besoin. Mais aujourd’hui, dans tous les services, c’est le même état d’esprit. Ils ne lâcheront plus rien”, affirme Marc Lévy.

En effet, la pénurie de médecins, catastrophique dans l’Hexagone, entraîne des difficultés de recrutement de plus en plus importantes en Polynésie française. Le ministre de la Santé en faisait d’ailleurs état il y a quelques mois en précisant que le pays manquait de 57 médecins.

Or, le problème majeur réside dans le fait que les postes à pourvoir au fenua ne sont aucunement attractifs, notamment du fait qu’il n’y a pas de reprise d’ancienneté comme c’est le cas dans l’Hexagone et ailleurs.

Ce manque d’attractivité est tellement criant que dans le service de radiologie de Taaone, qui cherche à recruter par le biais de concours, aucun candidat ne s’est présenté. Et dans de nombreux autres services, des postes restent vacants faute de personnels intéressés.

“En radiologie, la situation est critique. On peut perdre un utérus parce qu’un radiologue ne sait pas faire de cautérisation, c’est donc une perte de chance pour le patient. On a tendance à croire qu’il existe une seule sorte de médecin, mais c’est faux. Il y a des spécialistes, des super-spécialistes et ceux-ci sont rares et précieux. Aujourd’hui, le radiologue qui sait faire les cautérisations s’en va et nous n’avons pas de candidats pour le remplacer. Elle est là, la réalité”, ajoute le président du syndicat.

Près de 75 % des médecins titulaires de l’hôpital font partie du syndicat. Ce qui peut laisser présager d’un suivi important du mouvement de grève.

Leurs points de revendications sont par ailleurs les mêmes que ceux de 2016 qui avaient déjà trouvé une issue favorable par le biais d’un protocole d’accord signé par le précédent ministre de la Fonction publique, Jean-Christophe Bouissou, à savoir la reprise d’ancienneté, la prolongation d’activité au-delà de la limite d’âge, la mise en conformité du texte sur la permanence des soins des hôpitaux de la direction de la santé, les discussions sur la réforme du statut et l’insuffisance des cotisations de la retraite des praticiens hospitaliers. 

 

Jen.R.

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

French bee propose un aller retour PPT - San Francisco à moins de 40 000 F :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete