Faux abonnés ou comment s’acheter une popularité sur internet

mardi 30 décembre 2014

Le récent ménage effectué par Instagram parmi ses comptes faux ou inactifs a fait perdre des millions d’abonnés à certaines stars et mis en lumière la triche sur les réseaux sociaux, via l’achat de fans fictifs pour booster sa notoriété.
 

Peut-on s’acheter des faux fans sur internet ?

En tapant « achat de fans » sur internet, une multitude de sites proposent de booster contre paiement la popularité de votre profil Twitter ou Facebook ou le nombre de vues sur votre vidéo YouTube. Situés en France ou ailleurs dans le monde, ces services se monnaient contre une poignée d’euros pour quelques centaines de fans à plusieurs milliers d’euros pour être millionnaire en abonnés.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Les sites qui proposent ces services créent des identités numériques fictives via un logiciel (robots) ou font appel à de vrais internautes. Là aussi, le « made in France » peut être mis en avant, comme par Yannick Deslandes, 38 ans, qui a fondé en 2011 Acheter-des-fans.com.
« Nos profils sont des vrais gens basés en France qui vont cliquer sur des pages ou des profils contre des petits cadeaux sur internet (micro rétributions, jeux concours, accès à des contenus, NDLR). On donne aussi un j’aime en retour contre deux likes effectués », explique-t-il à l’AFP sans donner plus de détails. D’autres sites passent par des sous-traitants en Asie ou ailleurs.

Qui achète des faux fans ?

« Nos clients sont principalement des agences de communication ou des community managers dans le secteur musical qui veulent pousser des artistes débutants pour pouvoir négocier des contrats avec les distributeurs. On a aussi des avocats, des centres commerciaux et même des ONG », témoigne Yannick Deslandes, basé à Cannes.
Et les politiques ? « J’ai eu énormément de demandes d’élus locaux durant les municipales », assure celui qui vend 99 euros les 1.000 abonnés sur Twitter ou Facebook. Régulièrement, des polémiques apparaissent sur l’explosion soudaine du nombre de followers Twitter de tel ou tel élu national. « Il peut s’agir d’une manipulation car, techniquement, il est possible d’acheter des abonnés et de les destiner à des comptes tiers » pour ensuite dénoncer ce subterfuge, indique à l’AFP un bon connaisseur de Twitter.

Pourquoi acheter des fans ?

« C’est une pratique qui existe toujours pour les PME et ceux qui se lancent sur internet pour apparaître crédibles. Mais pour les autres, ça n’a pas grand sens, car ce que les annonceurs recherchent désormais c’est l’engagement (interaction entre un compte et ses abonnés via des commentaires ou des partages, NDLR) », assure Thomas Guénoux, cofondateur de KRDS, agence marketing spécialisée dans les réseaux sociaux.
« Pour les politiques comme pour les autres, le jeu n’en vaut pas la chandelle : publiez de bons contenus et l’audience suivra ! », sourit-il. Pour sa part, Yannick Deslandes estime que « seuls les professionnels scrutent l’engagement, le grand public en est encore a regarder le nombre d’abonnés ou de vues, ça les rassure ».

Légal ou pas ? 

Interdit par les conditions d’utilisation de Facebook, Twitter ou YouTube, l’achat d’une fausse notoriété sur internet n’est pas puni par la loi. « C’est très borderline mais pour le moment on n’a pas été embêtés », témoigne le fondateur du site Acheter-des-fans.com. 
 

Comment réagissent les réseaux sociaux ?

Twitter, Facebook et les autres disposent d’outils automatisés et humains pour détecter et supprimer les comptes faux ou inactifs. Sur internet, des sites comme Social Bakers, Twitter Audit ou Status People proposent une évaluation du pourcentage de faux abonnés d’un compte sur Twitter. Mais ces outils peuvent, à tort, considérer comme faux un utilisateur qui a une attitude passive sur Twitter où 40% des abonnés ne tweetent pas. Mi-décembre, Instagram, le réseau social de photos propriété de Facebook, a supprimé des millions de faux comptes, faisant perdre nombre d’abonnés à des stars comme Justin Bieber, Kim Kardashian ou Beyoncé.
Les raisons de ce grand ménage ? L’arrivée prochaine de la publicité sur Instagram, qui oblige le réseau social a être irréprochable sur ses chiffres afin de ne pas tromper les annonceurs.

AFP

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