Fédération tahitienne de tennis – La présidente est une miss

    samedi 19 décembre 2015

    Élue Miss Tahiti en 1985, Ruth Manea est la nouvelle présidente de la Fédération tahitienne de tennis.  Femme discrète
    et travailleuse, elle sait qu’elle doit se faire une place dans un monde sportif plutôt machiste. Venue au tennis
    sur le tard, elle veut redynamiser la discipline.
    Petite fille des îles née dans une famille protestante très pieuse, rien ne prédisposait la timide Ruth Manea à suivre le chemin qu’elle a connu, marqué par un titre de Miss Tahiti en 1985, puis trente ans plus tard par sa nomination à la tête de la Fédération tahitienne de tennis.
    Enfant, elle se rêvait infirmière, hôtesse de l’air voire même gendarme, et ce jusqu’à l’âge de
    18 ans où, en débarquant à Tahiti, elle découvre sa voie dans le professorat du reo maohi. Après une scolarité dans la grande île voisine de Raiatea, Ruth Manea ne se distingue pas particulièrement dans le domaine sportif. De par sa religion, elle n’échappe pas à la pratique du volley-ball et découvre par le biais scolaire l’athlétisme dans lequel, dit-elle, elle était assez bonne en sprint jusqu’à la quatrième avant de trouver de bien meilleures qu’elle. La danse l’aurait bien intéressée mais à cette époque, par pudeur elle y renonce.
    Si Ruth ne manque pas de charme, la pression familiale la décourage. Paradoxalement, c’est la famille et plus particulièrement sa mère, ainsi que quelques amies bien sûr, qui l’incite à participer à l’élection de Miss Raiatea-Taha’a qu’elle remporte et qui lui vaut de concourir automatiquement à celle de Miss Tahiti. Ruth n’a pas encore 18 ans et ne connaît que très peu Tahiti pour y avoir séjourné quelques fois dans sa famille. Elle se souvient : “On avait une vie assez religieuse à l’époque. Mon père était diacre et on ne connaissait pas ce genre d’événement. Quand le comité a été voir ma mère, il a su trouver les arguments pour la décider. Si bien qu’après, toute la famille m’a soutenue. À cette époque, les élections des miss des îles étaient toujours avant celles de Miss Tahiti afin que les élues puissent y participer. Je me rappelle de mon arrivée à Tahiti. J’avais vraiment l’impression de sortir de ma brousse.”
    Le choc de la découverte du monde des lumières, des festivités et de la vie tahitienne est assez brutal et intimide encore plus la jeune fille qui avoue ne pas toujours savoir comment se comporter. Cela ne l’empêche pas d’être élue le
    15 juin 1985 Miss Tahiti. Et c’est auréolée de ce titre qu’elle s’inscrit au Lycée Paul-Gauguin pour son année de terminale. Le bac en poche l’année suivante, son avenir professionnel s’oriente vers l’enseignement ; qui l’anime toujours au point de vouloir passer cette année son Master 2. Un challenge pour cette femme qui a été élue en octobre à la tête du tennis local ; preuve que le travail ne l’effraye pas.

    Le tennis sur le tard

    Le tennis, Ruth ne le découvre qu’à un âge où l’on pense plutôt à reposer la raquette. La première approche se fait par l’intermédiaire de son beau-frère, Gérard Bernasconi, professeur de tennis à Fautaua, qui tente de l’initier. Ce sera un refus pour une raison qui a de quoi surprendre comme le confie l’intéressée : “Malgré mon élection bien des années plus tôt, je ne m’étais pas débarrassée de ma timidité ni même de ma pudeur, et quand j’ai vu les tenues qu’il fallait porter au tennis, j’ai préféré ne pas donner suite. Ce sport avait aussi la réputation d’être cher. C’est pourquoi je ne m’y suis
    intéressée que de loin. Enfin, la trentaine passée, je m’étais persuadée qu’il était trop tard pour m’y mettre.”
    Le déclic s’est produit il y a une quinzaine d’années par le biais d’une amie enseignante, Joséphine Mahutatua, une pratiquante qui m’a demandé de l’accompagner. Toujours en forme par une pratique de la gym, d’un peu de course et de sport en salle comme le basket, Ruth découvre la pratique de ce sport individuel qui, malgré un apprentissage difficile, la subjugue. “Le premier jour, je n’ai jamais réussi à faire passer la balle de l’autre côté du filet mais je ne me suis pas découragée. Le lendemain, j’y suis retournée et j’ai pris conscience que je n’avais besoin de personne pour la pratique.
    Je me suis donc lancée un défi : savoir jouer au tennis et faire des compétitions.”

    Des Miss Tahiti mises à contribution

    Licenciée à Manu Ura, elle participe à ses premiers tournois “pour faire le nombre”, sourit-elle aujourd’hui car elle se satisfaisait de pouvoir déjà renvoyer la balle en cloche de l’autre côté du court. Une parenthèse familiale l’amène pendant trois ans en région parisienne, à Palaiseau, où elle prend des cours avec un professeur. À son retour, elle a acquis une technique qui lui permet de participer sans faire de bruit aux tournois qui se présentent, jusqu’à jouer des finales de quatrième série en étant classée 30/3.
    Son implication dans son club de Paea lui vaut d’être nommée vice-présidente où, en tant que telle, elle participe aux réunions de la fédération. Une fois encore, le président de l’époque lui demande de faire partie des membres de la fédération où elle occupe le poste de responsable de la commission de la formation des initiateurs. C’est au renouvellement du bureau fédéral en 2011 que l’équipe d’Alfred Martin la propulse à la vice-présidence. Une place qui lui sied à merveille car “pas trop exposée”, souligne-t-elle. Ce n’est que l’année dernière que l’équipe a commencé à lui parler du remplacement du président sortant qui ne se présentait plus et en raison du retrait du postulant pressentit Wilfred Sacault. L’élection du mois d’octobre n’a pas souffert de beaucoup de contestation, l’équipe opposante n’étant pas éligible pour raisons administratives.
    Depuis, aidée de son bureau où les femmes ne sont pas encore très représentées, si ce n’est par sa secrétaire Olga Wan et par une responsable technique Anne Criqui-Leisner, Ruth Manea gère, pour le moment, les affaires courantes pour finir la saison avant de lancer ses idées nouvelles dont une pour laquelle elle pourrait bien faire appel a des anciennes miss Tahiti dans le cadre d’un “marrainage” d’enfants lors de la journée de la femme. Le 8 mars prochain pourrait bien être la journée de la beauté et du sport en plus de celle de la femme.

    Luc Ollivier

    MOOREA56 2015-12-20 10:33:00
    Que du bonheur qu'une femme s'occupe du tennis. Alors je te souhaite très bonne chance.
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