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Le fenua bientôt terre de cinéma

mercredi 4 janvier 2017

Tavae film cinéma

Tavae à son arrivée à Tahiti-Faa’a après sa longue dérive de près de quatre mois. (© archives LDT)


Le conseil des ministres vient d’accorder une subvention de 30 millions de francs à la société Eiffel Productions, versée en deux fois, pour le financement d’un film sur Tavae. L’homme avait dérivé en bateau pendant 118 jours, en 2002, avant de s’échouer sur un motu des îles Cook. Le livre qui raconte son histoire et d’où est tiré ce film, a rencontré un fort succès.

 

Après un livre “exceptionnel” selon le ministre du Tourisme Jean-Christophe Bouissou, écrit par Lionel Duroy, le conseil des ministres a accordé, le 30 décembre, une subvention de trente millions de francs, versée en deux ans, en faveur de la société Eiffel Productions, pour participer au financement du développement du film intitulé Si loin du monde, Tavae, le seigneur de la mer (lire La Dépêche de Tahiti du 31 décembre).

Une aventure polynésienne du grand océan qui devrait également séduire les cinéphiles du monde entier.
Parti en mars 2002 à bord de son speed boat à la pêche au mahi mahi, Tavae Raioaoa était tombé en panne de moteur au large de Tahiti.
Les recherches qui avaient été entreprises en mer à l’époque dès le signalement de sa disparition n’avaient donné aucun résultat, malgré l’emploi de moyens aériens.
Alors qu’il ne disposait que d’infimes quantités d’eau et de nourriture, Tavae dériva pendant 118 jours avant que son bateau ne s’échoue sur le récif de One Foot Island, un motu minuscule de l’île de Aitutaki, dans l’archipel des Cook.
Eiffel Productions est la société du célèbre producteur Jacques Dorfmann, à qui l’on doit, notamment, La guerre du feu, L’armée des ombres ou encore Vercingétorix.

Un réalisateur bien connu, qui avait déjà tenté de porter le projet, il y a une dizaine d’années, accompagné par Oscar Temaru, l’ami de Tavae. Mais à l’époque, les organismes comme le GIE Tahiti Tourisme ou la Maison de la culture, peu enclins au Taui, avaient fait barrage pour ne pas financer le projet de
film.
“C’est un projet qui date”, explique celui qui a relancé l’idée de long-métrage, Jean-Christophe Bouissou, joint hier par téléphone. “Nous pensons que ces grandes productions apportent une belle vision de la Polynésie, au-delà du cliché, sur les hommes, leur ténacité, leur culture, leurs croyances. Il y a tout cela dans Tavae, mais aussi les techniques de pêche et de survie. C’est véritablement un parcours initiatique, la rencontre d’un pêcheur avec lui-même, sur ce qu’il arrive à démultiplier comme force pour arriver à tenir quatre mois, seul sur l’océan.”
Un projet qui enthousiaste également l’ami de toujours de Tavae, Oscar Temaru, maire de Faa’a. “Cela me fait bien évidemment plaisir”, confiait l’élu hier, qui précise qu’il “faut de la volonté au gouvernement pour que ce projet aboutisse jusqu’au bout, sur le plan financier surtout”.

Une structure dédiée au cinéma

C’est une rencontre entre Jacques Dorfmann, Édouard Fritch et Jean-Christophe Bouissou, il y a quelques semaines, qui a relancé ce projet.
“Nous avons décidé de participer à la réalisation de ce film à hauteur de 30 millions (sur deux ans), sur un coût largement plus élevé”, explique le ministre du Tourisme. “C’est une production importante, le réalisateur souhaite des acteurs de niveau mondial qui puissent interpréter des rôles polynésiens, une partie du film sera tournée en Polynésie, d’autres en studio”.

Mais il reste encore un long chemin à parcourir, notamment du côté du financement, car la réalisation d’une telle production coûte cher, même si le réalisateur a déjà eu le temps de travailler sur le script de son long-métrage.
Mais cela ne semble pas un problème pour Jean-Christophe Bouissou. “Le financement total ne devrait pas mettre trop de temps, à mon avis. Je dois rencontrer Jacques Dorfmann à la fin du mois à Paris, pour regarder l’avancée du projet et les problématiques techniques”, explique-t-il.

Les productions d’envergure devraient s’enchaîner dans les mois et années qui viennent.
“Comme pour le film sur Gauguin, la série Al Dorsey (lire en p. 8), on constate que la Polynésie intervient de plus en plus en matière de soutien, au-delà de la production locale via le Scan (soutien à la création audiovisuelle et numérique, NDLR), mais aussi sur de grosses productions internationales”, commente le ministre.
“Plus nous allons dans ce sens, plus nous nous organisons. Avec le gouvernement, avec le ministre Teva Rohfritsch, nous travaillons sur une structure interministérielle, qui serait l’interlocuteur privilégié de ces grosses productions.”

Christophe Cozette

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