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Le fenua verra-t-il un jour circuler l’euro ?

mercredi 8 février 2017

euros fenua

Si l’euro séduit la Polynésie française, on a encore des années devant nous avant de le voir débarquer au fenua. (© DR)


Suite à la signature du traité de Maastricht le 7 février 1992, l’euro a officiellement été mis en circulation en janvier 2002. Au fenua, le franc Pacifique fait de la résistance. À l’heure de la mondialisation, notre pays n’aurait-il pas intérêt à passer à l’euro ?

Vingt-cinq ans hier que le traité de Maastricht a été ratifié par les douze États membres de la communauté européenne. Ce traité, c’est celui qui a donné naissance à l’Union européenne et qui a jeté les bases de la monnaie unique, l’euro, officiellement mis en place dix ans plus tard. Au fenua, pour autant, nous sommes restés au franc Pacifique. Mais alors, à l’heure de la mondialisation, notre pays n’aurait-il pas intérêt à passer à l’euro ?

La Polynésie française s’est penchée sur le sujet à maintes reprises. En 2003, le Pays avait d’ailleurs émis le vœu auprès du gouvernement central de passer à l’euro. En 2006, ensuite, l’assemblé de la Polynésie française s’est positionnée favorablement sur la question, à travers une résolution. Et depuis, il n’est pas rare que le sujet, complexe, revienne sur le tapis.

Passer à l’euro, oui, mais pas à n’importe quel prix. “Nous devons quand même regarder de près les problèmes liés à la fiscalité et étudier les obligations que comporte une introduction de l’euro sur le territoire, car introduire cette monnaie n’est pas sans conséquences et nous devrons nécessairement nous conformer à certaines prescriptions”, indique Jean-Christophe Bouissou, porte-parole du gouvernement.
Le franc Pacifique faisant partie d’une zone monétaire incluant la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna, les trois collectivités doivent manifester conjointement et simultanément leur volonté de passer à la monnaie européenne.

Si Wallis-et-Futuna semble plutôt favorable à un changement de monnaie, la Nouvelle-Calédonie ne s’est pas positionnée sur le sujet. Et difficile de penser que ce sujet avancera dans les prochains mois alors qu’un référendum, qui doit permettre à la population de se prononcer sur l’indépendance ou non du Caillou, est prévu en 2018.

Techniquement, si les trois collectivités territoriales relevant du franc Pacifique en font la demande, le passage à l’euro est possible, mais soumis à un processus long et complexe.
Selon l’Institut des émissions d’outre-mer (IEOM), qui fait office de banque centrale des collectivités dans le Pacifique, le franc Pacifique, du fait de sa parité fixe avec l’euro, n’est aujourd’hui pas un frein à l’économie de marché. “On a l’avantage d’avoir une parité fixe sans être complètement dans l’euro. On a une zone monétaire qui est propre, qui permet de conduire des politiques monétaires spécifiques dans cette zone économique. Qu’on soit ou non dans l’euro, avec cette parité, ça revient presque au même car, de toute façon, c’est la variation de l’euro qui fixe la parité et les autres monnaies”, explique-
t-on à l’IEOM.

Selon les entreprises, le passage à l’euro permettrait une économie locale plus compétitive.
“À l’heure de la mondialisation des échanges, le franc CFP (franc des Colonies françaises du Pacifique, NDLR) est souvent taxé dans les transactions comme une monnaie étrangère. On a beau avoir une monnaie à parité fixe avec l’euro et inscrite dans les comptes de la Banque de France, le franc CFP n’apparaît pas comme “monnaie” dans les échanges internationaux. Continuer à vouloir faire une marginalisation par rapport à des échanges qui sont mondialisés, ce n’est pas forcément une bonne chose pour notre économie. Passer à l’euro faciliterait bien des choses, en terme de transferts financiers. Ça pourrait également impacter sur le coût des transactions bancaires”, explique Olivier Kressmann, président du Medef Polynésie française.
Alors, si l’euro séduit la Polynésie française, on a encore quelques années devant nous avant de la voir débarquer au fenua. Nos billets aux couleurs et aux dessins du fenua ont de beaux jours devant eux.

 

É.P.

 

Passage à l’euro : une procédure longue et complexe

L’introduction de l’euro dans les trois collectivités du Pacifique nécessiterait la mise en œuvre d’une procédure lourde, celle de l’article 219 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne : demande formelle des trois collectivités, puis demande de la France, en leur nom, auprès de la Commission européenne, recommandation de la Commission européenne, avis de la BCE, décision du Conseil et, enfin, signature d’une convention monétaire entre l’Union européenne et la France, agissant pour le compte des collectivités. La compétence monétaire serait transférée de la France à l’Union européenne. Un processus qui prendrait au minimum trois ans.

Une résolution adopté le 19 janvier 2006 par l’assemblée de la Polynésie française demandait l’introduction de l’euro, en posant cependant trois conditions : le maintien de la parité actuelle franc CFP-euro, l’absence de conséquences sur les compétences de la Polynésie française (notamment sur la compétence fiscale), et une aide de l’État pour financer les coûts liés au passage à l’euro. Wallis-et-Futuna s’est également déclaré favorable à l’euro. Mais en Nouvelle-Calédonie, les indépendantistes s’y opposent, en tout cas tant que le référendum promis en 2018 n’a pas eu lieu.

 

 

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